Caméras, délation... comment la Corée du Sud traque le virus

Caméras, délation... comment la Corée du Sud traque le virus

En attendant que tout le monde ait accès au vaccin, la maitrise de l'épidémie passe par un isolement des malades. "Tester, tracer, isoler". En la matière, la Corée du Sud ne lésine pas sur les moyens, bousculant parfois les libertés individuelles.

Tous les jours, ils traquent le virus. Ces enquêteurs viennent d'apprendre qu'un nouveau cas positif a été découvert deux jours plus tôt dans une clinique pour personnes âgées. Le centre a été entièrement désinfecté. Ces agents municipaux vont tout passer au crible : relever le nom de chaque visiteur, de chaque employé, et accorder une attention particulière aux images de vidéosurveillance. Ils recherchent la personne contaminée. Rien que dans ce quartier de Séoul, chaque jour, plus de 70 inspecteurs mènent des enquêtes ultra-minutieuses. "J'ai noté tous les mouvements de la personne infectée en les classant par tranches horaires. Quand elle va aux toilettes, ses repas, on note tout", détaille Lee Kyung-Soo, enquêteur de l'arrondissement de Seocho-Gu.

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Ces chasseurs de virus vont rendre accessibles toutes ces informations à tout le monde, des autorités jusqu'au simple citoyen. Sur le site de la mairie, le nom des malades reste anonyme. Mais tous leurs déplacements sont retracés. Certains habitants sont même prévenus par des SMS. "On envoie des messages pour informer ceux qui ont visité les endroits où il y a eu des contaminations. On les encourage à se faire tester", poursuit Lee Kyung-Soo.

Ces tests sont accessibles depuis le début de l'épidémie. Dès le mois de mars, la Corée du Sud opérait dix fois plus de tests qu'en France. Ce partage de l'information va beaucoup plus loin. Dans le pays, les habitants eux-mêmes n'hésitent pas à signaler ce qu'il considère comme des mauvais citoyens car ils ne portent pas de masque. Ce système de dénonciation est encouragé par les autorités qui ont créé une application pour signaler les comportements déviants. Une large majorité des Sud-coréens soutiennent cette surveillance entre citoyens. Jusqu'ici, cette discipline policière et citoyenne a donné des résultats. La contagion n'a jamais quasiment dépassé les 1 000 nouvelles infections par jour, dans un pays de plus de 50 millions d'habitants.

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