Rentrée réussie des Bleus, renaissance espagnole... Les enseignements des deux premières journées de la Ligue des nations

FOOTBALL – La toute nouvelle compétition mise en place par l’UEFA pour diminuer le nombre de matchs amicaux a livré ses premiers matchs. Quel bilan peut-on dès à présent en tirer ?

Non, la Ligue des nations n’est pas qu’une usine à gaz au règlement incompréhensible, ayant vocation à offrir de nouvelles recettes à l'Union des associations européennes de football (UEFA). Après les deux premiers matchs de cette toute nouvelle compétition, force est en effet de constater que les équipes nationales du Vieux-Continent y trouvent aussi leur compte. 

Finis les matchs amicaux de reprise vécus comme des corvées par les joueurs, et au contenu rendu illisible par une dizaine de remplacements. Place, désormais, à des matchs à enjeu, dans lesquels les sélections se jaugent, tandis que les joueurs jouent le jeu à fond, malgré des conditions physiques parfois précaires, pour décrocher les trois points.

Focus sur les résultats marquants des deux premières journées, qui donnent déjà une idée du nouveau rapport de forces qui se dessine en Europe après la Coupe du monde 2018, et avant l’Euro 2020.

Les Bleus font le job

Tous les champions du monde l’affirment : la redescente sur terre est difficile. L’équipe de France l’a expérimentée, puisqu’elle a été franchement secouée par l’Allemagne (0-0) puis par les Pays-Bas (2-1). Mais cela n’en donne que plus de valeur aux quatre points pris à l’issue de ces deux rencontres. "Dans un mois, tous les joueurs seront mieux physiquement", assure Didier Deschamps. Ce qui laisse présager une prochaine montée en puissance de ce groupe France, resté stable. 

L’Espagne renaît (déjà) de ses cendres

Ultra-favorite avant le Mondial, la Roja a perdu son entraîneur à la veille du tournoi et l'a payé au prix fort, en sortant dès les 8es de finale contre une Russie au jeu restrictif. Alors, désormais dirigée par Luis Enrique, l’Espagne, toute en orgueil, s’attelle à reprendre sa place, celle d’une nation forte et d’une référence esthétique du jeu. Et c’est peu dire que les choses ont bien (re)commencé, avec une victoire historique (1-2) contre l’Angleterre à Wembley, suivie d’une retentissante démonstration de force (6-0) face aux vice-champions du monde croates. Le Mondial est déjà loin.

La Croatie et l’Angleterre en souffrance

Respectivement finalistes et demi-finalistes de la dernière Coupe du monde, Croates et Anglais apparaissent à la peine. Outre leurs défaites respectives contre l’Espagne (lire ci-dessus) en Ligue des nations, les vice-champions du monde ont concédé un pénible nul (1-1) et la sélection aux Trois Lions a souffert mille peines pour battre la Suisse (1-0) en amical. Manière de rappeler qu’un Mondial n’est qu’un amour estival, passager. Sur la longueur, ces deux équipes ont encore beaucoup de travail.

La Belgique au rebond

Les Diables rouges n’auront pas ruminé longtemps la déception d’avoir injustement perdu (selon eux) leur demi-finale face aux Bleus. Après avoir étrillé l’Ecosse (4-0) en amical, la bande d'Eden Hazard a remis ça en Islande (3-0) mardi en Ligue des nations. Depuis que le sélectionneur Roberto Martinez a pris les commandes, après l’Euro 2016, la Belgique a disputé 24 matchs, pour 19 victoires, trois nuls et une seule défaite (contre la France, donc). Ses joueurs sont aussi jeunes que brillants, et le collectif est plus huilé que jamais. C’est, d’ores et déjà, un épouvantail de l’Euro 2020 à venir.

L’Italie pas sortie de l’auberge

Absente du dernier Mondial, pour avoir perdu en barrages face à la Suède, la Squadra azzura aborde une période de reconstruction qui s’annonce longue. Lors de leurs deux premiers matchs de Ligue des nations, les hommes de Roberto Mancini ont été tenus en échec à domicile par la Pologne (1-1, but italien sur penalty dans les derniers instants), avant d’être logiquement battus (1-0) au Portugal. Plus inquiétant encore : aucun joueur ne semble taillé pour le niveau international, et aucun onze type ne se dessine. Ce qu’on envisageait comme un creux générationnel est maintenant un gouffre.

Les "petits" s’en donnent à cœur joie

Il était rare, jusqu’à présent, de voir le Luxembourg et la Biélorussie s’imposer largement dans des matchs de compétition, ceux-ci n’étant que des éliminatoires de Coupe du monde ou d’Euro, avec leur lot d’équipes plus fortes. Cela va devenir plus fréquent. Relégués dans la Ligue D de la Ligue des nations, celles où s’affrontent les sélections les moins bien classées par la Fifa, les Biélorusses ont surclassé Saint-Marin (5-0), avant que les Luxembourgeois ne fassent à peu près de même (3-0), dans la foulée d’un 4-0 infligé à la Moldavie, ce qui leur vaut d’être déjà officiellement promu en Ligue C. De leur côté, la Géorgie et la Macédoine ont également pris six points sur ces deux premières journées. Et si c’était ça, la magie de la Ligue des nations ?

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