Prix d'achat, aides de l'Etat, recharge... : combien coûte vraiment une voiture électrique ?

Voiture électrique

CALCUL - Plus chers à l’achat que les véhicules classiques fonctionnant avec un moteur thermique, les modèles électrifiés se révèlent moins coûteux au quotidien. A condition toutefois d’en avoir un usage adapté.

Pendant longtemps, la voiture a incarné le progrès et la liberté. Dorénavant, elle est perçue comme un objet polluant et envahissant. De plus en plus contestée au cœur des grands centres urbains, notamment dans Paris intra-muros, l'automobile reste cependant indispensable pour la très grande majorité des Français qui vivent en province ou en périphérie des grandes villes. Pas moins de 70% des actifs vont en effet travailler en voiture, premier mode de transport et de très loin, devant les transports en commun (environ 15%), selon les derniers chiffres de l’Insee. 

Pour eux, évidemment, impossible de tout en faire en vélo. Conscients de l'impact pour notre planète et souhaitant réaliser des économies, ils sont donc aujourd’hui de plus en plus nombreux à se tourner vers la voiture électrique. Une tendance dont témoignent les chiffres récents des immatriculations en France : depuis le début de l'année, 31.244 exemplaires neufs ont été vendus, soit 6,5% du marché (contre 1,8% sur la même période un an plus tôt, où le confinement n'avait pas stoppé le marché), selon les données fournies par le ministère de l'Ecologie. Au total, l'an dernier, les motorisations électriques et hybrides ne représentaient seulement que 2,6 % du marché.

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Augmentation des aides à l'achat

Longtemps perçue comme un luxe, la voiture électrique continue de voir son coût à l’achat baisser, notamment grâce aux aides gouvernementales. Avec le rehaussement des primes à l'achat de véhicules propres, l’une des mesures du plan de soutien à l'industrie automobile, le gouvernement entend en effet inciter les Français à reprendre le chemin des concessions… mais aussi à rouler plus vert ! Depuis le 1er juin, le bonus écologique pour l'achat d'un véhicule électrique neuf est ainsi passé de 6.000 à 7.000 euros pour un particulier et de 3.000 à 5.000 euros pour une personne morale (entreprise, collectivité).

Le dispositif prévoit également l’augmentation de la prime à la conversion jusqu'à 5.000 euros pour un véhicule électrique. Enfin, le plafond de revenu fiscal de référence (RFR) permettant de bénéficier de ces primes a été fixé à 18.000 euros, de quoi élargir en principe le spectre des futurs potentiels acquéreurs. Attention néanmoins : ces primes et bonus ne sont que temporaires et doivent s'arrêter le 31 décembre 2020. 

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Voiture électrique : y a-t-il suffisamment de bornes de recharge ?

Trois ans pour combler l'écart de prix

En comparant le prix d'une Renault Zoé (23.900 euros), le modèle de véhicule électrique le plus vendu en France, avec une Clio de dernière génération, son équivalent thermique, la différence de prix à l'achat est d'environ 9.800 euros. Un écart que le bonus de 7.000 euros vient en partie combler : le supplément à verser atteint alors 2.800 euros. 

La voiture électrique n'offrant pas le même rayon d'action, malgré une autonomie en nette progrès, c'est donc à l’usage que se fait vraiment la différence. De manière générale, on considère aujourd'hui qu’il faut environ trois ans pour compenser l’écart de prix au moment de l'achat. En effet, le kWh d’électricité est gratuit ou presque sur certains réseaux mais peut être facturé jusqu’à 0,79 € sur les charges rapides (soit un plein d’électricité pouvant atteindre 70 euros). Le plus économique reste donc de recharger chez soi, sur un boîtier que l’on aura fait installer. Il faut compter entre 500 à 1.200 euros environ. De même, que ce soit en termes d'assurance ou d'entretien, les modèles électrifiés nécessitent des dépenses bien moindres au quotidien. Autres atouts à ne pas négliger : la gratuité de la carte grise ou encore le fait de stationner gratuitement dans certaines villes, comme à Paris, Nice ou Rouen. 

 Mais, au-delà du prix, alors que le gouvernement a fait de la voiture électrique l’axe central de sa politique de relance automobile, la question de la recharge constitue encore aujourd'hui un frein important. Pour y remédier, le secrétaire d’Etat aux transports, Jean-Baptiste Djebbari, a récemment proposé d’intégrer au plan de relance automobile une accélération du déploiement de 100.000 bornes (on en compte aujourd’hui 30.000) à l’horizon 2021 plutôt que 2022. Entre 300 et 500 stations permettant de charger dix véhicules pourraient ainsi voir le jour sur les aires d’autoroutes françaises d'ici la fin de l'année prochaine.

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