Pandémie, Gilets jaunes... Pour Emmanuel Macron, "on revit des temps très moyenâgeux"

COVID - Dans un entretien à la revue "Zadig", le chef de l'État s'épanche sur la crise sanitaire vécue par tous depuis un an et demi et comparable, selon lui, à la période du Moyen-Âge. À un an de l'élection présidentielle, Emmanuel Macron se dit "très confiant" pour l'avenir.

Si un an et demi après son apparition, l'épidémie n'est toujours pas résorbée, la vaccination donne une lueur d'espoir et permet aux responsables politiques de tirer des premières leçons. Dans un entretien accordé à la revue Zadig, le président s'est livré lui aussi sur cette épidémie et ses conséquences sur la société française. "Cette pandémie est la métaphore de notre époque. On revit des temps au fond très moyenâgeux : les grandes jacqueries, les grandes épidémies, les grandes peurs...", considère ainsi Emmanuel Macron, allant plus loin : "C'est l'époque des grandes peurs, de phénomènes qui forgent un peuple, je dirais même de la réinvention d'une civilisation. C'est aussi un moment de tensions qui travaillent le pays".

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Des Gilets jaunes à la pandémie

Dans ce long entretien de vingt pages (version payante), consacré à "sa vision de la France" et au "rapport charnel" qu'il entretient avec le pays, le chef de l'État assure avoir confiance envers l'avenir et la capacité de se relever après une crise sanitaire et sociale de cette ampleur. "Si on a une énergie collective et une vision, on repartira de l'avant. Je pense que nous en avons la possibilité", estime-t-il, évoquant "la capacité à embrasser le futur, à se projeter (...) alors déterminante pour le rebond que prend le pays". À un an de la présidentielle, Emmanuel Macron affiche donc un certain optimisme, disant avoir "la prescience que nous avons cette force et cette inspiration en nous" et croire "beaucoup dans l'inspiration du peuple français". 

Parlant de retour à une époque moyenâgeuse, le président fait également allusion à la crise des Gilets jaunes, ayant précédé celle du Covid et ayant donné lieu à des manifestations pendant plusieurs mois sur les ronds-points et dans les grandes villes de France. Selon lui, le mouvement social a marqué "un retour de la violence dans la société", "un des fondamentaux de notre vieux pays, fait de jacqueries". Si aucun politique n'a été capable d'anticiper la formation de ce mouvement protestataire, qui durera près d'un an, Emmanuel Macron explique ne pas avoir "été surpris de ce qui arrivait", voyant dans les Français "un peuple très résistant" mais qui "s'embrase sur le coup de colères". 

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La réforme de l'ENA est également évoquée, le chef de l'État la défendant coûte que coûte :  "La maladie de la France n'est pas la bureaucratie ni le centralisme mais les corporatismes. C'est-à-dire des intérêts qui protègent l'entre-soi. L'ENA a permis aux corporatismes de se reconstituer". Une ordonnance doit venir entériner la réforme ce mercredi 26 mai, remplaçant l'école prestigieuse d'administration par l’Institut du service public (ISP) au 1er janvier 2022 tout en donnant des garanties d'indépendance aux hauts fonctionnaires sortants. 

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