Interview du 14-Juillet : qu'a dit Macron avant le discours de politique générale de Castex ?

Interview du 14-Juillet : qu'a dit Macron avant le discours de politique générale de Castex ?
14 JUILLET

ANNONCES - Au lendemain de l'interview d'Emmanuel Macron le 14 juillet, Jean Castex doit prononcer un discours de politique générale mettant en musique les orientations présidentielles. Remaniement, crise sanitaire, emploi, retraites... Voici les points forts des annonces du chef de l'Etat.

C'est un discours de politique générale très attendu que doit prononcer Jean Castex, mercredi 15 juillet. Il doit apporter des précisions aux contours du "nouveau chemin" dessiné par le président de la République, la veille, à l'occasion de son interview du 14-Juillet. Des orientations qui ressemblent fort aux anciennes, mais qui doivent tout de même apporter des nouveautés. Dans l'entretien que suivra ce discours fondateur des 600 derniers jours du quinquennat, Emmanuel Macron a tenté de rétablir le dialogue avec les Français. En renouant avec la tradition de l'interview du 14-Juillet, il a évoqué les priorités de la fin de son quinquennat, bouleversées par les conséquences de la crise sanitaire. Il a également défendu l'action menée au cours des trois années écoulées. Voici ce que l'on peut retenir des principales annonces du chef de l'Etat.

"J'ai mené des réformes tambour battant"

Emmanuel Macron a défendu le bilan des trois premières années de son quinquennat, tout en reconnaissant "des maladresses" qui ont pu conduire une partie de l'opinion à "une forme de détestation" à son égard. 

"Des maladresses, des phrases sorties de leur contexte ont fait que cette détestation a pu être alimentée", a estimé Emmanuel Macron. "Les critiques, elles font partie du jeu démocratique. La haine, le discours radical, la brutalité ne font pas partie de la vie démocratique", a-t-il toutefois ajouté, concédant "ne pas être parvenu" à effacer les "passions tristes" qui, selon lui, empêchent le pays d'avancer. 

"J'ai mené au début de ce quinquennat des réformes tambour battant", a-t-il plaidé. "J'ai pu donner le sentiment à nos concitoyens qu'au fond je réformais malgré eux [...] La méthode utilisée durant les trois premières années a permis de faire des réformes inédites, que l'on pensait impossibles. Elles étaient nécessaires. Les résultats sont là. Par contre, le pays n'a pas retrouvé la confiance."

Crise sanitaire : les masques obligatoire dans les lieux publics clos

"Nous avons réussi à endiguer le virus et à retrouver presque une vie normale. Mais aujourd'hui, nous avons des incertitudes", a indiqué le président de la République au sujet de la crise sanitaire. "Il y a des pays où ça repart très fort. Des pays voisins où il y a les indices de remontée. Nous aussi avons des signes que cela repart."

Appelant les Français à "continuer d'appliquer des gestes barrières", Emmanuel Macron a annoncé que le masque deviendrait obligatoire "dans tous les lieux publics clos à partir du 1er août". Le chef de l'Etat a également indiqué que les autorités sanitaires allaient encourager les tests sans prescription. En cas de deuxième vague, "nous serons prêts", a-t-il également assuré. "Nous avons les stocks et les approvisionnements."L'objectif est de "tout faire pour éviter" un nouveau confinement généralisé, et favoriser d'éventuels confinements localisés si la situation l'exigeait. 

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"Une relation de confiance" avec Gérald Darmanin

Le chef de l'Etat a pris la défense de Gérald Darmanin, dont la nomination au ministère de l'Intérieur est dénoncée par des associations féministes en raison des poursuites judiciaires dont il fait l'objet. "Je respecte toujours l'émoi des causes justes. La colère féministe, je la partage. Nous avons fait voter des lois importantes", rappelle Emmanuel Macron, estimant toutefois que "cette affaire a fait l'objet de plusieurs enquêtes, qui ont donné lieu à une absence de suite". "Aucune cause n'est défendue justement si on le fait en bafouant les principes de notre démocratie", a-t-il ajouté, se posant en "garant de la présomption d'innocence". 

"J'ai eu une discussion avec Gérald Darmanin. Il y a aussi une relation de confiance. [...] Je refuse de céder à l'émotion constante", a-t-il ajouté. 

Interrogé sur le remaniement, Emmanuel Macron a salué "le courage et la détermination" d'Edouard Philippe, tout en affirmant que l'on ne peut pas "prendre un nouveau chemin sans renouveler l'équipe". Le nouveau Premier ministre, Jean Castex, "est un élu de terrain, qui a une culture du dialogue social". "J'ai vu sa méthode, je l'ai regardé agir", a vanté le chef de l'Etat, qui estime avoir "une équipe compétente" autour de lui.

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Des mesures face à "une augmentation massive du chômage"

Alors que les prévisions tablent sur une hausse de 800.000 à 1 million de demandeurs d'emplois supplémentaires après la crise sanitaire, Emmanuel Macron reconnaît que "nous allons avoir une augmentation massive du chômage" d'ici 2021. 

