ARGENT ET POLITIQUE : LIAISONS DANGEREUSES ? - Posez toutes vos questions à Marie-Aline Méliyi et ses invités - 24 Heures en Questions

POLITIQUE - Ce soir, comme tous les soirs, dans "24 heures en questions", vous avez la possibilité de poser toutes vos questions à Marie-Aline Méliyi et ses invités sur le thème du jour : le financement des partis et la rémunération des élus. Ils vous répondent dès 18h10.

La loi de moralisation de la vie publique, adoptée le 9 août dernier, lors d'une séance mémorable à l'Assemblée Nationale, contient pour l'essentiel des dispositions visant à réguler les liens entre politique et argent. Les Français n'ont jamais été aussi exigeants avec leurs représentants, lassés par des affaires politico-judiciaires renvoyant l'image d'un monde politique sclérosé par l'argent, et d'élus plus attachés à leur intérêt personnel qu'à l'intérêt commun. L'élection présidentielle a par ailleurs été l'occasion pour les Français d'être spectateurs d'un certain nombre de ces affaires, avec notamment le feuilleton médiatique et juridique autour du candidat Les Républicains François Fillon. L'élection législative a quant à elle permit à beaucoup de Français de comprendre comment étaient financés les partis politiques français, les grands bouleversement dans la composition de l'Assemblée Nationale ayant des répercussions directes sur les finances des mouvements politiques. Alors comment sont financés les partis ? En dehors des cotisations des adhérents et élus et des dons privés (qui sont fortement réglementés, y compris en temps de campagne), les partis politiques Français disposent d'un financement public, qui garanti ainsi une forme de pluralisme. Il est capital pour bon nombre de formations, comme le Parti Socialiste, Les Républicains et le Front National qui tirent plus de 45% de leurs recettes de ce financement public. Le montant versé par l'Etat aux partis est calculé en fonction du nombre de voix et de députés obtenus lors des élections législatives. Ainsi, un parti, s'il a emporté au moins 1% des suffrages exprimés dans au moins 50 circonscriptions, obtiendra annuellement 1,42€ par voix obtenue et 37 280€ par député élu pendant 5 ans. Les dernières élections législatives ont donc vu La République En Marche empocher un pactole de presque 21 millions annuels, alors que le Parti Socialiste accusait une gifle électorale et financière, passant de 24 millions à 3,3 millions. Si ce système permet la survie de petits mouvements politiques qui portent des idées minoritaires mais existantes dans la population, il est parfois dévoyé. Ainsi, certains micro-partis politiques, n'ayant que peu voire aucun élu, profitent de ce système pour empocher  d'énormes sommes d'argent sans réaliser d'actions politiques. Ainsi, entre 2012 et 2017, deux mouvements dits écologistes, inconnus du grand public, l'"Alliance écologiste indépendante" et "Le Trèfle", ont touché respectivement 696 000€ et 460 000€. Des "petits partis", comme, de l'aveu de son président Nicolas Dupont-Aignan en 2012, Debout La France, multiplient les candidatures dans des circonscriptions qu'ils savent perdues d'avance, pour maximiser les financements. De nombreux montages financiers, avec des micro-partis ont également été mis à jour, souvent dans de plus grandes formations. Les soupçons se sont multipliés autour du micro-parti "Jeanne" au sein du Front National par exemple, cinquième plus gros parti français en termes de recettes, et dont les cotisations d'adhérents ne représentent que 120 euros sur plus de 10 millions d'euros de fonds. Le climat se tend également de plus en plus au niveau de la rémunération des élus. Alors que la loi de moralisation de la vie publique a prévu la suppression de la réserve parlementaire, c'est l'exonération de CSG des frais de mandat des députés, soit un allègement de plus de 400 euros d'impôts, qui a mis le feu aux poudres sur les réseaux sociaux. De nombreux parlementaires se plaignent cependant du manque de moyens pour effectuer correctement leur travail. Ils sont cependant parmis les mieux payés d'Europe, leur rémunération étant 2,3 fois supérieure au revenu national moyen. Leur salaire est bien moindre qu'en Italie (ratio revenu/revenu moyen : 4,2) ou en Grèce (3,3), mais reste très éloigné du modèle maltais, où le salaire des parlementaires est indexé sur le salaire moyen.  Alors, approuvez-vous le financement public des partis ? Pourquoi une telle crispation autour de la rémunération de nos élus ? Est-il pertinent de comparer leurs moyens à ceux de nos voisins européens ?

Pour poser vos questions à Marie-Aline Méliyi et ses invités, rendez-vous sur Facebook ou sur Twitter avec le #24henquestions.

Les invités :

Denis DEMONPION 

Éditorialiste

                                                       

Jean GARRIGUES

Historien 

Stéphane ROZES

Politologue

René DOSIERE

Auteur du projet de loi de moralisation de la vie politique 

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