Combien de femmes arbitres ? Foot, rugby, handball, tennis, basket... on a comparé les sports

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SEXISME - Dimanche 28 avril, Stéphanie Frappart deviendra la première femme à arbitrer un match de Ligue 1, à l'occasion de la rencontre Amiens-Strasbourg du championnat de France. Un événement dans le football français, et dans le sport en général où la présence d'arbitres féminines se fait encore trop rare. Du rugby au handball, nous avons comparé.

L'arbitrage de la Ligue 1 confié à une femme. Stéphanie Frappart, 35 ans, arbitrera ce dimanche 28 avril la rencontre Amiens-Strasbourg,  34e journée du championnat de France. Après cinq ans passés en Ligue 2, la voici propulsée dans la cour des grands. La nouvelle a été fortement relayée en début de semaine, tant elle est inédite dans le milieu footballistique.


En effet, la parité en matière d'arbitrage est à la traîne en football, avec 3 % de femmes arbitres dans les rangs de la Fédération française. Même déséquilibre flagrant en rugby, qui dénombre 3,8 % d'arbitres féminines. Dans le sport français, selon l’Association Française du Corps Arbitral Multisports, les femmes représentent 26 % des arbitres, toutes fédérations et tous niveaux confondus. Elles ne sont que 16 % dans les fédérations nationales. "Faire la promotion de l’arbitrage féminin est compliqué en France comme ailleurs. Car il faut trouver sa place dans un monde masculin", confie Aurélie Tourte  arbitre de chaise à Roland Garros, à la Fédération française de tennis.

Dans certaines disciplines toutefois, les effectifs se révèlent plus mixtes qu'en football ou bien en rugby. Et notamment en handball, sport précurseur sur les questions d'égalité femmes-hommes, où plus de  27 % des arbitres sont des femmes. Aujourd'hui, les sœurs jumelles Charlotte et Julie Bonaventura (photo ci-dessous) figurent parmi les meilleures d'Europe. En 2017, les Françaises sont désignées arbitres en duo des championnats du Monde qui se déroulent dans l'Hexagone, une première lors d'une compétition masculine.


En Basketball, les femmes représentent 20 % des effectifs et voilà plus de vingt ans que l'une d'entre-elles s'est vu confier l'arbitrage de matchs professionnels masculins. En 1997, Chantal Julien, alors joueuse de 33 ans, devient arbitre du championnat de France. A l'époque, la Grenobloise est l'une des seules femmes à arbitrer des hommes en Europe. "Certains ne voyaient même pas que j’étais une femme alors que d’autres profitaient que je sois une femme pour faire des réflexions, des insultes. Il a fallu que je me fasse respecter plus que mes collègues masculins", déclare-t-elle alors à la Ligue féminine de basketball. Elles sont deux aujourd'hui à arbitrer le championnat : Audrey Secci et Marion Ortis. Cette dernière est également l'une des trois premières arbitres féminines internationales, aux côtés d'Abigaïl Catrix et de Christina Manoli. 

Mixité en terre battue

En tennis, là encore, la mixité est plus établie. Sur les 45 arbitres de chaises à Roland Garros, 14 sont des femmes et dans l'histoire de la discipline, plusieurs femmes ont eu l'occasion de diriger des tournois internationaux. C'est le cas dès 2007 de la Française Sandra de Jenken lors de la finale masculine de l'Open d'Australie et de celle de Roland Garros, quelques mois plus tard, entre Roger Federer et Rafael Nadal. Elle devient alors la première arbitre féminine d'une finale du simple messieurs à Roland Garros. En 2015, la Grecque Eva Asderaki-Moore est la première femme à arbitrer la finale de l'US Open 2015 entre Novak Djokovic et Roger Federer. Le tournoi devient ainsi le premier du Grand Chelem à avoir bénéficié d'un arbitrage exclusivement féminin, la finale entre Flavia Pennetta et Roberta Vinci ayant été arbitrée par la Croate Marija Cicak.


Si la féminisation de l'arbitrage dans les disciplines sportives est en marche, elle reste relativement timide. En football, la FIFA a invité les fédérations "possédant une arbitre retenue pour le Mondial féminin, à les préparer dans les meilleures conditions en vue de cette compétition de haut niveau". Cet été, une chose est sure, le football sera féminin.

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