Le chef de l'Etat a défendu "le dispositif de chômage partiel sans équivalent dans le monde", mis en place pour limiter les effets de la crise depuis le mois de mars. "Nous avons décidé d'un dispositif inédit d'activité partielle de longue durée", a indiqué le chef de l'Etat. "C'est un plan anti-licenciement. Je préfère des baisses ponctuelles de salaires plutôt que des licenciements."

"Je souhaite que cette modération salariale s'accompagne d'intéressement et de participation", a-t-il ajouté. "Nous allons mettre 30 milliards d'euros pour compenser des salaires, et pour la formation."

Exonérations de charges et contrats d'insertion pour la jeunesse

Emmanuel Macron, qui fait de la jeunesse "la priorité" de la fin de son quinquennat, a annoncé des mesures pour favoriser leur entrée sur le marché du travail. Outre le dispositif mis en place pour financer la première année d'apprentissage, l'exécutif va mettre en place "un dispositif exceptionnel d'exonération des charges pour les jeunes, jusqu'à 1,6 Smic."

En outre, "nous allons créer 300.000 contrats de projet et d'insertion", et "100000 contrats" dans le cadre du service civique, a annoncé le président de la République. Enfin, "200000 places" seront ouvertes dans l'enseignement supérieur pour les étudiants n'ayant aucune perspective d'embauche dans l'immédiat.

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Un nouveau calendrier pour la réforme des retraites

Pas question, pour Emmanuel Macron, d'abandonner la réforme des retraites, l'un des marqueurs de son quinquennat, qui avait été suspendue avec la crise sanitaire. "C'est une réforme juste", a de nouveau plaidé le chef de l'Etat, insistant sur le fait que "le problème de financement du système s'est aggravé". 

"Il faudra peut-être mieux la concerter", a-t-il toutefois ajouté. "Le Premier ministre réunira en fin de semaine les partenaires sociaux pour tout mettre sur la table et donner un calendrier partagé." A quelle échéance ? "Je vais être clair : la priorité pour la rentrée prochaine, c'est l'emploi", a concédé Emmanuel Macron, même s'il est "évident que, dans les années qui viennent, il faudra une réforme des retraites".

Pas de hausse d'impôts pour financer la relance

Emmanuel Macron a écarté toute nouvelle hausse d'impôts pour financer le redressement économique du pays. "On ne résout pas une crise comme celle-ci en augmentant les impôts", a-t-il martelé. 

"Nous avons massivement dépensé" face à la crise, a-t-il indiqué. "Nous aurons à le compléter par un plan de relance massif. Ces investissements font partie de la dette Covid que nous allons amortir sur le très long terme."

Seule concession à ceux qui souhaitent jouer sur l'outil fiscal, Emmanuel Macron évoque une "option possible", qui consisterait à "décaler la suppression de la taxe d'habitation" pour les plus aisés.

Le plan de relance de l'économie française représentera "au moins 100  milliards d'euros", en plus des 460 milliards déjà engagés en mesures sectorielles et de soutien à l'économie depuis le début de l'épidémie.

Un référendum possible sur le climat

Emmanuel Macron s'est dit "favorable" à l'hypothèse d'un référendum en vue de réviser la Constitution. Il s'agirait d'inscrire dans la Constitution le principe de la lutte contre le réchauffement climatique. 

"Je souhaite l'engager dans les meilleurs délais", a indiqué le chef de l'Etat, rappelant toutefois qu'une éventuelle révision constitutionnelle passerait par le Parlement. 

Emmanuel Macron veut en outre lancer "un grand programme de rénovation" énergétique,  à destination des écoles et des Ehpad, "redévelopper le fret ferroviaire massivement", les  trains de nuit, et les petites lignes de train, "parce que tout ça permet de  faire des économies, permet de réduire nos émissions" polluantes.

Confiance dans la police : généralisation des caméras piétons

Les caméras-piétons seront généralisées "avant la fin  du quinquennat" pour les forces de l'ordre, a annoncé Emmanuel Macron, afin notamment de lutter contre les contrôles au faciès, qui peuvent être source de discrimination alimentant une "défiance démocratique".

Présidentielle 2022 : "Mon devoir, c'est de ne pas faire de calcul"

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"Le moment dans lequel nous sommes peut être une opportunité", a estimé le chef de l'Etat, interrogé sur les 600 jours restants avant la fin de son quinquennat. "J'ai un objectif à six mois" face à la crise, a-t-il expliqué. "Mais nous devons avoir un objectif à dix ans. La seule possibilité de répondre aux peurs de nos concitoyens, c'est de leur donner un monde à voir."

"On a le droit de voir grand et loin, y compris quand il ne reste que 600 jours", a insisté Emmanuel Macron à la fin de son entretien. Sera-t-il candidat à sa réélection ? "Mon devoir, c'est de ne pas faire de calcul."

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