"C'est très bizarre" : la vie bouleversée des athlètes français qui auraient dû être aux JO

"C'est très bizarre" : la vie bouleversée des athlètes français qui auraient dû être aux JO
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TEMOIGNAGES - Les Jeux olympiques de Tokyo, reportés à 2021, auraient dû commencer il y a une semaine. Pour les athlètes français qui étaient censés être au Japon actuellement, en pleine compétition, tout a été chamboulé. Plusieurs se confient à TF1.

Ceux qui parmi vous ne suivent que le football et/ou le rugby, ou alors aucun des deux, l'ignorent peut-être, ou du moins n'en prennent pas la mesure exacte : pour le commun des sportifs, dont beaucoup ont un travail à côté de leur activité physique, les Jeux olympiques représentent non seulement un aboutissement, parfois celui d'une vie, mais aussi une unique opportunité de pouvoir vivre de son sport, d'accéder à une exposition médiatique et à des sponsors... 

On le sait, Covid-19 oblige, ceux de Tokyo n'auront pas lieu en 2020, mais (peut-être) en 2021. Initialement, cette olympiade aurait dû débuter le vendredi 23 juillet. Voilà donc une semaine que, forcément, les athlètes y pensent. Et y repensent.

C'est beaucoup, quatre ans de travail qui s'envolent, mine de rien. - La nageuse Anouchka Martin

"C'est beaucoup, quatre ans de travail qui s'envolent, mine de rien. Pendant deux mois, ça a été assez dur et puis... Et puis ben c'est tout, c'est comme ça. C'est pour tout le monde pareil", relativise, pour sa part, la nageuse Anouchka Martin, au micro de TF1. Cette membre de l'équipe de France rigole même en regardant son tout nouveau maillot de bain, aux couleurs du Japon, fourni par l'équipementier : "Heureusement qu'ils n'avaient pas mis la date dessus !".

A l'instar d'Anouchka Martin, beaucoup utilisent le positivisme et le sourire pour évacuer leur déception. Il n'empêche... "Ils s'entraînent très bien, il n'y a pas de souci. Mais depuis qu'on devrait y être, je sens que c'est un peu dur, surtout avec les réseaux sociaux qui ressortent beaucoup de vidéos de courses de l'année dernière ou de précédentes éditions des Jeux", note cependant Julien Jacquier, entraîneur "élite" au Cercle des nageurs de Marseille.

Des athlètes de l'équipe de France avaient mis des réveils avec l'heure de la cérémonie d'ouverture.- La coureuse de haies Solène Ndama

Non loin de là, sur les pistes d'athlétisme de Boulouris, à Saint-Raphaël (Var), on cogite également. "Je me dis mince, normalement il y a les Jeux ! Je sais même que des athlètes de l'équipe de France avaient mis des réveils avec l'heure de la cérémonie d'ouverture (rires). Moi, j'ai complètement lâché pendant le confinement. Je ne me suis pas du tout entraînée, parce que je n'avais aucune perspective d'avenir en fait", confie Solène Ndama, spécialiste de l'heptathlon et du 100 mètres haies, sacrée championne d'Europe juniors en 2017.

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Pascal Martinot-Lagarde, actuel détenteur du record de France du 110 mètres haies, champion d'Europe en 2018 et médaillé de bronze aux championnats du monde de Doha en 2019, allait, lui, à Tokyo pour chercher l'or, axant toute sa préparation sur cet objectif. "Tout ça, ça tombe à l'eau ! C'est comme les scolaires qui n'ont pas eu d'épreuves de bac à la fin de l'année. On est dans ce truc-là. Dans l'inconnu, dans la déception de ne pas courir... C'est très bizarre", décrit-il. 

Tous ces sportifs ont désormais coché la date du 23 juillet 2021 dans leurs agendas, et s'entraînent tous les jours en fixant cet horizon. Sans aucune certitude, si ce n'est celle que ces JO seront purement et simplement annulés si la pandémie n'est pas maîtrisée d'ici là. Le prochain rendez-vous aurait alors lieu à Paris, en 2024. Moins loin, mais trop tard pour certains.

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