Encore une nouvelle mutation du virus signalée au Royaume-Uni : trois précisions pour y voir plus clair

EN BREF - Les autorités britanniques ont alerté mercredi sur une autre nouvelle souche du virus quelques jours seulement après en avoir identifié une précédente. Des annonces qui sèment la confusion même si elles ne suscitent pas le même degré de préoccupation. On fait le point.

"Virus mutant", "nouvelle variante", "autre souche"... au-delà de la terminologie relative aux récentes mutations du Covid-19, dont les dernières en date ont été décelées au Royaume-Uni et sont à l'origine de restrictions initiées par les pays européens ce week-end, une autre donnée pourrait ajouter à la confusion. Les autorités britanniques ont en effet alerté mercredi sur un autre nouveau variant du virus, quelques jours à peine après en avoir identifié un précédent. 

Dès lundi, lors d’une conférence de presse à l’OMS, Maria Van Kerkhove, épidémiologiste américaine en charge du dossier Covid au sein de l’organisme, faisait référence à ce nouveau virus mutant. "Il peut donner l’impression d’être le même que celui qui a été mis en évidence (il y a quelques jours) en Grande-Bretagne parce que ses mutations sont semblables, mais il est différent", avait-elle indiqué, précisant qu'"il présente les mêmes caractéristiques".

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Alors, qu'est-ce qui distingue ces deux variants ? Est-ce étonnant de les voir émerger au même moment et suscitent-ils le même degré de préoccupation ? Voici quelques précisions pour y voir plus clair.

Quels sont les deux variants dont il est question ?

La nouvelle variante de coronavirus dont il est question depuis mercredi a initialement été détectée en Afrique du Sud avant d'être mise en évidence chez deux patients au Royaume-Uni. Elle semble se transmettre plus rapidement que les souches plus anciennes, avancent les chercheurs qui l'ont identifiée dans ce pays africain de loin le plus touché par le coronavirus avec 950.000 personnes testées positives dont 25.657 morts.

Il ne s'agit donc pas du nouveau variant identifié quelques jours plus tôt, au Royaume-Uni déjà, suscitant l'alerte des autorités sanitaires qui le décrivaient comme plus contagieux et l'attribuaient à une envolée des cas. Au point, pour rappel, de conduire le Premier ministre britannique Boris Johnson a annoncé ce week-end le reconfinement de Londres et du sud-est de l'Angleterre et une cinquantaine de pays, dont la France, à suspendre leurs liaisons avec le Royaume-Uni, causant une paralysie du trafic trans-Manche. 

On n'a aucune certitude si cette diffusion du virus est due à cette mutation ou si elle est due à super-spreader- Vincent Enouf, directeur adjoint du Centre national de référence des virus respiratoires de l'Institut Pasteur

Pour rappel, la première mutation observée au Royaume-Uni se situe sur la protéine Spike. C'est elle qui s'accroche aux cellules humaines pour les infecter. Elle n'aurait pas déclenché de forme plus grave et s'est répandue dans une région anglaise, jusqu'ici épargnée par l'épidémie. Ce qui pourrait expliquer sa rapide propagation. Mais ce n'est qu'une hypothèse parmi d'autres. "On n'a aucune certitude si cette diffusion du virus est due à cette mutation ou si elle est due à super-spreader", précisait à ce sujet Vincent Enouf du Centre national de référence des virus à infections respiratoires de l'Institut Pasteur.

Suscitent-ils la même préoccupation des autorités ?

Si ces annonces rapprochées ont de quoi semer la confusion, elles ne suscitent pas le même degré de préoccupation.  Cette autre nouvelle souche serait en effet encore plus contagieuse que celle identifiée le 20 décembre et dont on disait déjà qu'elle serait jusqu'à 70% plus contagieuse que la précédente. "Ce nouveau variant est hautement préoccupant, parce qu’il est plus contagieux et semble avoir muté davantage que le nouveau variant qui a été identifié au Royaume-Uni", a ainsi réagi le ministre de la Santé britannique Matt Hancock ce mercredi 23 décembre. Parallèlement aux restrictions de voyage mises en place "immédiatement", il a en outre annoncé que quiconque a été en Afrique du Sud ou a été en "contact proche" avec quelqu'un qui est allé dans ce pays ces deux dernières semaines doit se mettre "immédiatement en quarantaine"

"Tous les éléments vont dans ce sens", a affirmé mercredi au sujet de la transmissibilité accrue, Tulio de Oliveira, directeur de l'institut de recherche KRISP, adossé à l'Université du Kwazulu-Natal.  Selon Zweli Mkhize, ministre sud-africain de la Santé, cité par Le Monde, la deuxième vague qui sévit actuellement dans le pays serait d'ailleurs due à cet autre nouveau variant.

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Quid d'une éventuelle efficacité altérée du vaccin ? "A priori, il n'y a pas de raison de penser que les vaccins seraient moins efficaces", a indiqué ce lundi le ministre de la Santé, Olivier Véran, sur Europe 1. Et de s'en expliquer : "Les deux principaux vaccins qui arrivent ne ciblent pas cette zone mutée du virus (...) À ce stade nous n'avons pas identifié de variant du virus dans le monde sur lequel les vaccins ne sont pas efficaces."  

Deux mutations simultanées, est-ce normal ?

Comme cela est régulièrement rappelé depuis l'apparition du nouveau coronavirus il y a un an, les virus mutent tout le temps. Ce n'est donc pas la première fois que la mutation du Covid-19 est au centre des attentions. Pour rappel, en novembre dernier déjà, le Danemark a abattu plusieurs millions de visons par crainte qu'ils ne soient à l'origine de mutations. En France, le Pr Didier Raoult s'est de son côté régulièrement inquiété de la circulation de différents variants du virus, qui ne seraient selon lui pas tous aussi bénins. 

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"Les mutations sont des choses normales", nous rappelait il y a quelques jours Morgane Bomsel, directrice de recherche au CNRS et à l’Institut Cochin et spécialiste en virologie. Et de poursuivre : "Jusqu'à maintenant, nous avons détecté une trentaine de mutations. Il n'y a d'ailleurs pas de raison que nous n'en ayons pas observées en France. Mais elles ne semblent pas affecter le comportement du virus : il n'est pas plus infectieux, ni moins. Suivant le type de virus, les mutations sont plus ou moins nombreuses. Par exemple, le VIH mute beaucoup, 40 ou 50 fois plus que ce coronavirus." 

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