L’esport, nouveau terrain de jeu des sportifs confinés

Le jeu vidéo FIFA 20
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CHANGEMENT - Avec l’arrêt de toutes les compétitions sportives, la difficulté à sortir s’entraîner, les athlètes se sont trouvés un nouveau d’entraînement : le jeu vidéo. Confinés depuis plusieurs semaines, footballeurs, basketteurs et autres pilotes de F1 s’affrontent sur un terrain virtuel. Et parfois même face aux experts vidéoludiques du secteur.

Le sport, une histoire de passion. Alors que faire quand le sport s’arrête ? Pour les fans, ce sont des rendez-vous qui sont annulés. Pour les sportifs de haut niveau, c’est le chômage technique. Et quand on est nageur, pilote de Formule 1, basketteur ou cycliste, ce n’est pas forcément facile de s’entraîner confiné chez soi.

Alors face à ce manque, les sportifs de tous horizons ont trouvé un palliatif : le jeu vidéo. On sait les footballeurs amateurs de FIFA ou PES, les deux grandes franchises vidéoludiques de simulation de matches de foot. Ou bien les basketteurs comme Tony Parker qui avaient l’habitude durant leur carrière de s’adonner à NBA 2K en sortant de l’entraînement. Alors pourquoi changeraient-ils leurs habitudes en temps de confinement ? Au contraire, ils s’y affrontent désormais comme sur de vrais terrains.

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Fin mars, les footballeurs espagnols ont ainsi organisé un tournoi sur le jeu FIFA 20 et récolté plus de 180.000 euros pour lutter contre l’épidémie de coronavirus. Vingt-six clubs allemands de 1re et 2e division en font de même durant deux semaines pour un Bundesliga Home Challenge réunissant un joueur et un membre du personnel de chaque équipe professionnelle. Et pour rester fidèle aux habitudes, les rencontres sont programmées les samedis et dimanches à 15H30.

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Remplacer sa saison par un championnat virtuel

Les pilotes auto ont également troqué leur volant pour des manettes et affrontent des esportifs, influenceurs et YouTubeurs. En NASCAR, les stars de la discipline ont créé The Replacements 100, une course en ligne sur le jeu iRacing qui a attiré quelque 70.000 curieux sur Twitch alors que les pilotes pensaient juste disputer une course entre amis. En F1, même situation pour oublier le début de saison annulé. Not the Australian et Not the Bahrein GP ont permis à près de 175.000 viewers de voir s'affronter des pilotes et des non-professionnels. La F1 a tout de suite flairé la bonne affaire et donné naissance aux F1 Esports Virtual Grand Prix Series, une championnat autour du jeu F1 2019 qui va se tenir sur les dates des épreuves et sur les circuits que les concurrents auraient dû côtoyer. La 2e course, organisée ce dimanche à 21h00, mettra aux prises des pilotes actuels comme Charles Leclerc, Lando Norris ou encore Nicholas Latifi, mais aussi d’anciens pilotes comme Johnny Herbert. Et l’événement sera diffusé sur les chaînes YouTube, Twitch et Facebook de la F1.

Même la voile à l’arrêt a largué les amarres sur Virtual Regatta, un jeu en ligne qui rencontre déjà un succès fou dès qu’il y a une régate et où l’on peut cette fois voguer aux côtés d’Armel Le Cléac’h ou Samantha Davies. Alors que toutes les courses ont été annulées jusqu’à nouvel ordre, 13 cyclistes, dont de nombreuses têtes d’affiche, qui avaient prévu de prendre le départ du Tour des Flandres dimanche prochain, s’affronteront en lieu et place de la course… en ligne et sur leur home trainer via le site BKool, spécialiste de la simulation de course.

La NBA s’est subitement arrêtée après la découverte de cas parmi des joueurs, dont le Français Rudy Gobert. Ses stars se sont rabattues sur le jeu NBA 2K. Seize joueurs, dont Kevin Durant et Donovan Mitchell qui avaient contracté le Covid-19, vont participer à un tournoi en ligne dès ce vendredi. Baptisé "Players-Only" (Les joueurs seulement), le tournoi se déroulera sous forme de tableau de playoffs durant 10 jours. Et ESPN, la célèbre chaîne américaine de sport, a décidé de diffuser en direct l’événement. Cette initiative emboite le pas de celle des joueurs des Phoenix Suns qui avaient fait grand bruit en diffusant leurs confrontations sur Twitch. Ils ont décidé de finir leur saison virtuellement, sur le jeu de simulation. "Les Phoenix Suns continueront d’offrir aux fans une solution virtuelle en tant que première équipe NBA à poursuivre la saison 2019-2020 sur NBA 2K20", a annoncé le club qui se félicite de l’engouement qui permet "de garder le contact" avec les fans.

L’esport, un sport comme un autre

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En ces temps de confinement, l'eSport a l'avantage de ne (presque) pas s'arrêter, avec des compétitions en ligne, même si les finales mondiales en public sont suspendues. Les stars de Call of Duty, League of Legends et autres Rocket League s'affrontent depuis chez eux, diffusent leurs parties en direct et continuent d'échanger avec leurs communautés de fans. Les temps de visionnage sur les plateformes Mixer, Twitch ou YouTube explosent et l'esport espère ainsi attirer de nouveaux amateurs qui ont du temps à lui consacrer. Une situation qui fait rêver les stars des stades et des pistes contraintes de rester chez elles.

Et par les temps qui courent le sport va donc piquer à l'esport ses habitudes pour se maintenir à flots. De quoi donner enfin ses lettres de noblesse sportives à ce dernier ? C'est aussi de bonne guerre. Pour se développer, l'esport a emprunté au sport ses habitudes de préparation physique et mentale, ses "centres d'entraînement" appelés gaming house où se côtoient et s’entraînent les meilleurs joueurs. Un terme finalement identique que l’on s’adonne au foot… ou à FIFA 20 ! Et pour franchir un cap, le jeu vidéo compétitif est aussi allé chercher l’expérience et le professionnalisme directement auprès d'athlètes de haut niveau.

Le Team Vitality a ainsi recruté à sa tête comme manager de l’équipe Counter Strike : GO Matthieu Péché, champion du monde 2017 de canoë et médaillé de bronze aux Jeux de Rio. L'ancien nageur Yannick Agnel est venu, lui, apporter son expérience du haut niveau à l’encadrement du Team MCES. Un challenge qui a tenté l’ancien champion olympique : mettre en place une préparation physique, psychologique et médicale, un suivi nutritionnel ou encore encadrer la gestion de l’effort toute l’année comme durant les compétitions. "Je dois leur permettre d’être plus performant en dehors. Je ne suis pas là pour leur dire comment jouer." Et Agnel admettait que sa légitimité de sportif de haut niveau lui offrait l’écoute de ces e-sportifs, bien plus que des connaissances stratégiques sur les jeux... qu'ils n'avaient pas.

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