Municipales à Paris : les premières pistes de Benjamin Griveaux, comme un petit air de déjà-vu

Politique
PRÉ-CANDIDATURE - Le porte-parole du gouvernement Benjamin Griveaux a confirmé mardi son intérêt pour la capitale dans un entretien au Parisien où il esquisse quelques axes en vue de la campagne des municipales. Parmi les pistes évoquées, des idées qui rappellent des propositions antérieures, notamment de la droite.

Benjamin Griveaux avance à pas de loup. A dix-huit mois des élections municipales, le porte-parole du gouvernement vient de poser une pierre supplémentaire à l'édifice de sa possible candidature. Dans une interview au Parisien, le très proche d'Emmanuel Macron réaffirme son intérêt pour la capitale et esquisse, pour la première fois, quelques pistes en vue des élections. Des pistes issues des "ateliers" qu'organisent depuis quelques mois les élus macronistes de Paris. 


Aucune proposition concrète pour l'heure - il annoncera officiellement sa décision au printemps -, mais quelques orientations de campagne qui ne sont pas sans rappeler des propositions faites par le passé, notamment par des responsables parisiens issus de la droite... Mais pas seulement.

Couvrir le périph'

Une proposition fait notamment écho aux élections municipales de 2014. Evoquant l'éternel sujet du boulevard périphérique, Benjamin Griveaux se dit favorable à une "reconquête" de cet axe qui sépare la capitale et la petite couronne. "Je ne sais pas si on peut le couvrir en totalité, mais cela permettrait de gagner du foncier" afin de construire du logement, plaide notamment le secrétaire d'Etat. 


Couvrir le périphérique : l'idée avait été avancée par l'ancienne candidate de la droite, Nathalie Kosciusko-Morizet, lors de la campagne de 2014. L'ancienne députée avait suggéré de couvrir le boulevard urbain pour y permettre la construction de logements supplémentaires, notamment sociaux. Début 2017, la droite municipale a d'ailleurs relancé l'idée en réclamant un "appel à projets" afin de trouver des idées pour réaliser ce vaste chantier. Le projet de NKM avait toutefois été battu en brèche par ses opposants, en raison de difficultés techniques de taille (3/4 du périphérique est en surplomb ou de plain pied), mais surtout du coût  phénoménal que supposerait la couverture totale, à savoir 6 milliards d'euros selon les calculs de l'époque

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Zoom sur le Boulevard périphérique

Le métro de nuit

Un petit air de 2014 souffle également lorsque Benjamin Griveaux soulève l'idée d'ouvrir certaines lignes de métro la nuit. La proposition avait été faite à l'époque par NKM, mais aussi par Anne Hidalgo, comme il le reconnaît d'ailleurs dans l'interview. L'ex-candidate de la droite avait suggéré le "tout nocturne sur certaines lignes le week-end", et de prolonger l'amplitude horaire le week-end. Anne Hidalgo, de son côté, a réitéré en 2016 sa proposition d'étendre les horaires du métro le week-end. 


Une proposition refroidie par Ile-de-France Mobilités (à l'époque le Stif), l'autorité régionale des transports, qui estimait un tel projet à 400 millions d'euros supplémentaires par an, sans compter la complexité technique d'un tel projet, la RATP effectuant plusieurs centaines d'opérations de maintenance chaque nuit, et la faible fréquentation des transports en commun la nuit. 

Police municipale

Autre serpent de mer, la "police municipale" que Benjamin Griveaux souhaite instaurer dans la capitale. Une proposition ancienne à droite - en 2007, la candidate François de Panafieu souhaitait déjà instaurer une "force d'intervention municipale de 3000 agents non armé" -, à laquelle Anne Hidalgo dit elle aussi réfléchir. Au début de l'été, la maire de Paris affirmait ainsi ne pas avoir "de tabous" sur le sujet.


Durant les élections municipales de 2014, NKM avait, elle, plaidé pour la création d'une police "des quartiers" préfigurant une véritable police municipale, que seule la loi pouvait créer. L'idée d'une police municipale en tant que telle était en revanche déjà proposée par Pierre-Yves Bournazel, aujourd'hui potentiel candidat de la droite parisienne... Et Macron-compatible. 

Véhicules électriques

Benjamin Griveaux propose en outre de développer une "aide à l'achat de véhicules électriques, comme l'Etat l'a déjà fait" (le fameux bonus écologique mis en place en 2018). Une proposition qui existait dans les cartons de la droite dès 2007, à laquelle l'actuelle majorité a préféré l'aide à l'achat d'un deux-roues électrique afin de ne pas favoriser davantage les déplacements en voiture. Toutefois, il existe déjà actuellement des aides municipales de ce type, pour l'achat professionnel d'utilitaires, de poids lourds, d'autocars ou de taxis propres.


Benjamin Griveaux préconise également le développement de parkings aux portes de Paris, ce qui le met plutôt en phase avec la municipalité actuelle, qui a récemment acté la création d'au moins 1000 places de parkings relais à 75 euros par mois en bordure de la capitale. 

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La question du jour : que des véhicules électriques à Paris en 2030, un objectif tenable ?

Pouvoir renforcé des arrondissements

Benjamin Griveaux suggère enfin de renforcer les prérogatives des maires d'arrondissements en dénonçant l'insuffisance du budget qui leur est alloué. 


Une proposition qui, cette fois, devrait intéresser les maires de droite, dont c'est l'une des grandes revendications depuis l'élection de Bertrand Delanoë en 2001, et malgré la réforme du statut de Paris en 2016 qui leur a donné quelques compétences supplémentaires, notamment dans le domaine de la propreté. 

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