Crise économique : plutôt que le chômage, Macron préfère une baisse "momentanée" des salaires

Crise économique : plutôt que le chômage, Macron préfère une baisse "momentanée" des salaires

INTERVIEW PRÉSIDENTIELLE - Invité à donner son sentiment sur les pratiques de certaines entreprises demandant une baisse de salaire au nom du maintien de l'emploi, le président de la République a expliqué être favorable au dispositif, à condition qu'il soit temporaire et assorti de certaines conditions.

"Pour notre pays, je préfère qu'il y ait des salaires qu'on doit baisser momentanément plutôt qu'il y ait des licenciements". Interrogé en ce 14 juillet sur le cas de Derichebourg, filiale d'Airbus à Blagnac où les représentants des salariés ont signé un accord de performance collective autorisant l'entreprise à rogner sur les primes et le 13e mois au nom du maintien de l'emploi, Emmanuel Macron s'est dit favorable à ce qu'une entreprise y ait recours temporairement en cas de difficulté.

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Le chef de l'Etat explique sa préférence à la baisse de salaire, autorisée par une loi introduite par Muriel Pénicaud en 2019, "parce qu'on met parfois des années pour revenir vers un emploi", alors que la crise née du coronavirus et du confinement pourrait déboucher sur la destruction de 800.000 à un million d'emploi dans les prochains mois. Emmanuel Macron assortit toutefois de plusieurs conditions cette faveur à une loi qui autorise les entreprises à pratiquer un "chantage à l'emploi". D'abord, il rappelle que ces dispositions doivent s'inscrire dans le cadre d'un dialogue social, au niveau de la branche professionnelle ou de celui de l'entreprise. "Ça ne doit pas prendre la forme d'un chantage. [...] Quand il y a de la peur dans un pays, le dialogue social a une valeur inouïe parce que ça permet de mettre des gens autour d'une table".

Vantant un modèle d'entreprise où "patrons et salariés partagent le même risque" - "le patron en prend même peut-être plus" -, il estime que les deux parties doivent aller dans le même sens : "Aucun patron ne veut que ses salariés travaillent moins. [...] Le patron, il veut plutôt embaucher davantage et avoir plus d'activité".

Deuxième condition rappelée par le président pour qu'il agrée au principe de cette "modération salariale temporaire", que cela ne concerne "pas que les salaires". Emmanuel Macron rappelle ainsi que, si les salariés font des efforts en cas de difficultés traversées par les entreprises, ils faut, "quand ça va mieux, qu'ils aient le droit à leur part du mieux". Un dispositif d'intéressement (une somme versée par l'entreprise à ses salariés calculée en fonction de ses résultats, pour laquelle le salarié ne cotise pas, ndlr), qui passe par une "modération des dividendes". "Si les salariés font un effort, les actionnaires doivent le faire", a conclu le chef de l'Etat.

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