Les syndicats de Renault vent debout face aux suppressions de postes, grève à l'usine de Maubeuge

Les syndicats de Renault vent debout face aux suppressions de postes, grève à l'usine de Maubeuge
Automobile

LICENCIEMENTS - Renault a annoncé ce vendredi matin la suppression de 4.600 postes sur le territoire français, avec notamment la fermeture du site de Choisy-le-Roi dans le Val-de-Marne. Les syndicats n'ont pas tardé à réagir. L'usine de Maubeuge, dans le Nord, est de son côté à l'arrêt après un appel à la grève.

Renault, dont les difficultés financières ont été aggravées par la crise du Covid-19, a officialisé ce vendredi matin son plan de "réduction des coûts fixes de plus de deux milliards d'euros sur trois ans". Il prévoit la suppression de 4.600 postes en France (soit un peu moins de 10% de ses effectifs dans l'Hexagone), sur un total de près de 15.000 dans le monde, et la restructuration de plusieurs usines sur le territoire.

Jean-François Pibouleau, délégué CGT Renault, a pris connaissance du communiqué en direct sur LCI depuis le site de Choisy-le-Roi (Val-de-Marne), qui emploie 260 personnes dans la réparation de moteurs et boîtes de vitesse utilisés comme pièces de réemploi, et dont l'activité doit être transférée vers l'usine de Flins (Yvelines). Il a aussitôt dénoncé, comme on peut le voir dans la vidéo en tête de cet article, un "mépris du site et du travail qui a été fait et qui est fait ici, tant en ingénierie qu'en fabrication. Si vous n'avez plus d'activité, cela veut dire fermeture du site", a-t-il tempêtéFabien Gâche, délégué syndical central CGT, a de son côté fustigé une "stratégie suicidaire".

La CFDT "se fera entendre par tous les moyens possibles"

Le président du constructeur automobile, Jean-Dominique Senard, a effectivement ensuite confirmé la fermeture de l'usine de Choisy-le-Roi lors d'une conférence de presse dans la matinée, assurant qu'elle était la seule de l'Hexagone dans ce cas : "Contrairement à ce qui a été écrit ici ou là, nous ne fermerons qu'un seul site à l'horizon 2022, sur nos 14 sites industriels en France, c'est Choisy pour lequel nous allons valoriser les compétences en région parisienne", a-t-il dit.

De son côté, la CFDT Renault a publié un communiqué acide qui "dénonce" un "projet de casse sociale et de désindustrialisation". L'organisation évoque un plan "irréaliste et opportuniste au moment d’une crise sanitaire qui n’est pas terminée". Deuxième syndicat du groupe, elle prévient qu'elle "se fera entendre par tous les moyens possibles pour aboutir à trouver des solutions compatibles avec le respect des salariés et l'avenir de tous les sites de Renault en France".

Joint par nos soins, Cyril Chabanier, président confédéral de la CFTC, s'est lui aussi montré hostile à ces annonces intervenant alors que le groupe sollicite un prêt de 5 milliards d'euros garanti par l'Etat. Il s'est dit "surpris et choqué", et a martelé être "inquiet, puisqu'on a l'impression qu'il y a un effet d'aubaine. Renault semble vouloir faire financer par la dépense publique une stratégie qui était dans les cartons depuis longtemps"

Force Ouvrière a également réagi en promettant qu'il n'y aurait pas de "souffrance sociale". Dans son communiqué, la filière métallurgie du syndicat a également déploré qu'une "fois de plus le destin de Renault s'est joué joué à l'extérieur de l'entreprise au mépris de ses 38 000 salariés" et fait part de son "incompréhension". Le texte a enfin tenu à faire valoir que "c'est la qualité du dialogue social qui est au centre de l'avenir".

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L'usine de Maubeuge en grève

Depuis l'annonce de ces suppressions de postes, l'usine de Maubeuge, dans le Nord, qui emploie environ 2100 personnes tous statuts, est à l'arrêt après un appel à la grève. "Les annonces faites par Renault n'ont rien de rassurant pour l'avenir de notre site (...) Une seule alternative, le rapport de force !", peut-on lire sur les tracts de l'intersyndicale de l'usine (CGT, CFDT, CFTC, CFE-CGC, Sud), alors que la direction du groupe envisage du fusionner le site avec celui de Douai, à 70 kilomètres de là.

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