La voiture électrique est désormais moins chère qu'une voiture thermique

L'ECO - Le marché des voitures électriques et hybrides progresse. En revanche, celui des voitures thermiques a légèrement chuté.
Automobile

GUERRE DES PRIX - Pour tenir leurs objectifs environnementaux de 2020, les constructeurs mettent les bouchées doubles pour vendre leurs modèles électriques ou hybrides, quitte à casser des prix déjà en baisse. À l'achat, le thermique reste moins cher que l'électrique, mais quand on compare le coût des deux sur la durée, les courbes se sont définitivement croisées.

Pour la voiture électrique, 2020 sera l'année charnière. Non pas que les ventes de voitures électriques aient dépassé celles des modèles thermiques, on en est même loin, mais le mouvement semble lancé, et va s'accélérer notablement dans les mois à venir.

La raison, conjoncturelle, tient aux obligations des constructeurs automobiles. Aujourd'hui, ils doivent vendre des véhicules dont le bilan CO2 moyen ne doit pas dépasser 95g/km. Difficile, sur un marché où SUV et Crossover tiennent le haut du pavé. Pour faire baisser leur moyenne environnementale, ils doivent donc équilibrer leurs ventes avec des véhicules hybrides et électriques, d'où une offre de modèles qui a comme explosé ces 18 derniers mois, toutes marques confondues.

Du choix et des primes

Là où côté électrique, le marché s'est longtemps distribué entre Tesla pour le haut de gamme, et Renault Zoe, Citroen C-Zéro et Smart pour l'entrée de gamme,  ce sont aujourd'hui des dizaines de modèles qui sont apparus, chez Volkswagen, Fiat, Skoda, Ford, Peugeot et les autres. À la clé, un ticket d'entrée qui n'en finit pas de baisser. Une fois déduites les aides à l'achat, on peut désormais taquiner la barre des 20.000 euros. 

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La Chronique éco : Les ventes de voitures électriques décollent

Pour autant, comme on le voit en concession, on n'est pas encore au niveau de prix affiché d'une petite citadine à essence, que l'on trouve couramment entre dix et quinze mille euros. La faute à la batterie des véhicules électriques, dont le coût représente jusqu'à un tiers du prix affiché du véhicule. Mais c'est une fois sorti de la concession que l'équation économique s'inverse très nettement, au bénéfice de l'électrique. La comparaison est désormais simplifiée par l'arrivée de modèles qui existent dans les deux types de motorisation, comme par exemple les dernières versions de la Citroën C4/E-C4, une berline compacte moderne sur laquelle nous avons basé nos calculs. Prix catalogue : 26.900€ pour le modèle essence automatique en motorisation 96kW, 29.250 pour le modèle électrique 100kW, une fois déduite la prime gouvernementale, sans compter une éventuelle prime à la conversion d'un vieux diesel. Il faut aussi lui ajouter entre 500 et 1500 euros pour l'installation éventuelle d'une borne de recharge rapide à domicile. La différence est massive, plus par exemple que sur le couple 208/e-208, mais comme on va le voir, le fossé s'amenuise à chaque kilomètre parcouru.

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Première différence évidente, le coût du carburant. Sur 15.000 kilomètres parcourus chaque année, le modèle essence affichera - en assumant un usage moitié ville, moitié route - une consommation de 5l/100km, qui au prix moyen du Super sans plomb 95 du moment ferait une note totale de carburant de 5777 euros au bout de 5 ans. La même C4, mais en version électrique cette fois, affiche une consommation moyenne de 16kWh aux 100km. Pour parcourir les mêmes 15.000 kilomètres annuels pendant cinq ans, il faudra compter 1916 euros d'électricité au plein tarif EDF. Une note que l'on peut faire baisser drastiquement en souscrivant un contrat spécial voiture électrique - comme il en existe chez EDF et Engie, entre autres - pour profiter d'un tarif très réduit en heures creuses, qui ramènerait le total annuel des recharges à 1354 euros seulement. Soit 1,8 centimes du kilomètre.

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Voiture électrique : est-ce vraiment une bonne affaire ?

Un avantage économique qui ne s'arrête pas là. L'entretien d'une voiture électrique est ainsi réduit à l'essentiel quand on le compare à l'essence, et surtout au diesel. Ici, plus de vidange, de filtre à huile, de courroie de transmission, de boîte de vitesse à réviser ou de bougies à changer.  Ouvrez le capot d'une électrique, et vous ne trouverez plus que le lave-glace et le liquide de frein à vérifier. Une simplicité qui est aussi gage de fiabilité, et de longévité. Logique : un moteur électrique, c'est une vingtaine de pièces mobiles tout au plus, très loin du millier de pièces d'un turbo-diesel. Même les plaquettes de frein s'usent beaucoup moins sur un véhicule électrique, qui utilise le freinage régénératif pour recharger ses batteries en décélérant. 

Quelle différence au final ? Selon les estimations, l'entretien global d'un véhicule électrique peut coûter 30 à 85% de moins que son équivalent thermique, mais le recul manque encore pour faire des comparaisons précises, un modèle à la fois. Pour les besoins de notre calcul, on reprendra les estimations de nos confrères d'Automobile Propre, qui pour le couple 208/e-208 estimaient l'entretien sur 5 ans à 2050€ pour le modèle essence, contre... 320€ pour son alter ego électrique.

Autre point de comparaison à surveiller : les tarifs d'assurance. Longtemps, les électriques ont ici été un peu pénalisées, par des tarifs basés sur le prix catalogue, toujours plus cher. Du côté des assureurs, on constate aujourd'hui que les électriques seraient moins accidentogènes que leurs équivalents thermiques, de quoi mettre les deux sur un pied d'égalité. On écartera du coup cet aspect de notre comparatif, d'autant qu'une assurance peut voir son tarif varier selon le conducteur, son bonus-malus, etc.

Au final, le coût de notre Citroën C4 sur cinq ans pour 15.000km parcourus chaque année nous aura coûté 34.727€, contre 33.486€ pour son équivalent électrique. 1.250 euros environ de différence, qui s'amplifie plus encore pour les gros rouleurs. Elle double ainsi pour chaque 5.000 kilomètres parcourus à l'année. À 25.000 kilomètres par an, on approche les 4000 euros d'économie en électrique. Le prochain défi pour la filière, c'est de passer sous le prix du thermique, mais cette fois en laissant de côté les aides de l'état, mais aussi de faire baisser ce prix d'appel, sous la barre des 15.000 euros.

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Les raisons d'une accélération

Si le coût réel de l'électrique prend aujourd'hui l'avantage sur le thermique, ce n'est pas la seule raison de l'accélération des ventes. Au-delà de ses avantages intrinsèques, l'électrique a aussi pour lui de préserver l'avenir. Désormais, l'acheteur d'un véhicule neuf a forcément en tête la valeur à la revente de sa nouvelle auto dans quelques années, surtout dans un pays où le marché de l'occasion représente 80% des transactions. Or, il devient difficile, surtout dans les grandes villes, d'envisager sereinement d'acheter un diesel aujourd'hui, ou une voiture à essence dans les années à venir, sous peine de risquer une décote massive quand il s'agira de les revendre. Interdites à la vente en 2040, véhicules non grata dans les rues de nombre de grandes villes d'ici à 2030, les voitures thermiques n'ont plus devant elles qu'un horizon limité. À leur tour, ce sont les courbes des ventes qui pourraient bientôt se croiser.

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