Jaguar, Ferrari, Ford... l’industrie automobile au service de la lutte contre le coronavirus

Jaguar, Ferrari, Ford... l’industrie automobile au service de la lutte contre le coronavirus
Automobile

TRANSFORMATION – De l’Italie aux Etats-Unis, de Ferrari à Ford en passant par PSA ou Jaguar, le milieu automobile, à l’arrêt depuis le début de l’épidémie de coronavirus, se réorganise. Un peu partout dans le monde, les constructeurs apportent leur savoir-faire, et leur matériel, au monde médical.

Avec l’arrêt des usines un peu partout dans le monde, l’industrie automobile s’est mise en pose. Tout du moins, ses chaînes de fabrication de véhicules à grande échelle. Mais pourtant, nombreuses sont les firmes qui participent à l’effort collectif pour venir en aide au milieu hospitalier dans la lutte contre le coronavirus.

En Italie, Ferrari fournit des pièces stratégiques pour réaliser des respirateurs artificiels. "Afin d'augmenter encore la production, nous avons commencé une collaboration avec Ferrari, FCA Turin (le groupe FIAT, ndlr) et Magneti Marelli afin que chacun d'eux puisse nous aider à récupérer les composants stratégiques pour la production du respirateur," explique à Forbes Italie Gianluca Preziosa, à la tête de Siare Engineering International Group, la seule usine italienne qui fabrique le respirateur pulmonaire depuis 1974. 

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Son usine tourne à plein régime depuis janvier et les demandes grandissantes de l’Asie d’abord, et surtout de General Electric, son partenaire historique. Mais depuis début mars, toute sa production est destinée au marché italien. De cinq ventilateurs fabriqués par jour pour les hôpitaux et maisons de repos de son pays (10% de sa production), il a accepté de multiplier la production par au moins quatre à la demande du Premier ministre Giuseppe Conte en échange de l’envoi des meilleurs techniciens de l’Etat pour l’épauler. Et donc du soutien des meilleurs constructeurs également.

Mais Ferrari ou Fiat ne vont pas reconvertir leurs usines pour autant. Ils vont apporter leur savoir-faire pour des éléments indispensables à la conception des machines. "Ferrari travaille sur des moniteurs, de l’imagerie et des pièces électriques. FCA et Magneti Marelli à l'assemblage et à la mécanique de certaines pièces stratégiques", explique Gianluca Preziosa. "Si ce processus réussit, comme je l'espère, nous produirons 30 respirateurs par jour". Il a promis de fournir 2.000 appareils d’ici à la fin juillet.

Sommation aux Etats-Unis...

L’implication des constructeurs est la même un peu partout dans le monde. Aux Etats-Unis, Donald Trump a fait valoir, vendredi, une loi datant de la guerre de Corée, le Defense Production Act, qui permet au gouvernement fédéral de mobiliser le secteur industriel privé pour la sécurité du pays. Une façon de répondre aux demandes pressantes de nombreux Etats, dont celui de New York, d’envois d’appareils de ventilation respiratoire. Le président américain a notamment mis la pression sur General Motors, lui intimant l’ordre de se mettre au service de la nation immédiatement et de produire des respirateurs artificiels. Ce que la firme fait depuis quelques jours en collaboration avec Ventec Life Systems. GM a mis à disposition la capacité de production de plusieurs usines pour concevoir des respirateurs mais aussi des masques pour médecin.

Ford s’est allié à 3M et à General Electric Healthcare pour mettre en place une production de protections médicales et respirateurs pulmonaires pour lutter contre le Covid-19. Ford assurera la production des appareils mobiles de 3M et d’une version simplifiée de celui conçue par GE, dont les usines ont déjà augmenté leurs capacités et tournent à plein régime 24h/24. Les imprimantes 3D du constructeur automobile vont être mises à contribution pour fabriquer 100.000 masques en plastique par semaine pour le personnel soignant.

De son côté, Elon Musk n’a pas traîné à promettre de mettre les bouchées doubles. Tesla a fait parvenir un millier de respirateurs, achetés en Chine, aux établissements hospitaliers californiens. Le fantasque milliardaire entend également rouvrir sa Gigafactory de New York dès que possible pour produire des appareils en nombre.

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Outre-Manche, les équipementiers sont aussi à pied d’œuvre pour apporter leur aide. Jaguar Land Rover, Vauxhall (filiale de PSA) et d’autres filiales étrangères comme Ford ou Honda font partie des géants de l’industrie qui ont été approchés par le gouvernement de Boris Johnson pour partager leur savoir-faire et participer à la production de matériel médical. "En tant que compagnie britannique, nous allons évidemment faire tout notre possible pour aider notre pays pendant cette période inédite", avait annoncé une porte-parole de Jaguar Land Rover. 

En Allemagne, Porsche s'est également mis à la disposition du gouvernement pour "structurer et coordonner les processus, les besoins, savoir à quelle entreprise s'adresser", explique le PDG du groupe, Oliver Blume, au Stuttgarter Zeitung. Mais pour la fabrication de matériels, l'équipementier allemand met à disposition ses imprimantes 3D et ses vêtements de protections. Mais pour lui, "la responsabilité doit incomber aux spécialistes des technologies médicales, qui pourraient ensuite déléguer des commandes à l'industrie automobile" afin de se conformer aux exigences légales et de certification. 

En France, rien n’a encore été officialisé en ce sens pour les fers de lance hexagonaux du secteur. PSA a indiqué, dans la semaine, étudier "très sérieusement la faisabilité" d’apporter sa contribution à la fabrication de respirateurs artificiels. Mais sans que l’on sache de quelle manière cela se fera. Les groupes français, à l'instar de Renault, avaient déjà annoncé il y a plusieurs jours faire don de leurs stocks de masques aux autorités pour qu’ils soient redistribués dans les hôpitaux. Ils avaient également annoncé rester "mobilisés" pour soutenir l’effort national demandé par le gouvernement.

Un retour à l’effort de guerre pour ces usines, mais une réflexion néanmoins un peu partout dans le monde. Modifier sa chaîne de production industrielle pour du médical ne va pas sans nécessaire adaptation et besoin de certification, sans compter le besoin de former les salariés à de nouvelles tâches, notamment la fabrication délicate de respirateurs artificiels. Et tout cela prend forcément un peu de temps, même dans la frénésie ambiante et les besoins énormes. Ne serait-ce que par sécurité pour les patients.

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