Blocages des Gilets jaunes : de nombreuses stations-service en pénurie de carburant

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BLOCAGES – Plusieurs stations-services sont touchées par une rupture totale ou partielle de carburant en France. Le point sur la situation.

Le recul récent des cours mondiaux du pétrole a eu beau entraîner une baisse des prix des carburants en France, avec un gazole à 1,45 euro le litre en moyenne (son niveau de la fin août), un super SP95 à 1,45 euro et un SP98 à 1,52 euro (les niveaux les plus bas depuis mars), les Gilets jaunes ne désarment pas. 


Dans plusieurs localités du territoire français, ils poursuivent en effet les blocages qui, conjugués à un mouvement de panique de certains consommateurs se ruant sur les pompes de peur de manquer sans que leurs réservoirs soient vides, créent des situations concrètes de pénurie. Selon le site Mon-Essence, une station était en rupture totale ce jeudi en milieu de matinée, 66 autres en rupture partielle. 

Certes, la France n’en est pas au niveau de la Belgique, où la pénurie touche plus d’un tiers des stations-services de la région wallonne, mais tout de même. Dans le Nord et le Pas-de-Calais, La Voix du Nord dénombrait mercredi quelque 23 stations-services en pénurie. Le bassin minier et le littoral étaient particulièrement impactés, avec 16 stations en pénurie sur 23.

Le sud du pays plus fortement touché

Dans l’agglomération toulousaine et en Haute-Garonne, la confusion continue de régner. Le dépôt pétrolier de Lespinasse a été débloqué mardi par les forces de l’ordre, à la demande du préfet, mais le dépôt de carburant de Fondeyre, en plein Toulouse, est, lui, resté bloqué par une trentaine de Gilets jaunes, ce qui rend le ravitaillement des stations-services difficile...


Un peu plus au Sud, en Occitanie, 7000 personnes restent mobilisées. De nombreuses stations-service des Pyrénées-Orientales, de l’Aude, de l’Hérault, du Gard ou des Bouches-du-Rhône se trouvent ainsi en rupture de stock, en raison des blocages de plusieurs raffineries et dépôts de carburants comme ceux de Fos-sur-Mer (Bouches-du-Rhône), de Port-la-Nouvelle (Aude) ou de Frontignan (Hérault).

Enfin, Le Dauphiné Libéré indiquait mercredi soir que plusieurs stations-service, à Carpentras et dans le Comtat, sont à sec. Ici en revanche, pas de réels blocages des dépôts, mais un mouvement général de psychose où les automobilistes, craignant la pénurie, la créent. Ainsi, dans les quelques stations-services ayant été approvisionnées, d’immenses files d’attente se forment et les clients sont soumis à un plafond de 20 euros ou de 30 litres.

Les pénuries partielles de carburant vont très vite s’acheverUn porte-parole de Total à La Voix du Nord

Plus largement, on constate que ce sont les stations du réseau Total qui sont les plus prises d’assauts, parce qu’elle "étaient moins concernées par les blocages que celles de la grande distribution. Les stocks faits avant le week-end de blocage par anticipation ont donc pu fortement diminuer par endroits", explique un porte-parole du groupe à La Voix du Nord


Il se veut d’ailleurs plutôt rassurant. "Toutes les stations sont en cours de réapprovisionnement", assure-t-il. "Alors à moins d’un retour de blocages massifs, les pénuries partielles de carburant vont très vite s’achever." Sauf à ce que les dépôts soient bloqués encore plusieurs jours de suite, la situation devrait donc vite revenir à la normale.

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