Le "slashing" séduit de plus en plus : un Français sur trois serait prêt à cumuler deux emplois

Emploi
VERS LE FUTUR - Le multi-emplois, aussi appelé "slashing", est une nouvelle forme de travail qui semble s’enraciner. Aujourd’hui, 29% des salariés français aimeraient ainsi mener deux activités salariées en parallèle.

Ce sont des multi-casquettes : ils sont consultant la semaine et serveur le week-end, informaticien le jour et DJ le soir ou encore salariée d’un cabinet médical et prof de danse…  Ces personnes qui cumulent plusieurs emplois, parfois très éloignés les uns des autres, sont appelés des "slashers". Cet anglicisme fait référence à la barre oblique du clavier (slash en anglais) qui permet de séparer les éléments. 


Alors oui, le "slashing" est parfois une situation subie, notamment pour des raisons financières. Mais c’est aussi, et de plus en plus, notamment chez les jeunes générations, un choix assumé : le "multi-métiers" est en effet aussi perçu comme un moyen de s’épanouir, de casser une routine ou de naviguer dans des mondes différents… Bref, ce phénomène est en plein essor. C’est ce qui ressort d’une récente étude d’Opinionway réalisée pour Horoquartz, solution de gestion des temps et des plannings. 

Les plus jeunes sont les plus séduits

D'après cette étude, 29% des salariés français sondés aimeraient cumuler deux activités salariées s’ils en avaient la possibilité. Parmi ces derniers, les jeunes sont les plus représentés. 39% des moins de 30 ans expriment ce souhait, contre 30% des 30-39 ans. Un taux qui descend à 22% chez les 50-59 ans et 19% chez les salariés âgés de 60 ans et plus. En outre, 9% des moins de 30 ans souhaitent le faire de manière régulière, contre seulement 1% des plus de 60 ans.


Ce souhait de cumuler plusieurs activités est exprimé de façon assez homogène, que l’on travaille pour le secteur public ou dans une entreprise privée. 

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Ces Français qui cumulent deux emplois pour sauver leur pouvoir d'achat

Aujourd'hui une minorité, demain, un modèle généralisé ?

Voilà pour les projections. Mais quelle est la réalité aujourd’hui ? D’après l’enquête, ces "slashers" représentent 9% de l’échantillon. On les retrouve surtout chez les moins de 30 ans (12%). Le chiffre descend à 10% pour les 30-39 ans et à 7% pour les 50-59 ans.  "Difficile de savoir s’il s’agit d’une situation subie ou volontaire, mais elle peut toutefois sembler logique en début de carrière", note Thierry Bobineau, Directeur Marketing d’Horoquartz.


Tout comme le télétravail, le cumul de plusieurs activités salariées varie suivant le secteur d’activité. Ainsi, 13% des salariés de l’éducation et de la santé sont concernés. Le multi-emplois concerne aussi 11% des salariés du BTP, des services aux particuliers et du commerce et de l’hôtellerie. A l’inverse, seuls 5% des salariés de l’industrie, de la banque-assurance et de l’administration sont concernés. "Un constat logique dans ces secteurs plus classiques sur un plan statutaire où le temps plein en CDI est le plus souvent la norme" souligne Thierry Bobineau. 


Autre constat, les "slashers" sont plus nombreux parmi les personnes disant accorder beaucoup d’importance au travail. Et sur le plan géographique, on observe que plus la ville est importante, moins on trouve de situations de multi-emplois. Très logiquement, les salariés à temps partiel sont largement plus représentés (26%)  que les salariés à temps plein (6%). Le contexte de télétravail (régulier ou ponctuel) est également surreprésenté dans cette population de "slashers" : 26% en bénéficient.

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