Carburants : les tensions entre les États-Unis et l'Iran et le blocage des raffineries vont-ils se payer à la pompe ?

Carburants : les tensions entre les États-Unis et l'Iran et le blocage des raffineries vont-ils se payer à la pompe ?

ÉCLAIRAGE - Les prix des carburants, qui dépendent des cours du pétrole, sont en nette hausse depuis déjà quelques semaines. Mais ni le blocage des raffineries en France ni l'élimination, vendredi, du général iranien Qassem Soleimani, n'ont pourtant d'effet déterminant sur les tarifs actuellement pratiqués à la pompe. Un expert nous explique les mécanismes en jeu.

Les automobilistes paient-ils (ou vont-ils payer très prochainement) à la pompe les tensions ravivées entre Téhéran et Washington ? S'affichant en hausse pour la sixième semaine d'affilée, les prix des carburants ont retrouvé leurs niveaux du printemps 2019, selon les moyennes hebdomadaires publiées ce lundi 6 janvier par le ministère de la Transition écologique et solidaire.  

Première remarque : les blocages de raffineries pour protester contre la réforme des retraites n'y sont pour rien. "Les prix affichés dans les stations-services françaises dépendent essentiellement des marchés internationaux et des cotations européennes du pétrole"", rappelle Guy Maisonnier, ingénieur économiste à l'Institut français du pétrole et des énergies nouvelles, joint ce mardi 7 janvier par LCI. 

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Le principal fautif est donc le cours de l'or noir, en hausse ces dernières semaines. "Les courbes du prix du pétrole en euro par litre et des prix à la pompe se suivent. Ces marchés sont en effet fortement corrélés" observe Guy Maisonnier.  Or "les prix du pétrole évoluent depuis trois semaines dans une zone comprise entre environ 67 dollars et 69 dollars le baril de Brent (ndlr : 159 litres, référence du marché européen)", insiste-t-il.  Une fourchette assez haute en comparaison des 60 dollars du début octobre.  

"Le prix du pétrole connaît une remontée depuis mi-décembre en raison de différents événements, dont les tensions en Irak (manifestations et blocages de champs pétroliers) et de l'aboutissement des négociations sino-américaines poussant pour sa part les marchés boursiers à la hausse. Dans leur sillage, celui du pétrole a suivi", analyse le spécialiste.

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La récente tension entre les États-Unis et l'Iran n'a quant à elle pas produit un impact supplémentaire réellement important. Le baril a ainsi grimpé de 67 à 69 dollars le 3 janvier, jour de la frappe américaine ayant tué à Bagdad le général iranien Qassem Soleimani. Il a même ponctuellement dépassé les 70 dollars lundi 6 janvier pour la première fois depuis septembre, avant de légèrement redescendre. 

Pour mémoire, l'attaque de drones survenue mi-septembre en Arabie-Saoudite n'avait pas non plus créé de rupture dans l'évolution des cours du pétrole. Seule une réaction très ponctuelle avait eu lieu sur le moment : "Le baril était passé de 60 dollars la veille de l'attaque à 68 dollars le surlendemain, pour rapidement redescendre". 

Les prix de l'or noir dépendent de la production- Guy Maisonnier, ingénieur économiste à l'Institut français du pétrole Énergies nouvelles

S'il n'y a pas pour l'heure de surréaction, peut-on pour autant miser sur une tendance à la hausse ? "Tant que la production n'est pas impactée, il n'y a pas de raison que les prix augmentent ces marchés sont, sur la durée, relativement rationnels", insiste Guy Maisonnier. Impossible en outre de prédire la tournure que les événements prendront : "Les enjeux géopolitiques nous dépassent. Tout dépendra des scénarios qui se dessineront :  escalade ou, au contraire, retour à davantage de stabilité".   

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