Coupe du monde de rugby 2019 : "cad-deb", chistera, raffut, chandelle... ces beaux gestes qui vont vous émoustiller

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Coupe du monde de rugby 2019 au Japon

BEAU JEU - Vous allez en voir de toutes les couleurs pendant la Coupe du monde au Japon. Avec les pieds ou avec les mains, les rugbymen possèdent une palette très subtile de gestes pour percer les défenses adverses. LCI vous fournit son petit dictionnaire illustré des plus beaux gestes techniques afin de vous aider à les décrypter.

Francis Marmande a écrit : "Au rugby, tous les gestes sont uniques, la balle idiote, les trajectoires calculées par un savant fou." Simple et complexe à la fois, détendu et engagé en même temps, le rugby est un jeu aux multiples facettes. Le geste juste, avec ou sans ballon, individuel ou collectif, anodin ou spectaculaire, permet souvent de débloquer une situation dans un match. Comme pour le cyclisme ou le golf, le rugby possède son champ lexical fleuri, souvent difficile à assimiler pour les non initiés.

Si vous n'avez plus regardé un match depuis 2015 mais que vous voulez quand même participer aux discussions sur la Coupe du monde, du 20 septembre au 2 novembre au Japon, LCI vous propose de réviser les expressions plus ou moins originales à connaître ainsi que leur signification. Chistera, raffut, chandelle... plus aucun geste technique n'aura de secret pour vous grâce à notre petit dico. 

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Le cadrage-débordement

C'est le fameux "cad'-déb'" cher aux amoureux du rugby. Le porteur de balle se retrouve face à la défense, il n'a pas la place pour passer. Alors qu'il oblique légèrement sa course vers son adversaire, comme s'il se préparait à le percuter - le cadrage - et au dernier moment, l'ailier se déporte subitement et contourne le défenseur par l'extérieur - le débordement - en le figeant sur ses appuis. S'il réussit son coup, il ne lui reste plus qu'à courir à toute enjambée jusqu'à l'en-but adverse pour aplatir. Imparable. 

La chistera

C'est une sorte de passe artistique, un peu périlleuse si elle n'est pas maîtrisée. Le geste consiste à faire une passe dans le dos, souvent à l'aveugle, en jetant le bras vers l'arrière, pour tromper l'adversaire. Inspiré de la pelote basque, la chistera n'est pas réservée aux Biarrots ou aux Bayonnais. Les Wallabies et les All Blacks sont depuis longtemps passés maîtres en la matière. Le demi de mêlée de l'équipe de France Baptiste Serin avait mis toute la défense néo-zélandaise dans le vent en 2017 avec ce geste.

Les passes

Qu'elle soit vissée (le porteur de la balle imprime à son geste un mouvement rotatif pour réaliser une passe longue), croisée (le porteur passe à un coéquipier qui arrive en travers pour prendre la défense à revers), sautée (le porteur allonge et élève sa passe et "saute" les joueurs les plus proches de lui) ou encore redoublée (A donne à B, qui redonne à A), la passe se décline sous toutes les formes. Le rugby tricolore - et son fameux "french flair"- s'est notamment fait une spécialité du jeu de passes imprévisible et virevoltant. 

La feinte de passe 

France-Irlande 1961. Amédée Domenech, pilier de l'équipe de France, se retrouve en position d'ailier au cours d'une action. Coincé en bord de touche avec un défenseur face à lui, le rugbyman tricolore se lance et fait mine de passer à l'homme le plus proche de lui... l'arbitre de touche ! Le défenseur irlandais n'y voit que du feu et plonge vers l'arbitre, laissant libre champ à Domenech. Même si le Français ne parvient pas à marquer cette fois-là, sa feinte de passe est restée dans toutes les mémoires. 

Le lancer en touche

Pendant très longtemps, les lancers en touche n'ont ressemblé à... rien ! Un joueur, souvent un arrière, prenait le ballon à une main et le balançait dans l'alignement, au hasard, espérant que la ballon arriverait sur un coéquipier. Aujourd'hui, lancer en touche est presque devenu un travail chirurgical. C'est le talonneur qui s'en charge (même si rien ne l'oblige dans le règlement), il doit être parfaitement synchronisé avec son sauteur et les joueurs qui vont le soulever et anticiper les contres et interceptions de l'alignement adverse. 

 

Le drop

Récompensé par 3 points, un drop peut faire basculer un match dans les derniers instants. Il arrive souvent en désespoir de cause, lorsque les attaquants n'ont plus d'inspiration pour faire sauter le verrou et s'en remettent au jeu au pied de leur ouvreur. Le numéro 10 lâche alors le ballon et le tape au pied juste après son rebond au sol, pour viser entre les perches. Pas de grande envolée donc. Mais quand il fait pencher le score en votre faveur à la 79e minute, comme le fit l'Irlandais Jonathan Sexton pour crucifier les Bleus lors du Tournoi des 6 Nations 2018, c'est le plus beau geste du monde... et le plus cruel.

Le raffut

Votre adversaire vous colle de trop près, il est à deux doigts de vous plaquer alors que vous êtes sur le point d'aller marquer un essai ? Raffutez-le ! Gardez bien fermement le ballon dans une main, collé contre votre corps, et avec votre main libre envoyez-le sur les roses en le repoussant sans ménagement. Attention, avec votre main, pas avec votre poing ou votre coude, sinon c'est carton rouge ! 

La chandelle

Les Anglo-Saxons appellent ça un "up and under"... ou une bombe. Pour la faire courte, c'est un coup de pied qui monte très haut vers le ciel visant à mettre la pression sur l'arrière ou un trois-quart. S'il est bien tapé, il fait des dégâts à la réception. Une chandelle bien dosée atterrit à l'entrée des 22 adverses, derrière le rideau défensif, dans les mains de l'ailier, qui n'a plus qu'à courir pour aller marquer. Mais un coup de vent et la trajectoire est déviée. L'adversaire récupère la balle et peut lancer le contre.

Le coup de pied à suivre

Il existe une multitude de coups de pied à suivre. Mais l'essence même de ce coup de pied est que c'est un coéquipier (ou le botteur lui-même) qui doit le récupérer lorsqu'il retombe sur le pré. Tout petit coup de pied en cloche pour lober un adversaire, un grand coup de pompe pour récupérer la balle au sprint, coup de pied rasant qui passe entre les jambes du défenseur : il y en a pour tous les goûts. 

L'arrêt de volée

Suite à un coup de pied adverse, l'arrière se replie dans ses 22 mètres et réceptionne le ballon, sans le laisser rebondir, tout en criant "marque " pour arrêter le jeu. Il permet ainsi à son équipe de se réorganiser le temps de reprendre la partie. Dit comme ça, cela a l'air plutôt simple. Sauf que notre arrière, souvent fin et longiligne, a une horde d'adversaires en furie autrement plus imposants qui se ruent sur lui et sont prêts à tout pour l'empêcher de récupérer le ballon. Finalement, c'est plus une affaire de nerfs que de technique. 

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