Comment passer de la plage à la machine à café et surmonter le blues du retour au travail ?

Société
J'VEUX PAS Y ALLER - La rentrée n'est pas difficile que pour les enfants ! Nous aussi pouvons avoir le ventre noué à l'heure de retourner travailler après la (longue) pause estivale. Fatigue, mélancolie, manque de concentration... Les symptômes sont variés. Voici quelques conseils pour garder le moral et chasser ce coup de blues passager.

Les vacances d'été touchent à leur fin et pour certains, passer de la plage à la machine à café peut s'avérer traumatique. Selon une enquête Harris interactive publiée en 2017, "même si 1/4 des Français se disent heureux de reprendre leur travail, 49% d'entre eux se sentent déprimés quand les vacances se terminent. Un chiffre qui grimpe chez les moins de 50 ans, majoritairement actifs (66%)". 


"Ce vague à l'âme est quasiment inévitable", explique à LCI le psychologue Patrick Amar, auteur du livre "J'arrête de stresser, 21 jours pour changer" (Editions Eyrolles). "C'est une sorte de mini-deuil à faire d'une phase de grande liberté, de grande maîtrise de son agenda. En vacances, on redevient patron de son existence. Par exemple, on peut choisir entre un mojito ou un planteur sans que personne ne s'oppose à cette décision ! Tandis qu'à la rentrée, on retourne dans un univers de plus grande contrainte et de plus grande discipline", analyse-t-il. 


"Tout le monde n'en souffre pas, mais c'est vrai que c'est une phase de réajustement, de détachement sur ce qu'on a vécu et de rattachement à tout ce qu'on a quitté, y compris certaines difficultés qu'on a pu laisser en suspens. Impôts, chef tatillon, métro, tout ça nous rattrape", poursuit le thérapeute. Résultat, les symptômes de cette déprime passagère sont nombreux : ventre noué, yeux dans le vague, moments d'absence... voire perte de mémoire avec oubli de mots de passe, et/ou de badges d'accès ! Mais des solutions existent pour pallier ces déficiences passagères. Suivez le guide.

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Bureau : les mauvaises surprises à la rentrée

1/ On rebranche son réveil pour se recaler progressivement

Pendant les vacances, on a tendance à mettre sa montre en veilleuse : on se couche et on se lève plus tard, on déjeune très tard... et on succombe aux joies de la sieste. Oui, mais voilà, quand on reprend son travail, on doit retrouver un rythme régulier. "Il est donc important de bien se recaler en terme d'heures de sommeil", conseille Ghislain de Gestas, directeur du cabinet de conseil en ressources humaines TACTIC RH, et spécialiste de la santé au travail. "Pour cela, on rebranche son réveil et pour ne pas brusquer son horloge biologique, on se recale progressivement en avançant l'heure une demi-heure plus tôt chaque jour", indique Patrick Amar. "C'est important car on sait que le manque de sommeil contribue aussi à une humeur maussade. On peut aussi feinter en reprenant son travail un mardi ou un mercredi, histoire que la semaine soit plus courte, ce qui n'est pas une mauvaise pratique".

2/ On reprend le travail en douceur

Les vacances sont finies, c'est le jour tant redouté de la reprise. Et quand on a été absent un certain temps, les dossiers et les mails se sont accumulés, du coup la tentation est grande de  s'y remettre tambour battant. "Mauvaise idée, alerte Ghislain de Gestas. "Attention à ne pas se réinvestir à 2000 % dès le premier jour. C'est important de remonter en puissance petit à petit. Ainsi, pour ne pas être trop vite fatigué, on évite les amplitudes de travail trop longues en respectant les horaires tels qu'ils sont établis au départ, histoire de ne pas prendre trop tôt de mauvaises habitudes".


"Il faut reprendre un rythme par anticipation en l'associant à des choses agréables. Si je peux terminer plus tôt c'est mieux", renchérit Patrick Amar. "Et pour éviter de se sentir débordés, on planifie des tranches de travail. Il ne faut pas, par exemple, décider de traiter tous ses mails en une journée ou se faire happer par un gros dossier. En général, ce n'est pas très efficace. La meilleure façon de garder le bénéfice des vacances, c'est de définir un rythme qui n'est pas tout de suite surchargé. Planifier permet aussi d'éviter la procrastination, sinon cela peut créer de la culpabilité et une anxiété croissante avec les échéances qui s'accumulent".

3/ On recrée des moments d'échange avec ses collègues

Si vous craignez le blues du retour au travail, ne vous isolez pas le jour J, ce serait le meilleur moyen de broyer du noir. "Il faut profiter de ses moments de pause pour recréer du lien avec ses collègues", suggère Ghislain de Gestas. "Dans l'entreprise, les salariés sont finalement assez isolés et il est important de récréer une dynamique d'échanges et de partage. Il ne faut pas que ce soit abusif et qu'on passe son temps à se retrouver à la machine à café, mais il faut se dire que ce n'est pas un temps perdu". 


"Bien au contraire", ajoute Patrick Amar. Selon lui, c'est en rendant l'environnement plus agréable que l'on contribue à résoudre la problématique du mal-être au travail. "On a trop tendance à se focaliser sur le rendement et la performance individuelle, mais la bonne réussite d'une entreprise, c'est avant tout des personnes qui sont en interaction ensemble et qui s'apportent des choses mutuellement", poursuit-il.

4/ On prolonge les petits plaisirs

Ce n'est pas parce qu'on a repris le travail que l'on ne doit pas continuer à se faire plaisir. Comme le souligne Patrick Amar, "il faut sortir  de la pensée 'les vacances c'est génial et le travail c'est le bagne', et revenir à une vision plus nuancée". Ainsi, posez-vous les question suivantes : qu'avez-vous aimé faire pendant les vacances ? Peut-être avez-vous découvert une appétence pour certaines choses ? Et une fois rentré, continuez ce que vous avez amorcé dans un environnement de plus grande liberté. Cela peut être, par exemple, une activité sportive, une meilleure hygiène alimentaire. 


"Il est important de prolonger le plus longtemps possible le bien-être et la détente ressentis pendant les congés. D'autant que plus on persévère, plus on ritualise les choses et du coup il faut moins d'énergie pour les maintenir", indique le psychologue. "On estime qu'un comportement met un certain temps pour se cristalliser, se ritualiser et devenir une habitude. Cela prendrait trois semaines, selon William James, un psychologue américain leader du mouvement connu sous le nom de pragmatisme.

5/ On profite encore des beaux jours

Un petit verre en terrasse, un dîner entre amis sur le thème des vacances... Même si le travail a repris, on continue à profiter des beaux jours. "C'est important de se donner quelques échéances de plaisir", souligne Ghislain de Gestas. "Ainsi, ne pas terminer trop tard son travail permet de profiter de la fin de journée où il fait encore jour. On peut, par exemple, rentrer à pied, ce qui permet de continuer à faire du sport et ainsi d'évacuer les tensions".


"Le jour J, on peut aussi déjeuner avec des collaborateurs", conseille Patrick Amar. "Car évoquer avec d’autres la difficulté que l’on peut avoir à reprendre le travail fait du bien. On s’aperçoit ainsi que l’on n’est pas le seul à avoir du vague à l’âme. Et puis on peut également commencer à penser... aux vacances suivantes ! Les recherches montrent d'ailleurs que préparer ses prochains congés permet de prolonger les émotions positives". A bon entendeur...

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