Perçue comme trop chère, la voiture électrique n’arrive toujours pas à séduire

Automobile
MAL AIMÉE - Selon une étude de l’Observatoire Cetelem de l’automobile publiée ce mardi, les automobilistes ne sont pas encore totalement convaincus par la voiture électrique. En cause : un prix jugé trop élevé.

La généralisation de la voiture électrique, ce n’est pas encore pour demain. En tout cas, dans la tête de nombreux conducteurs. Une enquête réalisée au niveau mondial par l’Observatoire Cetelem de l’automobile* montre ce mardi que les apports pour l’environnement ou pour les finances des automobilistes ne sont pas encore ancrés dans les esprits. 


73% des personnes interrogées estiment par exemple encore que posséder une voiture électrique coûte plus cher qu’un véhicule traditionnel. Malgré les multiples campagnes des gouvernements et des constructeurs automobiles, ils ne perçoivent pas les coûts d'utilisation très inférieurs (prix de l'électricité, assurance, frais de maintenance) et les bienfaits pour l'environnement -le véhicule électrique est dit "propre" car il n'émet ni CO2 ni autres gaz ou particules.

"La voiture électrique reste assez mystérieuse pour l'immense majorité des automobilistes parce que c'est un saut technologique tel, que les freins psychologiques -l'autonomie et le prix d'achat- restent extrêmement importants", explique Flavien Neuvy, directeur de l'Observatoire Cetelem de l'automobile. Les constructeurs et les Etats devront faire plus de pédagogie s'ils veulent que le marché décolle."

Des "bonus électriques" vont voir le jour

Pourtant, le déploiement est en cours auprès des marques automobiles qui basculent de plus en plus vers des modèles hybrides rechargeables ou 100% électriques. Une façon de répondre aussi aux exigences de la Commission européenne sur les émissions de CO2, Bruxelles ayant fixé le cap à 95 g/km en 2021 et moins par la suite (114 g en moyenne actuellement pour les voitures neuves en France).


Lancée en début d’année, la prime de conversion d’anciens véhicules polluants connaît actuellement un fort succès avec un total déjà enregistré de 250.000 demandes, alors que 100.000 seulement étaient prévues. Le nouveau projet de loi de finances, présenté ce lundi, prévoit une poursuite de ce dispositif. Les crédits en sa faveur devraient d’ailleurs être augmentés l’an prochain tandis que des "bonus électriques" verront le jour. Actuellement, une aide de 6.000 euros est prévue pour inciter à l’achat d’un véhicule électrique, mais il n’est pas certain qu’elle perdure. "Aujourd'hui, l'essor du véhicule électrique ne peut se faire sans incitations financières fortes et durables", poursuit l'étude de l'Observatoire Cetelem.

L’enquête révèle aussi qu'en écartant les coûts d’utilisation, la voiture électrique reste plus chère à l’achat qu’un modèle thermique pour 86% des sondés, dont 91% de Français. L’observatoire conclut qu’il va falloir aux constructeurs essayer de convaincre en incitant les automobilistes à raisonner en termes de coût total de possession sur la durée et non au simple achat.


* Enquête réalisée en ligne auprès de 10.600 personnes dans 16 pays

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La voiture électrique, le véhicule de demain ?

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