Carburants : contre toute apparence, le prix de l'essence baisse (mais pas celui du diesel)

Automobile

Toute L'info sur

La colère des Gilets jaunes

À LA POMPE - En attendant la hausse de la taxation des carburants fermement programmée pour janvier 2019, le litre d'essence est en (petite) baisse pour la troisième semaine consécutive, selon les chiffres du gouvernement. Bonne surprise (ou simple répit ?) pour les automobilistes, cette diminution est liée au cours du pétrole, lui-même en recul d'environ 14% sur un mois.

Cela peut sembler paradoxal. Alors que la pétition "pour une baisse des prix du carburant à la pompe" prend une ampleur colossale (plus de 762.000 signatures recueillies ce lundi 5 novembre dans l'après-midi) et qu'une journée de protestation est planifiée pour le 17 novembre, dans les stations-service, les tarifs ne s'envolent plus. Ils sont même en fait en recul pour la troisième semaine consécutive pour l'essence et quasiment stables pour le diesel. 

Le litre de diesel coûtait ainsi 1,5150 euro la semaine du 26 octobre au 1er novembre, selon les moyennes hebdomadaires disponibles depuis ce lundi après-midi sur le site du ministère de la Transition écologique et solidaire. Le prix est quasiment stable par rapport à la semaine précédente (1,5109 euro/l) et cela représente presque un centime de moins que la semaine du 12 octobre  (1,5225 euro/l) et deux centimes de moins que celle du 5 octobre (1,5331 euro/l). Le diesel n'a cependant pas énormément varié sur un mois puisqu'il était à 1,5217 euro/l au tout début du mois d'octobre. 

Lire aussi

Le SP95 coûte 4 centimes de moins qu'il y a un mois

De son côté, l'essence baisse : par exemple, le litre de SP95 (désormais dénommé E10) était vendu 1,5353 euro à la pompe la semaine dernière, soit un peu moins que la semaine d'avant (1,5373 euro/l), et surtout deux centimes de moins que deux semaines plus tôt (1,5555 euro/l) et quatre centimes de moins que trois semaines plus tôt (1,5735 euro/l), toujours selon ces moyennes calculées par le gouvernement. Pour rappel, il était à 1,5733 euro/l la première semaine d'octobre. Ce type d'essence est donc 4 centimes moins cher qu'il y a un mois. 

La variation du prix du carburant dépend en fait en grande partie du cours du pétrole. Or le baril de Brent, qui sert de référence et qui culminait à 85 dollars début octobre, est retombé à près de 73 dollars actuellement. Soit une baisse d'environ 14%, entraînant dans la foulée un recul du prix à la pompe, certes pas du même niveau dans un premier temps en raison des délais d'acheminement. L'incertitude qui a précédé la mise en place ce lundi de l'embargo américain contre l'Iran avait créé, par anticipation, une tension sur le prix. Mais les Etats-Unis ont, la vieille de l'entrée en vigueur de leurs sanctions, accordé une exemption pour le pétrole à huit pays, dont l'Inde et la Chine. La crainte d'une pénurie s'estompe donc.

Hausse des taxes en 2019 confirmée et "assumée" par l’exécutif

Toutefois, les taxes prélevées par l'Etat pèsent lourd. Elles sont fixées pour un an et représentent actuellement environ 60% du prix à la pompe. Leur augmentation progressive, année après année, est programmée depuis 2014. Une hausse de la taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques (TICPE) de 6,5 centimes sur le diesel et 2,9 centimes sur l'essence est ainsi d'ores et déjà prévue pour le 1er janvier prochain. L'objectif annoncé par les gouvernements successifs est d'inciter les automobilistes à limiter l'usage des énergies fossiles, source de pollution. 

En dépit des protestations qui se multiplient ces dernières semaines, et de l'appel à un blocage des routes le 17 novembre, le ministre de l'Economie Bruno Le Maire a confirmé ce cap ce lundi sur BFM TV. La veille, le président Emmanuel Macron avait lui aussi dit "assumer parfaitement" cette hausse de taxation, dans une interview donnée conjointement à différents journaux dont Le Dauphiné libéré, Le Progrès, Les Dernières nouvelles d'Alsace et L'Est républicain.

Sur le même sujet

Et aussi

Lire et commenter