Prime à la casse, bonus... les clients se bousculent chez les concessionnaires automobiles

Prime à la casse, bonus... les clients se bousculent chez les concessionnaires automobiles
Automobile

REDÉMARRAGE - Le secteur automobile a particulièrement souffert du confinement. Mais depuis le 11 mai puis les mesures de soutien au secteur, les concessionnaires observent une dynamique des ventes. De quoi être optimiste pour la suite ? Pas si sûr.

Il y a-t-il vraiment de quoi être optimiste ? Après trois mois catastrophiques en termes de ventes, le secteur automobile repart sur les chapeaux de roue. Une dynamique générale observée chez de nombreuses marques et boostée par les primes annoncées par le gouvernement et le déconfinement. Le renforcement des bonus écologiques et primes à la casse, annoncé le 26 mai dernier par Emmanuel Macron, "fonctionne", se félicite Francis Bartholomé, président du Conseil national des professions de l'automobile (CNPA). "Les résultats sont au maximum de ce qu'on pouvait espérer. Il y a du trafic dans les concessions, cela concerne tous les territoires et toutes les marques", a-t-il déclaré à l'AFP.

Une hausse des ventes chez de nombreuses marques

Chez Hyundai, la marque coréenne, on indique avoir battu des records de commande en France, au cours de la première semaine de juin. Et  40% des ventes concernent des véhicules électrifiés (hybrides, hybrides rechargeables ou 100% électriques). Chez Renault aussi,  on note "une forte reprise de l'activité" commerciale. 

Quant à BMW, la marque enregistre depuis le début du mois "des prises de commandes supérieures à l'année dernière". Pour Vincent Salimon, patron de la filiale française du constructeur allemand, "la crise sanitaire renforce l'usage de la voiture car beaucoup de gens hésitent à prendre les transports en commun". Mais les angoissés des transports en commun ne sont pas les seuls à vouloir acheter une voiture : "On a beaucoup de prospects qui investissent dans une voiture pour partir en vacances", constate Vincent Salimon. 

Une reprise portée par les aides du gouvernement ?

Sur la base des dix premiers jours, juin 2020 sera équivalent à juin 2018 et juin 2019 en prises de commandes, estime François Bartholomé. Il y a quelques semaines, "si on nous avait dit cela, on aurait signé tout de suite". Une reprise salutaire donc pour ce secteur qui a vu les immatriculations de voitures neuves s'effondrer avec la mise à l'arrêt du commerce, en raison de la crise sanitaire : -72% en mars, -90% en avril, puis -50% en mai avec un déconfinement qui a permis de sauver la fin du mois. Pour Vincent Salimon, l'optimisme est donc de mise. La reprise de l'automobile en Chine perdure et le renforcement des bonus écologiques pour l'achat de véhicules électrifiés jusqu'à fin décembre devrait continuer de porter le marché. 

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Mais pas de quoi crier victoire pour autant : si les ventes repartent à la hausse, la première semaine de juin affiche malgré tout un recul de 30% sur un an et ce, malgré un doublement des volumes de véhicules électrifiés, selon des chiffres de AAA Data compilés par l'AFP. Les bonnes prises de commandes se refléteront dans les livraisons des prochaines semaines. "On voit bien qu'il y a une frénésie de consommation", avec le retour de clients frustrés de ne pas avoir pu commander pendant deux mois mais aussi des clients qui anticipent leur achat, attirés par les bonnes affaires, explique François Roudier, porte-parole du Comité des constructeurs français d'automobiles (CCFA). Mais "c'est peut-être du court terme", dit-il. 

En effet, le retard accumulé au printemps ne sera pas rattrapé, avertit le CCFA qui prévoit une chute des immatriculations "entre -20% et -30%" sur l'année complète. D'autant que les baromètres d'opinion traduisent aussi ces inquiétudes. Fin mai, près de 40% des personnes ayant un projet d'achat automobile déclaraient vouloir le repousser d'un an, selon Nova Consulting. "C'est un niveau inédit" même si le taux a baissé de 20 points depuis fin mars, a indiqué le directeur général Nicolas Harlé. Selon lui, "la bataille de la reprise de l'automobile n'est pas encore gagnée".

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