Tony Parker : "L'avenir du basket français en NBA est assuré"

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ENTRETIEN - Après près de deux décennies, Tony Parker a dit au revoir au basket NBA dont le championnat reprend ce mardi. Jeune retraité, l’ancien joueur des San Antonio Spurs et des Charlotte Hornets ne se tient pas pour autant éloigné des parquets et mène de front plusieurs projets. En tête, son engagement auprès du club de l’Asvel, du basket féminin, des jeunes... mais aussi du ski.

En juin dernier, Tony Parker a remisé sa paire de baskets. Mais ne dites pas au Français aux quatre bagues de champion NBA qu'il ne fait rien. A 37 ans, l'ancien meneur de jeu garde toujours un oeil sur ceux qui ont suivi son chemin, et a changé de casquette. Au point de les cumuler : dirigeant de club,  patron de station de ski... On est revenu avec lui sur tous les projets dans lequel il s'implique. 

LCI : Vous avez pris votre retraite à la fin de la saison dernière après avoir longtemps été le fer de lance du basket français en NBA. Qui va reprendre le flambeau ?

TONY PARKER : Ils sont plusieurs. Evan Fournier, Rudy Gobert… il y a beaucoup de joueurs français en NBA qui peuvent reprendre le flambeau. La France y est bien représentée et notre avenir est assuré. Ils l’ont encore prouvé au Mondial cet été avec la médaille de bronze.

 

Et il y a aussi Sékou Doumbouya, le jeune joueur de 19 ans du CSP Limoges qui a été drafté par les Pistons de Detroit...

T.P. : Je l’ai suivi car il jouait dans le championnat français et on l’a affronté plusieurs fois. C’est un jeune qui monte et qui a une belle opportunité de faire carrière en NBA. Il est très jeune, mais ils arrivent tous jeunes aujourd’hui. Quand je suis arrivée quasiment au même âge, il n’y avait pas beaucoup de joueurs européens en NBA. Désormais, nombreux sont ceux qui veulent et  qui le peuvent. Mais le plus dur reste d’être drafté et de faire une belle carrière.

 

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Vous avez une certaine reconnaissance aux Etats-Unis. Le jeu vidéo NBA 2K20, référence absolue dans la simulation de basket, vous a même mis dans le Top 5 des meilleurs joueurs des Spurs de tous les temps. Ça vous fait plaisir ?

T.P : Le Tony Parker du jeu est même beaucoup plus rapide que moi (rires). Aux Etats-Unis, le basket est une grosse machine de guerre. C’est un honneur et une belle reconnaissance. Ils ont même mis parmi les équipes de légende celles de deux de mes deux titres (le 2e en 2005 et le dernier en 2014, ndlr).

 

Quel est votre titre NBA préféré ?

T.P. : Je dis toujours que j’aime mes quatre titres. Je n’ai pas de préférence. Chaque titre procure un différent bonheur, différents souvenirs. Je n’aime pas choisir. Moi, j’aurais mis les quatre dans le jeu (rires)

 

Vous faites beaucoup pour le basket en France. Vous êtes président du club de l’Asvel, vous avez ouvert une école et une académie, mais les gens ne le savent pas forcément. Vous pensez avoir la même reconnaissance en France qu’aux Etats-Unis ?

T.P. : Oui, c’est à peu près pareil. En France, le basket est un peu moins populaire qu’aux Etats-Unis, mais il continue de grandir.

 

Jean-Michel Aulas est un modèle- Tony Parker

Vous avez récemment trouvé un accord avec Jean-Michel Aulas, le président du club de football de l’Olympique lyonnais, pour renforcer l’équipe de basket de Villeurbanne avec des visées européennes. Pourquoi être allé le chercher ?

T.P. : C’est un modèle. Un président dans le sport depuis 30 ans. C’est une chance que l’OL ait accepté de venir avec nous dans l’aventure. C’est le plus gros deal du basket français. On réunit l’OL, l'Asvel et le Lyon Asvel Féminin dans ce projet. C’est ambitieux.

 

Le basket féminin est encore plus en retrait que le basket masculin en France. Comment peut-on le faire vivre davantage ?

T.P. : Je me suis toujours battu pour que le projet global à l’Asvel soit mixte. Oui, la locomotive, c’est l’Asvel garçons. Mais l’Asvel filles peut aussi en être une à sa façon. On fait tout pour que les deux soient traités de la même façon. Aujourd’hui, on pousse le basket féminin vers le haut. Ça passe évidemment par des résultats en France, mais aussi à l’échelle européenne. Il faut aussi continuer de faire connaître ce sport auprès du grand public. Aux États-Unis, ils l’ont compris depuis longtemps. La preuve, même dans un jeu emblématique comme NBA 2K, on peut désormais jouer avec les équipes de la WNBA (championnat professionnel américain féminin, ndlr). En France, la couverture médiatique du basket féminin est presque inexistante. C’est à nous de changer ça. Je me sers de l’Asvel masculin pour faire jouer les filles juste avant en lever de rideau. Comme ça, ça passe à la TV. 

 

En parlant de TV, vous vous êtes d’ailleurs lancé dans un ambitieux projet...

On vient de faire un programme TV. C’est la première fois de l’histoire qu’un club de basket ouvre ses portes. Il y aura 10 épisodes, un par mois. J’ai intégré les filles dans ce projet. Et ça va continuer comme ça. Je connais beaucoup de gens qui étaient fans de l’Asvel depuis des années, qui ne savaient rien du basket féminin, mais qui sont venus voir un match des filles durant les finales. Et ils ont adoré... presque plus encore que le basket masculin. C’était marrant de voir leurs réactions. On a vu cet été la notoriété du foot féminin avec la Coupe du monde où ils ont rempli des stades alors que personne ne pensait que ce serait possible.

 

Il y a un autre projet sur lequel on ne vous attendait pas forcément, c’est le ski ! Vous avez racheté la station de Villard-de-Lans (Isère). C’est une reconversion inattendue...

T.P. : Ah oui (rires). J’ai hâte de commencer cet hiver à Villard. C’est le futur et l’avenir pour moi. Avant, je n’avais pas le droit de skier dans mon contrat, mais j’aime ça et maintenant je peux.

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