Prix du permis de conduire : Macron annonce sa baisse mais combien coûte-t-il vraiment ?

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CHIFFRES - Après l'annonce-surprise, vendredi par le chef de l'Etat, d'une diminution du coût du permis de conduire, LCI revient sur les statistiques entourant son prix. Son coût avoisinerait 1800 euros, après parfois plusieurs passages de l'examen de conduite, voire du code. Mais les disparités régionales sont énormes.

"Une baisse drastique" du coût du permis de conduire a été annoncée par Emmanuel Macron vendredi 9 novembre 2018, lors de sa tournée commémorative de la Grande Guerre. Cette initiative a été formulée, à l'étonnement général, alors qu'une mission parlementaire pour un meilleur accès à cet examen est encore en cours. Le président de la République a précisé que, quand ce sésame est une nécessité, "on ne peut pas avoir l'obtention du permis qui dure des mois et coûte 1500 à 1800 euros". 


Mais concrètement, que disent les statistiques ? En 2014, le coût du permis était estimé à 1600 euros en  moyenne dans un rapport remis au gouvernement. Le ministère de l'Intérieur, joint par LCI, à la suite de l'annonce-surprise du chef de l'Etat ne dispose pas encore de chiffres actualisés. Toutefois, deux vastes études menées distinctement sur des centaines d'auto-écoles, ces dernières années, par deux associations de consommateurs permettent de prendre la mesure de cette dépense.

En 2018, l'heure peut être à 35 euros à Beauvais et à 55 euros à ParisObservatoire des prix de la Tribune des auto-ecoles

En 2016 -chiffres les plus récents-, la facture moyenne s'élevait ainsi à 1804 euros (ce que l'on peut estimer à environ 1850 euros en 2018 compte-tenu de l'inflation), après éventuellement plusieurs passages de l'examen, selon l'UFC-Que Choisir. D'importantes disparités entre les régions étaient alors soulignées par l'association, qui faisait ainsi état d'une moyenne de 1468 euros dans Territoire de Belfort et de 2140 euros à Paris. Même grand écart observé à la CLCV, qui relevait en 2013, que le forfait de 20 heures était facturé 780 euros à Lille et 1425 euros à Paris (sans même parler des heures supplémentaires, en cas d'échec).


Il convient en effet de considérer, d'un côté, le coût du forfait comprenant le code et 20 heures de conduite (formule la plus commune) et, de l'autre, le coût de l'heure supplémentaire au-delà du forfait choisi. Car le taux de réussite au premier coup avoisine les 60%, selon une étude menée par Auto-Plus en 2016. Ce qui nécessite de repasser derrière le volant.


Désormais en 2018, les chiffres semblent n'avoir pas foncièrement évolué. Selon l'Observatoire des prix de La Tribune des auto-écoles, un magazine professionnel joint ce lundi 12 novembre par LCI, ces tarifs sont actuellement compris le plus souvent entre 1000 à 1100 euros pour le forfait 20 heures et 35 à 55 euros pour l'heure supplémentaire. Ces enquêtes ne donnent cependant pas des moyennes mais relèvent chaque mois les prix pratiqués par cinq établissements dans six villes différentes. Les exemples actuels montrent toujours des disparités non seulement d'une ville à l'autre mais aussi d'une auto-école à l'autre : 35 euros/heure à Beauvais, 40 à 50 euros à Lyon, 50 à 55 euros à Paris notamment.

Supprimez plutôt la TVA sur la formation pratiquePatrick Mirouse, président de l'Unidec, à l'AFP

Intégrer le code au programme scolaire, comme le propose le chef de l'Etat, permettra-il vraiment de diminuer le prix total ? Différents représentants de la profession en doutent fortement, à en croire les vives réactions recueillies vendredi par nos confrères de l'AFP. "Le code n'est pas ce qui coûte cher, c'est sur le volet pratique qu'il faut agir. Il y a d'autres leviers. Si le gouvernement veut réduire le coût, qu'il supprime la TVA, on gagnera 400 euros par formation", déplore le président de l'Union nationale intersyndicale des enseignants de la conduite (Unidec), Patrick Mirouse.


"Les profs n'ont pas la compétence et les connaissances pour enseigner le code. J'imagine que cela veut dire qu'on va demander aux professionnels de la conduite d'aller dans les écoles mais comment cela va-t-il se passer ? Qui va les choisir ? Qui va les payer ?", s'interroge quant à lui le président du Syndicat des indépendants de la conduite (Unic), Philippe Colombani. "Le permis n'est pas un bien de consommation. On parle de sécurité routière, c'est une formation, c'est la vie des gens", insiste pour sa part le vice-président du CNPA (Conseil national des professions de l'automobile)-Education routière, Richard Zimmer.

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