14 juillet : Google confie son doodle à un artiste français

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RENCONTRE - Pour le 14 juillet, Google se pare des couleurs tricolores et se met dans l’ambiance de la Fête Nationale. Et pour illuminer la journée et son moteur de recherche, le géant américain a confié son doodle du jour à un jeune illustrateur français, Louis Thomas, qui nous raconte la genèse du projet.

Qui a-t-il de commun entre Les Minions de "Moi, Moche et Méchant" des films d’animation Pixar et le doodle (l’animation de la page d’accueil Google) de ce 14 juillet ? Un jeune dessinateur-illustrateur français du nom de Louis Thomas. "Il y a près de six mois, j’ai été contacté par Google pour réaliser leur doodle du 14 juillet", explique-t-il à LCI. "Il y a pas mal d’anciens de l’Ecole des Gobelins (un établissement parisien réputé pour l’animation et l’image, ndlr) au sein de Google France. Ils ont proposé mon nom pour créer le doodle."


Le doodle, c’est cette illustration qui anime fréquemment le logo Google sur la page d’accueil du moteur de recherche, selon un évènement particulier (fête nationale, naissance de célébrité, invention, équinoxe, Noël, etc.). Si la firme de Mountain View dispose d’une équipe préposée à sa réalisation au siège, avec des soutiens un peu partout dans le monde pour en proposer et réaliser, il arrive parfois que des artistes soient sollicités.

En vidéo

Le doodle du 14 juillet de Google réalisé par un Français

Habitué à laisser s’exprimer son coup de crayon pour illustrer des livres ou même des films, Louis Thomas, formé aussi à Los Angeles, chez Pixar ou Universal, n’a pas eu à trahir ses habitudes pour créer ce doodle 14-Juillet qui va animer la page Google.fr toute la journée. "On m’a demandé quelque chose qui exprime la convivialité, la bienveillance, la famille, l’amitié et le regroupement", explique cet artiste au trait qui n’est pas sans rappeler Sempé. "Ce n’étaient pas des contraintes car ce sont mes thématiques habituelles. Je pense que c’est aussi pour ça que Google a fait appel à moi".


Le dessin final représente ainsi une foule festive dans une guinguette aux couleurs du drapeau français, en bord de fleuve (La Marne, la Seine, le Rhône, qui sait ?), avec des nappes à carreaux et des ampoules multicolores. En arrière-plan, on aperçoit un feu d’artifices qui marque la journée. "Je me suis permis d’y mettre mon chat Pipo, comme dans tous mes dessins. Il y a aussi mes parents", raconte-t-il avec malice. "Je n’avais qu’une seule demande : que chacun puisse se reconnaître. J’ai mis différentes identités dans la foule".

Avant d’arriver à ce dessin final, Louis Thomas a proposé trois croquis qui ont évolué pour aboutir au résultat final (voir la vidéo ci-dessus). Il y eu une Tour Eiffel glissée dans le L de Google au milieu d’un feu d’artifice et sous les yeux d’une ribambelle de personnages. Puis une fanfare prenant possession du logo de la marque, avec le drapeau tricolore glissé au milieu des musiciens. Enfin, un café parisien avec un cuistot et des gens attablés, trinquant à la fête nationale. "On est parti de cette dernière idée qui a évolué en guinguette avec le feu d’artifice en fond et davantage de personnages. Le café, ça faisait trop bourgeois et trop parisien", raconte l’auteur.

Chacun peut proposer son doodle

Mais plus de verre à la main de ses citoyens multi-ethniques qui festoient. "Tout est réfléchi, pensé pour éviter de choquer, que le message soit mal compris. L’alcool est prohibé, alors on l’a remplacé par des gâteaux", souligne Louis Thomas. "J’ai l’habitude de faire ce que je veux, mais là, il y avait besoin de faire attention au moindre petit détail. C’est ça qui prend presque le plus de temps finalement dans l’élaboration." Et Louis Thomas se dit prêt à recommencer. "Sur n’importe quel sujet ! C’est le challenge qui est intéressant. Il n’y a pas de mauvais sujet, il y a juste de mauvais traitements", conclut-il.


Pour admirer le doodle de Louis Thomas pour célébrer le 14 juillet, il faudra se connecter et être en France, ou alors accéder à la page www.google.fr.

A l’origine, ce fut une idée de Larry Page et Sergeï Brin, les fondateurs de Google. Partis au festival Burning Man le 30 août 1998, ils ont l’idée d’une animation sur leur site pour expliquer qu’ils ne pourraient pas répondre aux messages durant leur absence et l’illustrent avec une image animée. Le doodle est né. En près de 19 ans, Google en a déjà affiché plus de 2.000, certains exclusifs à des pays ou des régions du monde, des évènements (Coupe du monde, Jeux olympiques, etc.). Certains apparaîtront de façon interactive ou ludique.


Si Google possède ses "Doodlers", chaque utilisateur peut proposer ses illustrations. Il suffit pour cela de candidater par mail.



> Pour retrouver les oeuvres de Louis Thomas, rendez-vous sur son compte Instagram.

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