Accusations de viols dans le patinage : Gilles Beyer, un entraîneur au centre de plusieurs affaires

Accusations de viols dans le patinage : Gilles Beyer, un entraîneur au centre de plusieurs affaires
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SCANDALE - Depuis plusieurs jours, les abus sexuels et viols présumés révélés par la patineuse Sarah Abitbol, qui accuse son ancien entraîneur Gilles Beyer, mettent en émoi le monde du patinage et du sport en général. Outre cette affaire datant de 30 ans, Gilles Beyer a été cité dans d'autres cas similaires par le passé, sans être inquiété. Retour sur ces affaires.

C'est une affaire qui fait scandale jusqu'au ministère des Sports. Depuis plusieurs jours, les langues se délient concernant des faits d'abus sexuels et de viols dans le milieu du patinage artistique. Au départ de cette prise de parole, Sarah Abitbol, patineuse qui accuse, dans son livre "Un si long silence", son ancien entraîneur Gilles Beyer de l'avoir violée à l'âge de 15 ans. Tour à tour, les patineurs Philippe Candeloro et Gwendal Peizerat ont soutenu la championne et mis en cause l'actuel président de la Fédération française des sports de glace Didier Gailhaguet d'avoir maintenant en place Beyer.

Lors d'un entretien avec la ministre des Sports Roxana Maracineanu lundi, Gailhaguet a été sommé de démissionner mais a refusé, tout en reconnaissant avoir "commis des erreurs (mais) pas de fautes" avant de renvoyer la responsabilité sur la ministre des Sports de l'époque, Marie-George Buffet, mettant en avant sa "lâcheté" et son "incompétence" dans cette affaire. Cette dernière lui a répondu, l'accusant de vouloir "faire diversion en portant des accusations aussi floues que sans éléments" à son encontre.

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Alors que Sarah Abitbol devrait finalement porter plainte selon le ministère des Sports, une enquête a été ouverte ce mardi pour "viols et agressions sexuelles sur mineurs par personne ayant autorité". De son côté, le principal concerné, Gilles Beyer, a reconnu des relations "intimes" et "inappropriées" et a présenté ses excuses à Sarah Abitbol. Des excuses refusées par cette dernière. Démis de ses fonctions vendredi par le club parisien des Français Volants, Gilles Beyer en a été exclu mardi soir. Outre ceux dénoncés par Sarah Abitbol, quels agissements sont reprochés à Gilles Beyer et comment est-il resté aussi longtemps en place ?

Si le cas de Sarah Abitbol date de près de 30 ans, lorsqu'elle était âgée de 15 ans, Gilles Beyer a été cité dans une autre affaire au début des années 2000, sur la base d'un signalement de parents. Il avait ainsi été visé par une plainte d'une patineuse, originaire d'Angers, et fait l'objet d'une enquête judiciaire, qui n'avait pas abouti. Même issue pour une enquête administrative lancée par des inspecteurs généraux du ministère de la Jeunesse et des Sports.

Une lettre transmise au ministère en 2000

L'enquête avait été déclenchée par un courrier des parents et avait finalement conduit le ministère à mettre fin à ses fonctions de cadre d'Etat le 31 mars 2001. Dans cette lettre adressée à Gailhaguet datant du 8 février 2000 et transmis au ministère, les parents dénoncent une visite en juillet 1999 de Gilles Beyer, "quelque peu imprégné d'alcool", dans le dortoir de leur fille de 17 ans, s'asseyant un long moment sur son lit et lui demandant de l'embrasser, ce qu'elle avait refusé.

"Il serait souhaitable, pour ne pas dire indispensable (...) que ce Monsieur n'approche plus jamais ni de près ni de loin des patineuses adolescentes mineures", écrivent les parents. Un autre cas avait également alerté le cabinet de Marie-George Buffet qui, dans son rapport, avait entendu une vingtaine de personnes dont Gailhaguet et Beyer. Ce dernier avait relativisé les deux incidents, sans les nier.

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LCI PLAY - Abus sexuels dans le patinage : l'affaire qui secoue le monde du sport

Évincé puis réintégré

Cette mise à l'écart de 2001 n'a pas empêché Beyer, champion de France de patinage en 1978, de poursuivre sa carrière dans le milieu des sports de glace. Il a ainsi officié de longues années au club parisien des Français volants, basé à Bercy et président par son frère Alain, avant d'être évincé vendredi dernier.

Il avait également effectué plusieurs mandats au bureau exécutif de la Fédération française des sports de glace (FFSG) jusqu'en 2018, et ce malgré son éviction en 2001. Gwendal Peizerat, abasourdi par ces révélations, met en cause Didier Gailhaguet concernant la réintégration de Beyer : "Cette décision de Marie-George Buffet, Didier Gailhaguet a passé outre et a fait revenir Gilles Beyer au sein des cadres de la fédération."

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D'autres anciennes patineuses ont émis des accusations similaires contre M. Beyer et d'autres entraîneurs, à l'instar de Laure Detante, qui l'avait côtoyé au club des Français Volants : "Il nous touchait pour replacer un bassin. Quand ça n’allait pas, c’était toujours une main aux fesses. Donc, il voulait nous replacer le bassin, c’était une main sur le devant, une main sur les fesses. La poitrine, c’était pareil. Quand on faisait les activités hors glace, comme explique Sarah dans son livre, les étirements, il s’allongeait sur nous."

Hélène Godard, 54 ans, a également accusé, dans le quotidien sportif L'Equipe et L'Obs, Gilles Beyer, de huit ans son aîné, d'avoir eu des rapports sexuels avec elle, alors qu'elle avait 13  et 14 ans, à la fin des années 1970 : "J'étais très admirative. Sauf que lui était adulte et consentant. Moi, j'étais mineure."

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