Saccage de l'Arc de Triomphe : le parquet requiert des peines aménageables et des travaux d'intérêt généraux

JUSTICE - La procureure a requis ce mercredi à l'encontre des neufs personnes jugées depuis trois jours après les dégradations commises le 1er décembre 2018 en marge de l'acte 3 des Gilets jaunes. Les prévenus devraient être fixés sur leur sort vendredi.

"Le droit de manifester ne donne pas le droit de casser". Ce mercredi, Des peines de prison aménageables, des travaux d’intérêt général, des amendes et des stages de citoyenneté ont été requis par la procureure Florence Lardet au procès du saccage de l'Arc de Triomphe pendant une manifestation des Gilets jaunes en 2018. 

Dans cette "affaire atypique", "comment faire rentrer le symbole dans une peine, tout en restant juste ?" s'est interrogée la procureure pendant ses réquisitions. Les images de la "prise" de l'Arc de Triomphe, un symbole national, par des manifestants, avaient fait le tour des médias et créé un immense émoi.

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Chacun doit répondre à la hauteur de ce qu'il a fait- La procureure

Les neuf personnes jugées pour des vols et des dégradations ce 1er décembre 2018 ne sont pas "les principaux responsables" du saccage et du pillage du monument "emblématique", qui n'ont pas été identifiés, a rappelé la procureure. "Deux ans après les faits, on n’a pas les principaux instigateurs. Doivent-ils payer pour les autres ? Pas du tout", a écarté aussitôt la représentante du ministère public. "Chacun doit répondre à la hauteur de ce qu'il a fait", et leur responsabilité ne peut être "diluée". "Il faut qu'il y ait une réflexion sur le respect des valeurs républicaines", "visiblement pas comprises", a-t-elle ajouté. 

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Deux groupes distincts de prévenus

La procureure a ainsi distingué deux groupes parmi les prévenus, originaires des quatre coins de la France et dont la majorité ont une vingtaine d'années et n'ont aucun casier judiciaire. Dans le premier groupe figurent ceux qui sont accusés d'être entrés dans le monument et d'y avoir volé de petits objets (cartes postales, répliques miniatures de l'Arc de Triomphe et de la Tour Eiffel...). Pour ces vols, qui "peuvent apparaître comme relativement anodins", elle a demandé 105 heures de travaux d’intérêt général, à effectuer sous 18 mois sous peine d'amende, ainsi qu'une amende de 450 euros, dont 300 avec sursis. Elle a demandé la même peine, mais un peu plus sévère, pour une jeune femme qui ne s'est pas présentée à l'audience et n'avait pas respecté son contrôle judiciaire.

Pour le "deuxième groupe", jugé pour des "dégradations", la procureure a souhaité de peines de prison "aménageables". Pour l'ancien militaire de 43 ans lié à l’ultradroite (Sébastien F. alias "Sanglier") et accusé d'avoir tagué l'Arc de Triomphe, elle a requis 15 mois d'emprisonnement dont six avec sursis. 

Pour les jeunes prévenus qui comparaissent pour avoir donné des coups d'extincteur à une porte ou dégradé une statue, elle a demandé des peines allant jusqu'à 15 mois d'emprisonnement, dont neuf avec sursis. Elle a aussi demandé à ce qu'ils effectuent des travaux d’intérêt général et des stages de citoyenneté.

L'audience se poursuit avec les plaidoiries de la défense. 

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