Angleterre-Afrique du Sud : François Steyn, rescapé "apaisé" de la finale de 2007

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INOXYDABLE - Il était déjà de la finale de 2007 arrachée par les "Springboks". Monument du rugby sud-africain, le trois-quarts de Montpellier François Steyn va disputer ce samedi sa deuxième finale avec l'Afrique du Sud, 12 ans après la première en France, déjà contre le XV de la Rose. Avec l'espoir que l'histoire heureuse se répète.

Il est ce qu'on appelle un rescapé. Le 20 octobre 2007, au terme d'une finale, soporifique et sans essai, remportée par l'Afrique du Sud contre l'Angleterre (15-6), François Steyn, 20 ans à l'époque, soulève le trophée Webb Ellis avec les "Springboks". Sans se poser de questions, loin d'être submergé par l'événement, le trois-quart centre (15 sélections) compense son inexpérience par son talent, inné, jeu au pied. Sur la pelouse du Stade de France, le diamant brut des Natal Sharks se laisse emporter par l'adrénaline en tapant et réussissant une pénalité de 48 mètres pour installer les "Boks" sur le toit du monde.

Douze ans plus tard, le centre polyvalent de Montpellier est toujours de la partie. Des 44 finalistes couchés sur la feuille de match ce soir d'octobre 2007, le surdoué sud-africain, réputé sans complexe et plein de culot, est le seul et unique rescapé. Face au XV de la Rose ce samedi 2 novembre (à 10h, en direct sur TF1 et en live commenté sur LCI), le "droper fou" a l'occasion d'alimenter sa légende, lui qui est déjà un monument du rugby sud-africain. Il peut, en cas de victoire, devenir le deuxième rugbyman de l'histoire, après son compatriote Os du Randt (1995 et 2007), à gagner deux titres à 12 ans d'intervalle.

Il a une influence apaisante pour l'équipe- Rassie ERASMUS, sélectionneur de l'Afrique du Sud

Et dire qu'il a bien failli ne pas en être. Marqué par la vie, et le suicide de son frère Wimpie dans la ferme familiale en 2015, Steyn pensait pourtant à ce moment-là qu'il ne rejouerait plus une Coupe du monde. "Certaines choses se sont passées dans ma vie privée et à ce stade de ma vie, j'étais plus soulagé d'être à la maison avec mes parents. En 2015, avant que je revienne en France, je pensais que c'était ma dernière", racontait-il avant le début du tournoi. Mais, une fois le deuil passé, l'appel du terrain a été plus fort que tout. Malgré un temps de jeu réduit et l'émergence d'une jeune génération pleine de promesses, ses entrées lors du dernier Rugby Championship, remporté par les "Boks", lui ont permis d'être du voyage.

Pour sa troisième phase finale, après avoir manqué l'édition 2015, le plus jeune joueur à avoir remporté une Coupe du monde (à 20 ans et 5 mois), un record qui va tenir au moins quatre ans de plus, endosse un rôle à part entière dans cette campagne. Rassie Erasmus, le sélectionneur des "Springboks", en a fait son canalisateur lors des matches cruciaux. "Frans est un type difficile à exploiter", a expliqué l'ancien troisième ligne (36 sélections). "Mais il est définitivement un facteur d'apaisement dans l'équipe car il ne stresse pas beaucoup. C'est merveilleux de l'avoir, sur le banc, capable de couvrir autant de positions. Peu importe si vous êtes en avance ou en retard au score, il a une influence apaisante sur le terrain et en dehors."

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Il a ce facteur "wow" en lui- Pieter MULLER, ancien centre de l'Afrique du Sud

Seul survivant de l'épopée de 2007 donc, François Steyn (32 ans, 66 sélections) apporte à chacune de ses entrées en jeu son vécu au poste à des titulaires en mal d'expérience internationale, comme Cheslin Kolbe, Makazole Mapimpi et Lukhanyo Am. Pour l'ancien centre sud-africain, Pieter Muller (33 sélections), le Montpelliérain a en lui ce facteur X qui peut faire la différence entre une victoire et une défaite. "Il fait partie de ces merveilles qui peuvent vous faire gagner un match", jugeait-il. "Vous voulez ce facteur 'wow' dans une Coupe du monde. Il a ce facteur 'wow' en lui, en plus d'apporter sa grande expérience à l'équipe."

De l'expérience, du talent et surtout une bonne dose de confiance en lui. Steyn y croit : l'Afrique du Sud a le jeu et les joueurs pour faire le travail. "Comme la Nouvelle-Zélande, nous jouons contre nous-mêmes. J'ai la chance de faire partie d'une équipe phénoménale. Nous devons juste saisir nos opportunités", insistait-il il y a peu. Avec ce message à l'attention de ses coéquipiers : "L'équipe qui joue le moins, qui fait le moins d'erreurs, gagne. C'est une Coupe du monde. Si vous regarder la finale de 2007, nous n'avons vraiment pas fait beaucoup. Vous avez juste besoin de gagner. Vous n'avez pas besoin de jouer au rugby." Car, à la fin d'un carrière, au moment de faire les comptes, ce qu'il reste sont les trophées. Et rien d'autre.

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