Affaire des "écoutes" : Nicolas Sarkozy au tribunal pour corruption

 
À partir du lundi 23 novembre 2020, et ça jusqu'au 10 décembre, l'ancien chef de l'État Nicolas Sarkozy, son avocat Thierry Herzog et l'ex-haut magistrat Gilbert Azibert comparaissent devant le tribunal correctionnel de Paris dans le cadre de "l'affaire des écoutes". Avant lui, seul l'ancien président de la République Jacques Chirac a été jugé et condamné en 2011 pour l'affaire des emplois fictifs de la ville de Paris. L'"affaire des écoutes", également appelée "affaire Bismuth", a pour origine un autre dossier judiciaire dans lequel Nicolas Sarkozy est en difficulté : les soupçons de financement libyen de sa campagne de 2007, qui lui ont valu une quadruple mise en examen. Dans ce dossier, les juges avaient décidé en septembre 2013 de placer l'ancien président sur écoute et découvert, début 2014, qu'il utilisait une ligne secrète, sous le faux nom de "Paul Bismuth", pour communiquer avec son avocat, Thierry Herzog. Selon l'accusation, certaines des conversations entre les deux hommes ont révélé l'existence d'un "pacte de corruption", ce que les trois prévenus contestent. Nicolas Sarkozy a, par l'intermédiaire de son avocat, envisagé d'apporter un "coup de pouce" à Gilbert Azibert pour un poste à Monaco qu'il convoitait mais qu'il n'a jamais obtenu. En contrepartie, ce haut magistrat a fourni des informations couvertes par le secret sur une procédure engagée par l'ex-chef d'État devant la Cour de cassation en marge de l'affaire Bettencourt. L'ancien président de la République encourt dix ans de prison et un million d'euros d'amende pour corruption et trafic d'influence.