Reconfinement : une nouvelle étude atteste du calvaire interminable vécu par le monde du sport

Le stade Armandie à Agen à huis clos en raison du reconfinement.

SIGNAL D'ALARME - Le monde du sport crie à l'agonie. Une étude menée par le Conseil social du mouvement sportif (CoSMoS) détaille, chiffres à l'appui, les conséquences du reconfinement sur l'ensemble de la filière.

Des chiffres pour mettre des mots sur les maux. Au printemps, la crise sanitaire avait figé le monde du sport. Les restrictions imposées (fermeture, huis clos...) lors de ce reconfinement viennent enfoncer le clou pour des structures qui étaient déjà au bord du précipice. Depuis mars, les difficultés financières se sont accumulées. Et, désormais dos au mur et sans perspectives d'amélioration dans un futur proche, des clubs et des salles de sport craignent de devoir mettre la clé sous la porte. 

Pour résister à cette crise sans précédent, une structure sur deux dispose seulement d'une réserve de trésorerie inférieure ou égale à six mois, selon le Conseil social du mouvement sportif (CoSMoS). Dans son étude que Le Monde a consulté avant sa mise en ligne jeudi 19 novembre, le syndicat patronal a interrogé ses adhérents sur leur situation économique et sociale. Cette enquête a été menée sur la base 1769 réponses, en grande majorité des structures de moins de sept salariés, d'employeurs associatifs (90,4%), professionnels (3,3%) et de loisirs récréatifs ou sportifs à but lucratif (6,3%). Elle a été arrêtée le 16 novembre dernier, à la veille des annonces de l'exécutif, qui débloqué pour près de 400 millions d'euros d'aides financières. 

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La situation est plus que préoccupante, voire alarmante pour certains. Si une minorité des structures (9,33%) disent pouvoir tenir au-delà d'une année, un quart d'entre elles (24,18%) n'ont devant elles qu'un trimestre ou moins de trésorerie.

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Un secteur fragilisé par la baisse du nombre de licenciés

Dans cette crise, elles mettent avant une chute vertigineuse des adhérents. Plus de deux tiers (68,38%) annoncent une baisse des licences comprise entre 10% et 50%. Dans une autre étude, le Comité olympique français (CNOSF) recensait 1,6 million en moins, soit 14,5% de moyenne sur le total des licences et une moyenne de 27,7% sur l'ensemble des Fédérations. Cela se traduit par des pertes de budget annuel ou de chiffre d'affaires, supérieures ou égales à 30% pour 28,36% des structures. 

Pour compenser le manque d'activité, près des trois quarts disent avoir toujours recours au chômage partiel (72,2%). Mais peu nombreuses (6,34%) sont celles qui ont contracté un prêt garanti par l'État pour passer ce moment difficile.

Sans évolution notable d'ici la fin de l'année 2021, 22,46% des structures ne savent pas de quoi l'avenir sera fait contre 31,06% qui ne voient pas leur situation évoluer dans un sens ou un autre. Un tiers des sondées prévoient toutefois une réduction des effectifs (14,06%) ou du temps de travail des salariés (16,66%). D'autres, qui subissent de plein fouet la crise économique liée au Covid, sont plus pessimistes. Elles évoquent des licenciements pour motif économique (4,64%), voire pour une minorité un dépôt de bilan (2,12%) ou une procédure de redressement ou de sauvegarde judiciaire (1,5%). 

"Cette crise met beaucoup de choses en péril", confiait à LCI Boris Diaw, l'ancien capitaine de l'équipe de France de basket, au sujet du sport professionnel. "C'est un équilibre fragile qui est mis en danger. Les clubs subissent la crise sans avoir de réels outils ou de réelles solutions. Ils essaient de bricoler pour limiter au maximum la casse et pouvoir survivre dans l'espoir d'un retour rapide à la normale." Mais combien réussiront à tenir le temps qu'il faut ? Impossible à dire... pour le moment.

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