Voiture autonome : quel futur "code de la route"pour les robots ? Voici ce que les automobilistes suggèrent

Un volant tenu par une intelligence artificielle / Photo d'illustration

CONSULTATION - Comment souhaite-t-on rouler en voiture autonome ? Quelqu'un devra-t-il se tenir derrière le volant ? Qui sera responsable en cas d'accident ? Les résultats d'un vaste questionnaire adressé au grand public, notamment par l'Automobile club association, ont été publiés ce vendredi. Ces véhicules de demain ne font pas peur... à condition de prévoir quelques garde-fous.

Pour le moment, elle n'est autorisée à rouler en France que pour des tests. La voiture autonome a donc encore du chemin à parcourir avant de, peut-être, se généraliser sur nos routes. Ne serait-ce que parce que presque tout reste à construire sur le terrain réglementaire. Afin de proposer un premier "Code de la route des robots" tel qu'il pourrait être souhaité par les usagers, l'Automobile club association et l'Observatoire des experts de la mobilité (MAP) ont dévoilé ce vendredi 21 février les résultats de leur consultation sur le véhicule autonome.

Ce projet a pris la forme d'un sondage en ligne extrêmement détaillé abordant la question de cette nouvelle mobilité sous tous ses angles : réglementation, entretien, intelligence artificielle, éthique ou encore assurance.

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Qu'en ressort-il principalement ? Pas question de se laisser déborder par son imagination, "la voiture autonome est avant tout perçue comme une voiture. La plupart des répondants en ont en effet une vision assez classique, estimant par exemple qu'il convient de détenir un permis de conduire et d'être âgé d'au moins 18 ans pour l'utiliser", souligne Me Jean-Baptiste le Dall*, avocat en droit routier.

Cette perspective ne les effraie donc pas... à condition de prévoir quelques garde-fous.  Un peu plus de la moitié d'entre eux pensent ainsi que l'utilisateur d'un véhicule autonome doit encore être considéré comme un conducteur (51%) et qu'il  devrait donc occuper le siège derrière le volant (58%). Et les trois quarts (76%) considèrent qu'une personne devrait être désignée à bord avant le démarrage de la voiture pour la reprendre en main si elle ne peut plus circuler en mode autonome.

Un désir de norme pour encadrer l'usage de la voiture autonome- Maître Jean-Baptiste le Dall

Et en cas d'accident ? La responsabilité de ce passager dit responsable pourrait alors être engagée, selon la grande majorité des sondés (83%). Sur ce point, tout reste bien sûr à faire, comme l'avait montré le procès fictif auquel nous avions assisté fin 2018 à Paris. Les différentes réponses à ce questionnaire alimentent également "le débat du délai de la reprise en main en cas de difficulté : alors que les constructeurs prévoient 10 secondes de délai, 40% des répondants estiment qu'il devrait se limiter à 5 secondes", souligne l'avocat spécialiste du droit routier. Un laps de temps qui autorise certes à quitter la route des yeux mais pas à se plonger dans une sieste. 

 

Finalement, cette consultation laisse transparaître "un désir de norme" de la part des usagers potentiels de la voiture autonome y ayant répondu. Comme cela avait "déjà été observé pour les trottinettes" avant qu'elles entrent dans le Code de la route, rappelle l'avocat. Plus globalement, en proposant  un premier cadre réglementaire, les résultats de l'étude sont aussi susceptibles, comme l'espèrent  les responsables de ce projet, de faire venir l'innovation.  

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*Me le Dall intervient également régulièrement sur LCI dans le cadre de sa chronique automobile.

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