Comment Agathe Rousselle est devenue l’héroïne de "Titane", la Palme d’or de Julia Ducournau

RENCONTRE - Inconnue du grand public, Agathe Rousselle crève l’écran dans "Titane", le film fantastique de Julia Ducournau, Palme d’or du 74e Festival de Cannes. Une expérience inoubliable, du casting au tournage, comme elle l'a racontée à LCI.

Lorsqu’on la rencontre, au lendemain de la projection officielle de Titane, mercredi dernier, Agathe Rousselle a encore des étoiles dans les yeux. "C’était surréaliste, c’était génial. Cette standing ovation, moi je n’étais pas du tout prête, je n’avais jamais vécu ça de même que je n’avais jamais monté les marches. Pour moi, ce ne sont que des premières fois", avoue cette comédienne de 33 ans, repérée sur Instagram par Julia Ducournau, captivée par son look androgyne. 

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À l’écran, Agathe incarne Alexia, une héroïne aussi sensuelle que tourmentée, victime d'un terrible accident de voiture durant l'enfance, et contrainte d’emprunter l’identité d’un jeune garçon disparu pour échapper à la police. Un rôle quasi muet qu’elle a décroché au terme de quatre tours d’auditions, courant 2019. Et sans avoir lu la moindre ligne du scénario, conformément au souhait de la réalisatrice de Grave.

Peu avant le tournage, elle était journaliste

"Sa manière de me faire passer les auditions m’a tout de suite parlé", se rappelle l’actrice. "C’était hyper intéressant, on a fait plein d’exercices. Au dernier tour, par exemple, elle m’a mis une écharpe devant le visage et elle m’a demandé de jouer avec les yeux. Plus tard, j’ai compris pourquoi, parce que je n’ai que quelques lignes dans le film. Ce genre de truc, ça passe ou ça casse. Et apparemment s’est passé !".

Si elle rêve de cinéma depuis l’adolescence, Agathe Rousselle a pris son temps. "J’ai suivi des cours et puis au début de ma vingtaine, je me suis rendue compte que je pouvais faire plein d’autres choses… Et que j’allais faire toutes ces choses", explique celle qui était encore rédactrice en chef d’une revue en ligne, peu avant le tournage. "Je crois qu’au moment où j’ai été prête, c’est revenu à moi et j’ai eu une chance incroyable. Lorsqu’on n’a pas d’agent, on ne sait pas quand les castings ont lieu, c’est un peu mystérieux. Et j’ai été trouvée !".

J'ai vidé Youtube de toutes les interviews de serial killer possibles- Agathe Rousselle

Si l’actrice s’est abandonnée corps et âme au personnage d’Alexia, ce n’est pas non plus un hasard. "Ce rôle, je voulais vraiment l’avoir", insiste-t-elle. "Au dernier tour des auditions, j’avais compris quelques éléments du scénario. Dans les thèmes qui sont traversés, dans la manière d’aborder le corps. Moi j’ai fait beaucoup du sport, on m’a pris pour un garçon pendant très longtemps. Il arrive encore qu’on m’appelle Monsieur ! Alors j’ai écrit une lettre à Julia pour lui dire à quel point ça avait du sens pour moi, à un niveau profond. Finalement on a pris un café et je lui ai raconté tout ce qu’il y avait dedans."

Pour préparer le tournage, Agathe Rousselle va suivre un entraînement physique intense. Et faire ses devoirs studieusement. "On a travaillé ce personnage dans l’idée que c’était une psychopathe, même si elle s’humanise au fil du récit", souligne-t-elle. "Alors j’ai vidé Youtube de toutes les interviews de serial killer possibles. J’ai vraiment tout regardé pour comprendre comment ça se passe, un visage de serial killer. Avec des yeux qui ne bougent pas, alors qu’ils font des horreurs. Ils n’ont pas d’émotion."

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Sur le tournage, la jeune femme raconte avoir bénéficié de la bienveillance de Vincent Lindon, son illustre partenaire. "J’étais prête à être traitée comme une débutante, parce que c’est ce que j’étais", sourit-elle. "Mais il m’a vraiment considéré d’égal à égal et ça m’a donné beaucoup de force. Le mec, c’est Vincent Lindon quand même ! Un monstre d’acteur, très fort, très puissant, très précis. J’ai appris tellement rien qu’en le regardant. À la fin, il m’a dit que ça avait été super de jouer avec moi, j’espère que c’est vrai !". 

Si Titane est interdit aux moins de 16 ans, Agathe Rousselle invite les spectateurs à regarder au-delà des scènes choc, qui ont déjà fait couler beaucoup d’encore. "Les films d’horreur, je n’en regarde pas. J’ai peur ! Je ne comprends même pas l’intérêt de payer pour ça", rigole-t-elle. "Mais ce film-là, il a une espèce de supplément d’âme. Il est plus complet, plus total et radical. Je pense que c’est un grand film de cinéma qui parle du genre, en expliquant que ce n’est pas une question très pertinente, en fait. Mon personnage est une femme cis, mais elle a une sexualité très fluide, elle change, elle fait ce qu’elle veut. On s’en fiche qu’elle soit un homme ou une femme !".

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