Abus sexuels dans le sport : 54 athlètes "révoltés" signent une tribune pour "briser le silence"

Abus sexuels dans le sport : 54 athlètes "révoltés" signent une tribune pour "briser le silence"
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VIOLENCES SEXUELLES - La danseuse sur glace Nathalie Péchalat, le judoka Teddy Riner, la skieuse Ophélie David, ou encore l’escrimeuse Astrid Guyart : des sportifs signent une tribune pour dire stop aux violences sexuelles dans le sport. Dans leur texte, ils proposent entre autres l’interdiction à vie de tout métier au contact de la jeunesse pour tous les prédateurs sexuels avérés.

Ils sont "révoltés", mais "malheureusement pas si étonnés que cela… " : à la suite des révélations sur les abus sexuels dans le milieu du patinage, 54 athlètes français de haut niveau appellent à "agir collectivement " et à "prendre conscience que briser le silence, c’est aussi servir le sport". 

"Les révélations récentes d'agressions sexuelles subies par plusieurs jeunes sportifs font trembler le système et réveillent notre colère", ont écrit dans Le Parisien et sur le site de franceinfo les membres de la Commission des athlètes de haut niveau du CNOSF (le Comité olympique français), parmi lesquels figurent la star du judo Teddy Riner, la danseuse sur glace Nathalie Péchalat ou la joueuse de tennis Tatiana Golovin.

Leur tribune a été publiée quelques heures après l'annonce de l'ouverture d'une enquête par le parquet de Paris, pour viols et agressions sur mineurs par personne ayant autorité sur la victime. Le scandale a éclaté avec la publication jeudi 30 janvier d'un livre témoignage de celle qui fut dix fois championne de France de patinage artistique en couple, multimédaillée européenne et mondiale en couple. Dans "Un si long silence" (éditions Plon), Sarah Abitbol accuse son ancien entraîneur, Gilles Beyer, de l'avoir violée alors qu'elle était âgée de 15 à 17 ans. Après elle, d’autres anciennes patineuses ont émis des accusations contre Gilles Beyer et d'autres entraîneurs.

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"Nous nous sentons responsables"

"Si nous prenons la plume aujourd'hui, c'est que nous nous sentons responsables", écrivent les athlètes. "Ce sont nos quêtes de médailles qui façonnent en partie les rêves de performance des plus jeunes et qui les conduisent à pousser la porte d'un club".

Nous nous sentons aussi responsables car il nous est tous arrivé d'avoir des doutes, des suspicions, des bribes d'informations… […]Trop souvent, parler, c'est risquer son avenir. Alors, on rentre dans un système où même si l'on entend, on voit, on subit… on a pris l'habitude de se taire.- Les athlètes dans leur tribune

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Laure Détante, patineuse : "L'histoire de Sarah Abitbol, c'est aussi mon histoire"

Pour une interdiction à vie d'exercer au contact de la jeunesse

Résolus à ne plus se taire, les signataires de la tribune plaident pour "la création d'une cellule d'écoute des victimes, indépendante des fédérations", ainsi qu'un contrôle systématique des casiers et antécédents judiciaires "des bénévoles, des entraîneurs et des dirigeants de clubs et de fédérations".

Ils appellent aussi à mettre en place des "actions de formation, de sensibilisation et de prévention" et des "mesures législatives" pour les personnes impliquées dans des affaires de violences sexuelles. Parmi les mesures qu’ils proposent : "l’interdiction à vie d’exercer tout métier au contact de la jeunesse quel que soit le domaine, pour tous les agresseurs et les prédateurs sexuels avérés."

Les faits dénoncés par Sarah Abitbol se seraient produits entre 1990 et 1992, une période en principe couverte par la prescription. Vendredi 1er février, Gilles Beyer, 62 ans, a reconnu, dans une déclaration écrite à l'AFP, "des relations intimes" et "inappropriées" avec Sarah Abitbol, lui présentant des "excuses" que cette dernière a refusées

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Egalement mis en cause dans cette affaire pour sa passivité, le président de la Fédération des sports de glace Didier Gailhaguet a été appelé lundi 4 février à la démission par la ministre des Sports Roxana Maracineanu. Il doit s'exprimer mercredi à l'occasion d'une conférence de presse mais a fait savoir dès mardi soir que la question de sa démission ne serait pas tranchée avant la fin de l'inspection diligentée par le ministère.

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