220.000 primes à la conversion pour l'achat d'un véhicule : quel bilan derrière ce succès apparent ?

Automobile
SUCCES - Edouard Philippe a annoncé mercredi 14 novembre l'extension du dispositif de prime à la conversion pour l'achat de véhicules moins polluants, neufs ou d'occasion. Une façon de répondre au succès de ces aides qui ont pris les pouvoirs publics de court cet été.

Après la prime, la "super-prime". Edouard Philippe a annoncé mercredi 14 novembre sur RTL qu'il visait désormais l'achat d'1 million de voitures sur le quinquennat, contre 500.000 auparavant, dans le cadre de la prime à la conversion en place depuis le début du quinquennat. Pour cela, la prime de 2000 euros sera doublée pour les 20% de foyers les plus pauvres (5,8 millions de personnes concernées), pour l'achat d'un véhicule essence ou diesel moins polluant, et atteindra pour ces ménages 5000 euros pour un véhicule hybride ou électrique neuf ou d'occasion. 


Le projet de loi de finances prévoyait en outre d'ores et déjà d'augmenter de 49% le budget dédié à ces primes, ces dernières ayant été victimes de leur succès au point d'entraîner un embouteillage de dossiers durant l'été au sein de l'Agence de services et de paiement, l'établissement public en charge du traitement de ces aides. 

Bilan revu à la hausse

Le Premier ministre Edouard Philippe a indiqué mercredi que 280.000 demandes de primes avaient été adressées depuis le début du quinquennat d'Emmanuel Macron. Selon le bilan fourni à LCI par le ministère de la Transition écologique, près de 220.000 de ces demandes ont été déposées, et 188.730 acceptées, depuis le 1er janvier 2018, date d'entrée en vigueur de la nouvelle prime à la casse du gouvernement actuel. 


En effet, une prime existait déjà avant l'instauration de celle de l'actuel gouvernement début 2018. Ainsi, en 2016, près de 8.800 véhicules électriques ou hybrides rechargeables avaient fait l'objet d'une prime à la conversion en échange d'un vieux véhicule diesel. Un bilan auquel il fallait ajouter les quelques 66.000 véhicules électriques, hybrides rechargeables ou hybrides ayant bénéficié d'un bonus écologique, ce dispositif - toujours d'actualité - qui permet à n'importe quel acheteur, quelles que soient ses conditions de ressources, de bénéficier d'une aide à l'achat d'un véhicule propre. 


Si le nouveau gouvernement a supprimé en 2018 les bonus pour les véhicules hybrides rechargeables, deux roues et vélos électriques, l'extension de la prime à l'achat de véhicules d'occasion essence ou diesel moins polluants a largement contribué à doper le recours des ménages à ces aides. 

Ecolo ou pas ?

Le succès de la prime de conversion est donc indéniable, mais le détail peut toutefois interroger. Sur le plan social, ces aides ont manifestement touché leur cible, 72% des demandes venant de ménages non imposables, selon les chiffres transmis à LCI par le ministère de la Transition écologique.  


Sur le plan écologique, la mesure peut en revanche interroger. Dans le détail, les dossiers déposés jusqu'ici ont permis, dans 48% des cas, d'acheter un véhicule diesel moins polluant (postérieur à 2011, norme Euro 5 ou Euro 6) et dans 47% des cas, un véhicule essence immatriculé après 2006. Seul 5% des demandes ont permis l'acquisition de véhicules électriques, dont l'empreinte écologique est elle-même sujet à caution. Au total, les aides ont permis d'acheter, dans 60% des cas, un véhicule d'occasion. Si ces aides permettent à court terme de contribuer à moderniser le parc automobile - 80% des véhicules mis au rebut sont de vieux diesel -, ces primes ont massivement profité à l'achat de véhicules à moteur thermique. Ceux-là même qu'une métropole comme Paris envisage d'interdire à moyen terme : dès 2024 pour le diesel, et à partir de 2030 pour l'ensemble des véhicules à essence.

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