Présidentielle au Brésil : qui est Fernando Haddad, le "lampadaire" qui remplace Lula ?

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INTERNATIONAL - Fernando Haddad, remplaçant de l'ex-président Lula dans la course à la présidentielle brésilienne, va devoir passer très vite de l'ombre à la lumière pour faire gagner la gauche, mais il n'a pas le charisme de son mentor.

Selon une expression populaire brésilienne, l'ex-président Lula qui a quitté le pouvoir avec une popularité record, est si charismatique qu'il serait capable "de faire élire un lampadaire" rien qu'avec son soutien. Fernando Haddad s'en amuse, se présentant volontiers comme son "lampadaire". Car son nom est si peu connu que les Brésiliens le déforment souvent en "Andrade", à consonance plus familière que le "Haddad" de ce fils de commerçants libanais.  


Au moment du dépôt des candidatures, début août, Fernando Haddad a été inscrit comme candidat à la vice-présidence du Brésil sur le ticket de Luiz Inacio Lula da Silva. Mardi, il a été désigné officiellement comme le candidat du Parti des Travailleurs (PT), formation de gauche de Lula, en lieu et place de son mentor dont la candidature a été invalidée.


Mais il a beau avoir été maire de Sao Paulo, la capitale économique du pays, sa notoriété a du mal à s'étendre jusqu'aux régions pauvres comme le Nord-est, principal fief électoral de Lula. D'autant plus qu'avec son profil d'intellectuel, ce professeur d'université de 55 ans est à des années-lumières de l'image de l'ancien métallo proche du peuple. 

Lula purge une peine pour corruption

Lula, qui purge depuis avril une peine de 12 ans et un mois de prison pour corruption, rêvait de briguer un troisième mandat, mais sa candidature a été invalidée le 1er septembre par la commission électorale. Même derrière les barreaux, il était pourtant le grand favori du scrutin, avec plus de 30% des intentions de vote.


Fernando Haddad, lui, a atteint tout juste 9% dans le dernier sondage Datafolha publié lundi, ce qui représente tout de même une nette progression pour celui qui n'était crédité que de 4% il y a trois semaines. La justice électorale avait donné un délai de dix jours (qui expire ce mardi) au PT pour choisir un remplaçant à Lula, mais le parti a décidé d'attendre le dernier moment, après avoir multiplié les recours. Dans les premiers spots télévisés de campagne, l'ex-président restait omniprésent, Fernando Haddad n'apparaissant à l'écran que pour "jurer loyauté" à Lula.


Une stratégie jugée handicapante par certains militants du PT, qui auraient préféré qu'il ait plus de temps pour faire campagne. "Je ne suis pas une personne anxieuse, j'attends que les choses se passent pour prendre mes décisions. Je suis un être politique, dans le sens où je participe à la vie publique depuis que je suis étudiant", avait-il affirmé fin 2016 au journal espagnol El Pais. Souriant, affable, les cheveux châtain foncé soigneusement peignés avec une raie au milieu, il est parfois surnommé "Haddad tranquilao" (Haddad relax) en raison de sa sérénité à toute épreuve, loin de la fougue de son mentor.

Haddad, l'homme de l'ombre de Lula

Professeur de sciences politiques à l'Université de Sao Paulo, et admis au barreau, Fernando Haddad a fait pratiquement toute sa carrière politique à l'ombre de Lula, qui l'a nommé ministre de l'Education en 2005. En 2012, ce fils d'immigrés libanais marié à une dentiste et père de deux enfants était loin d'être favori pour l'élection municipale de Sao Paulo, la plus grande ville d'Amérique du Sud, mais son mentor l'a soutenu à bout de bras jusqu'à la victoire finale.


Quatre ans plus tard, cependant, il a subi une défaite cuisante dès le premier tour quand il briguait une réélection, n'obtenant que 17% des voix.  À l'époque, le PT avait subi une déconfiture monumentale aux municipales, quelques mois après la destitution controversée de la présidente de Dilma Rousseff, dauphine de Lula, pour maquillage des comptes publics. Plusieurs membres du PT commençaient également à être rattrapés par les affaires de corruption, notamment Lula.


Fernando Haddad lui-même a été inquiété par la justice. La semaine dernière, il a été mis en accusation pour des faits résumés de corruption liés à sa campagne pour les municipales de 2012. L'ancien maire a dénoncé des accusations "sans preuve" et le fait que l'affaire soit rendue publique en pleine période électorale.

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