Comment les organisateurs de la Coupe du monde de rugby gèrent les risques de typhon au Japon

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Coupe du monde de rugby 2019 au Japon

INTEMPÉRIES - Disputée pour la première fois en Asie, au Japon du 20 septembre au 2 novembre, la Coupe du monde va se jouer pendant la saison des typhons. La météo, sur laquelle ils n'ont aucune emprise, angoisse particulièrement les organisateurs qui redoutent les retombées d'une éventuelle catastrophe naturelle affectant le tournoi.

Le Japon fait souvent la Une de la rubrique "catastrophes naturelles". De par sa géographie et son climat, l'archipel nippon est régulièrement soumis aux tremblements de terre, tsunamis et autres typhons. L'an dernier, en l'espace de quelques semaines, le pays du Soleil levant a ainsi été frappé par deux séismes, des inondations dramatiques et le puissant typhon Jebi, un phénomène tropical particulièrement meurtrier et destructeur, le plus violent depuis 25 ans. À l'orée de la Coupe du monde de rugby, qui se déroule du 20 septembre au 2 novembre, en pleine saison des typhons, la crainte d'un événement d'ampleur est réelle. 

"C'est possible que cela arrive", confirme à LCI Nicolas Kraska, le seul rugbyman français à évoluer au Japon. "À cette période de l'année, il fait habituellement très chaud ici. Les températures sont aggravées par de forts taux d'humidité. À 19h, il n'est pas rare que le thermomètre affiche 32 degrés avec 70% d'humidité." Cette combinaison, en plus d'engendrer une étouffante vague de chaleur, favorise la formation de phénomènes météorologiques violents. L'ancien joueur du Racing et d'Albi se souvient ainsi d'une perturbation atmosphérique violente qui a touché soudainement l'archipel il y a deux ans, au beau milieu d'une rencontre. "C'était fin août, lors du premier match de Top League (l'équivalent nippon du Top 14, ndlr), on menait 13-0 à la mi-temps contre NEC. Un très gros orage s'est abattu sur Shibuya (l'un des 23 arrondissements formant Tokyo, ndlr). On n'a pas pu reprendre après la pause. Il y a eu du gros tonnerre, il a plu de fou. On a dû attendre une heure et demie avant de reprendre la partie. Au final, on a gagné 20-0. Personne n'avait envie de rejouer. Il faisait encore plus lourd qu'au coup d'envoi."

Un plan d'urgence dans les cartons

En prévision de cette épée de Damoclès sur leur tête, les organisateurs de la Coupe du monde - le World Rugby en tête - anticipent le pire, si une catastrophe naturelle survenait durant le tournoi. "C'est quelque chose que nous devons prendre au sérieux", confiait l'été dernier le directeur de la compétition, Alan Gilpin. "Nous avons prévu ce qu'il pourrait arriver si l'hôtel d'une équipe était perdu, si son camp de base et d'entraînement était perdu ou si un stade accueillant une rencontre était perdu."

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Parmi les préoccupations du Comité en charge de l'organisation, la sécurité et la logistique sur place des équipes et de leurs supporters mais aussi les éventuels reports et délocalisations des matches impactés. En cas de rencontre décalée, la solution envisagée consisterait à compresser le programme et à ne pas attendre une semaine entre chaque tour des phases finales. Le calendrier a ainsi été construit de manière à ce que les rencontres touchées puissent être jouées dans un autre stade un autre jour. 

Trois sites sensibles et préoccupants sont sous la vigilance accrue du World Rugby. "Kumamoto, Fukuoka et Oita sont trois sites relativement proches qui pourraient être affectés par une série de typhons par exemple", expliquait Alan Gilpin. Cela pourrait donc avoir des conséquences pour le XV de France, qui disputera deux matches de poules à Fukuoka (le 2 octobre face aux États-Unis) et Kumamoto (le 6 octobre contre les Tonga). Oita, quant à elle, devrait accueillir le potentiel quart de finale des Bleus. 

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