Mondial de l’Auto : "La voiture de demain sera électrique, autonome, partagée et connectée"

Automobile
FUTUR – Tous les plus grands constructeurs et équipementiers automobiles ont fait du véhicule électrique et/ou autonome leur star du Mondial de l’auto qui se tient jusqu’au 14 octobre à Paris. Une tendance qui devrait être l’avenir de la voiture si tant est que les Français arrivent à s’y convertir.

On dénombre désormais plus de deux millions de véhicules électriques en circulation dans le monde, tandis que les tests de voiture autonome fleurissent un peu partout. Un chiffre qui a été difficile à atteindre, mais qui est en grande partie le résultat des politiques environnementales mises en place et d’un début de prise de conscience collective. Un premier pas portée aussi par le secteur automobile qui a fait du véhicule électrique et autonome la grande star du Mondial de l’Auto qui se tient jusqu’au 14 octobre à Paris. François Jaumain, associé responsable du secteur automobile chez PwC France, dresse un premier portrait du véhicule de demain auprès de LCI.

LCI : Vous dites que plus d’un kilomètre sur trois sera partagé à l’horizon 2030, cela signifie quoi ?

FRANCOIS JAUMAIN : On se dirige vers une profonde transformation du marché automobile avec notamment la montée en puissance du covoiturage plus économique, de l’électrification des véhicules et du développement de la voiture autonome. On s’attend à voir le parc automobile mondial diminuer, exception faite de la Chine qui va plutôt bondir. Moins de véhicules, cela veut dire moins de propriétaires. Mais on pense que le nombre de kilomètres par personne va augmenter du fait de la mobilité partagée à venir.


Donc plus d’embouteillages sur les routes ?

Les routes seront plus chargées, mais l’amélioration de la connectivité à bord va aussi faciliter et mieux organiser la circulation de chaque véhicule. Avec l’auto-partage qui va se développer, il y aura besoin que les voitures électriques soient plus fiables car elles auront une utilisation plus intensive. Cela va avoir des conséquences pour les constructeurs aussi. Avec la multiplication des opérateurs de flottes en auto-partage, ils vont devoir s’accommoder de marges plus faibles. Et ils vont aussi devoir investir pour construire de nouvelles usines pour s’adapter au marché en mutation.


L’avenir est-il donc à la voiture autonome et électrique ?

On parle beaucoup de voiture électrique et autonome aujourd’hui car ce sont les principaux investissements des constructeurs comme des équipementiers, et leurs principaux efforts en R&D. La voiture connectée aussi. On estime qu’à l’horizon 2024, plus de 7% des voitures européennes seront électriques, contre 1% aujourd’hui. Le marché français est notamment en pleine croissance.

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La voiture autonome, star du Mondial de l'Auto

Les Français pensent tous du bien de l’électrique, mais tardent à s’y convertir car ils perçoivent encore cela comme trop cher. Comment les faire basculer ?

Il faut voir à plus long terme. Oui, un véhicule électrique coûte plus cher à l’achat, mais au bout de quelques années, le coût d’utilisation est plus bas. L’autonomie des batteries et meilleure qu’avant et ne va aller qu’en s’améliorant. Les infrastructures en ville aussi. En 2025, avoir un véhicule électrique ne coûtera pas plus cher qu’un véhicule thermique. A terme, c’est le fait que les constructeurs ne proposeront plus que des voitures électriques, pour répondre aussi aux exigences des politiques sur les émissions de gaz, qui fera basculer le marché. Cela va réorienter les comportements des consommateurs. On va vers une massification des productions, une baisse des coûts de production pour des technologies qui sont un peu plus chères aujourd’hui comme l’électrique. 


Dans 10 ans, comment voyez-vous notre rapport à la voiture ?

On aura toujours une différenciation entre la mobilité dans les villes et en dehors. Les changements vont d’abord impacter les villes qui représenteront 70% de la population mondiale dans 10 ans. En 2030, la mobilité dans les villes sera autonome, électrique, partagée et connectée. Le véhicule autonome va décoller d’ici une dizaine d’années. En 2030, l’autonomie partielle ou totale de la voiture représentera 40% des kilomètres parcourues. On estime que 55% des voitures seront alors électriques. Car il faut des années et des années avant de renouveler tout un parc automobile et faire disparaître le moteur à combustion.

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Les Cinq Révolutions de la voiture électrique

Forcément à quatre roues ?

 La voiture va devenir un moyen de transport en commun comme un autre. La politique est de plus en plus claire : on va vers davantage de multi-modalité, proposer une batterie de moyens de transport complémentaires (métro, tram, vélo, scooter, trottinette). De plus en plus de villes mettent en place des passes qui permettent d’accéder à tous types de mobilité pourvu qu’elle fasse du sens. L’automobile sera l’un des vecteurs de la mobilité, mais ne sera pas le seul.

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La voiture électrique, le véhicule de demain ?

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