Épisode 31 - Géraldine Dalban-Moreynas : "On ne peut pas écrire sur une certaine douleur sans l'avoir vécue"

Les gens qui lisent sont plus heureux

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#PODCAST - Les Gens Qui Lisent Sont Plus Heureux

PODCAST - Avec "On ne meurt pas d’amour", romance aussi brute que bouleversante, Géraldine Dalban-Moreynas a signé le succès surprise de la rentrée littéraire. Elle est l’invitée du podcast Les Gens Qui Lisent Sont Plus Heureux.

Dans cet épisode, mon invitée est la romancière Géraldine Dalban-Moreynas. En 2017, cette patronne d’une agence de communication change de vie en lançant une boutique de déco dont elle fait la promo sur Instagram. Lorsqu’elle annonce à ses abonnés qu’elle a retrouvé le manuscrit d’un roman, écrit dix ans plus tôt, la machine s’emballe. Contactée par plusieurs maisons d’édition, elle signe chez Plon et publie à la fin de l’été "On ne meurt pas d’amour", se payant le luxe de devancer Amélie Nothomb dans le classement des meilleures ventes d’une célèbre boutique en ligne.

Dans un style brut, intense, parfois troublant, Géraldine Dalban-Moreynas raconte la passion destructrice entre une femme sur le point de se marier et son nouveau voisin, jeune père de famille. Récompensée par le Prix du Premier roman début novembre, cette entrepreneuse aux multiples casquettes est encore sur un petit nuage lorsqu’elle me reçoit dans un loft bien connu de ses followers…

Sur la naissance de son premier roman

"Je l’ai écrit il y a une dizaine d’années, après une rupture amoureuse. J’étais dans un sentiment d’urgence et je pense que ça se ressent en le lisant. Beaucoup  de gens me disent ‘on ne peut pas s’arrêter de tourner les pages, autrement on l’a impression qu’on va arrêter de respirer’. Je n’ai jamais menti depuis le début. J’ai dit qu’il y avait beaucoup de moi dans ce livre. Je suis intiment persuadée qu’on ne peut pas écrire certaines émotions, certains sentiments, une certaine douleur sans l’avoir vécue. Certains y parviennent. Moi je n'y crois pas."

Sur la psychologie de ses personnages

"Mes personnages sont rattrapés par le désir de manière égale. Il n’y en a pas un qui domine l’autre, j’ai voulu que ce soit une histoire extrêmement équilibrée. Ça ne m’intéressait que l’un des deux ait le mauvais rôle. Je crois que ce qui est intéressant dans la psychologie des personnages de ce bouquin, c’est qu’ils ont une façon de réagir non pas parce que elle est une femme, et que lui est un homme, mais parce que lui a un enfant elle n’en a pas. J’aurais pu inverser les rôles, j’y ai même songé."

Sur ses multiples casquettes

"Si je devrais écrire ma bio je mettrais entrepreneuse en premier. Parce que c’est quand même ce qui me fait lever le matin, ce que j’aime, ce qui est ma vie depuis 10 ans. Avant avec mon agence de communication ou aujourd’hui avec la boutique de déco que j’ai montée. J’ai ce côté fonceuse, qui a envie de construire des choses, de développer, de créer des emplois et de souder une équipe. Dire que je suis romancière, je n’y arriverai pas. J’avais dit que si je gagnais le prix du premier roman, je dirais écrivain. Peut-être que je dirais romancière après le deuxième ?".

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Sur le plaisir de la lecture

"Les gens qui lisent des bons bouquins sont plus heureux. Parce que si c’est l’inverse, qu’est-ce que vous pouvez vous ennuyer ! Ce qui rend la littérature assez proche du théâtre. Alors qu’un mauvais film, je pense que vous pouvez toujours arriver au bout. Sinon les gens qui lisent sont plus heureux, oui, parce qu’ils vivent des émotions, parce ça les emporte ailleurs. Parce que ça les change de leur univers, parce que ça les sort de leur quotidien. Et puis parce que ça les éloigne d’un truc qui est à la fois indispensable et terrible : les écrans. On passe tellement de temps sur nos téléphones - j’en suis la première à le faire, donc je peux en parler – que ça devient un combat de lire."

Sur sa pratique des réseaux sociaux

"Moi j’écris sur Instagram. Comme le nombre de signes est limité je passe plus de temps à couper qu’à écrire ! Et je pense que s’il y a autant de gens qui me suivent, c’est aussi pour ça. Alors qu’au départ Instagram est un réseau de photos. Moi souvent je prends ma tête en selfie, et ce qui est intéressant, c’est le texte en dessous. Instagram m’a donc permis d’écrire, d’être lue, d’être découverte. Plein de gens me disent aussi que grâce à moi,  ils ont repris goût à la lecture. Qu’ils ont lu mon roman et que maintenant ils ont envie de lire d’autres choses. C’est une super belle victoire."

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