Interview du 14-Juillet : que doit annoncer Emmanuel Macron ?

Interview du 14-Juillet : que doit annoncer Emmanuel Macron ?
14 JUILLET

ENTRETIEN - En renouant avec la tradition présidentielle de l'interview du 14-Juillet, Emmanuel Macron devrait donner aux Français son cap pour les mois à venir, sur fond de "reconstruction" du pays, avant le discours de politique générale de Jean Castex prévu le lendemain.

Pour présenter aux Français son "nouveau chemin", Emmanuel Macron va saisir l'occasion de la fête nationale, reprenant une vieille tradition présidentielle qu'il avait pourtant lui-même abandonnée depuis son élection : l'interview en direct, après les célébrations du 14-Juillet. 

Durant 45 minutes (à suivre sur TF1 et LCI dès 13h), le chef de l'Etat, qui avait jugé nécessaire de "se réinventer" après la crise du Covid-19,  devrait présenter les grandes lignes des 600 jours restants de son quinquennat. Il prendra ainsi, une fois de plus, le pas sur son Premier ministre, Jean Castex, qui doit tenir le lendemain son discours de politique générale devant le Parlement. Après son élection, en 2017, Emmanuel Macron avait déjà procédé de cette manière, réaffirmant la prééminence du chef de l'Etat en réunissant les parlementaires en Congrès à Versailles, avant même que l'ex-Premier ministre Edouard Philippe ne tienne son discours de politique générale. 

L'interview se tient dans un contexte particulièrement inédit pour un 14-Juillet. Une crise sanitaire qui n'est pas achevée, une crise économique et sociale "qui arrive", selon les mots de Jean Castex, et un gouvernement "de combat" fraîchement nommé pour permettre à Emmanuel Macron de mener ces défis de front tout en préparant - même si le sujet n'est jamais formulé - l'élection présidentielle de 2022. 

Le plan de relance au menu

Les attentes portent bien sûr en priorité sur le plan du chef de l'Etat pour "reconstruire", selon ses mots, le pays fortement déstabilisé par les effets d'une crise sanitaire qui n'est pas terminée. Après avoir donné une philosophie générale dans une interview à la presse régionale avant le remaniement, Emmanuel Macron devrait entrer dans le concret. 

Il reviendra probablement sur les mesures en faveur des soignants décidées dans le cadre du Ségur de la santé, sur les mesures sanitaires en cours et sur les choix qu'il a opérés en nommant Jean Castex à Matignon en remplacement d'Edouard Philippe, mais aussi Gérald Darmanin à l'Intérieur et Eric Dupond-Moretti à la Justice, deux ministres qui ont attiré les foudres des associations féministes, et des magistrats pour le second. 

Lire aussi

Mais le président de la République est surtout attendu sur les grands chantiers identifiés comme prioritaires par l'exécutif en dehors de la santé, en particulier l'emploi et la relance économique, avec la jeunesse comme fil conducteur des deux dernières années du quinquennat. Les annonces devraient notamment porter sur les aides à l'emploi des jeunes qui arrivent sur le marché du travail - probablement à travers des mécanismes d'incitations aux entreprises. Il sera question, aussi, de relocalisations industrielles, un sujet remis au goût du jour par la crise sanitaire, et d'un plan pour accélérer la rénovation et la construction en France. 

L'environnement n'étant "plus une option", comme l'a indiqué Jean Castex après sa nomination, Emmanuel Macron pourrait également détailler le chemin qu'il compte prendre pour engager le pays sur la voie de la transition énergétique - avec à la clé un possible référendum, ce qui constituerait une première en France depuis 2005. Pour coordonner toutes ces politiques, le chef de l'Etat envisage de ressusciter un haut-commissariat au plan, sur le modèle de celui qui avait été créé pour reconstruire le pays après la Seconde Guerre mondiale. 

Une majorité fragile à l'épreuve d'une rentrée agitée

Le discours d'Emmanuel Macron intervient enfin avant une rentrée qui pourrait être agitée sur le plan social - la CGT prévoit d'ores et déjà des actions - et politique, risquant de mettre une nouvelle fois à l'épreuve une majorité déjà fracturée. Il s'agira de remobiliser les troupes à la veille du discours de politique générale du nouveau Premier ministre, qui sera suivi du vote des députés. "Ce sera un crash test" pour Jean Castex, a indiqué au Monde l'entourage du chef de l'Etat. 

Si l'exécutif est assuré d'avoir les suffrages requis pour entériner son nouveau cap, la récente création de groupes politiques internes à LaREM et les crispations suscitées dans la majorité par les nominations au gouvernement pourraient avoir un impact sur ce vote solennel. A deux ans de l'élection présidentielle, des déperditions trop importantes pourraient être perçues comme un affaiblissement du chef de l'Etat. 

Toute l'info sur

14 Juillet : l'édition spéciale sur TF1 et LCI

Bien sûr, l'objectif du chef de l'Etat sera, à travers cette interview, de convaincre les Français du bien fondé de ses choix, y compris ceux qui ne rencontrent pas l'adhésion. Confronté au début de son mandat à d'importants mouvements sociaux, notamment celui des Gilets jaunes, Emmanuel Macron sait qu'il devra déployer beaucoup d'énergie pour cela. Parmi les principaux écueils figure la réforme des retraites, qu'il souhaite poursuivre dans les mois à venir alors que les partenaires sociaux eux-mêmes ne la jugent plus prioritaire.

Et aussi

Lire et commenter

Alertes

Recevez les alertes infos pour les sujets qui vous intéressent