Covid-19 : s'estimant "tué à petit feu", le monde du sport crie sa détresse

Denis Masseglia, président du CNOSF, avec Emmanuel Macron en septembre 2018.

ÉPIDÉMIE - Le Comité national olympique et sportif français (CNOSF) et une centaine de fédérations sportives s’inquiètent de leur avenir dans une lettre ouverte adressée au président de la République. Ils y dénoncent notamment la stigmatisation "violente" et "infondée" qu’ils subissent.

"Nous devons vivre avec le virus tant qu'il n'aura pas été vaincu mais nous ne voulons pas disparaître avant lui" : dans une lettre ouverte à Emmanuel Macron, le Comité national olympique et sportif français (CNOSF) et 95 fédérations sportives tirent la sonnette d’alarme, déplorant ne pas compter parmi les "priorités" dans la gestion de crise du coronavirus, et dénonçant "une stigmatisation aussi violente qu'infondée".

Dans cette missive, les signataires parmi lesquels les fédérations de football, d’équitation, de voile ou encore de gym, se disent "désemparés de constater que le secteur du sport fédéré, fort de son modèle social et économique unique, porteur de valeurs essentielles au tissu social républicain, ne compte visiblement pas dans les priorités d'action de notre pays en temps de crise".

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Le sport tué "à petit feu"

"Depuis plusieurs mois, nous faisons tout notre possible pour nous adapter aux aléas et aux multiples applications divergentes et parfois contradictoires de la doctrine sanitaire sur le terrain (...) Malgré ces efforts, nos compétitions et manifestations programmées ou reprogrammées sont annulées, souvent à la dernière minute et en raison d'une application excessive et injustifiée des mesures sanitaires par les autorités locales", dénoncent-ils, soulignant que leurs activités sont "à l’arrêt dans de nombreux territoires, y compris des zones vertes non soumises au couvre-feu", et estimant que "les décisions très disparates des préfectures et des ARS tuent le sport à petit feu".

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La lettre ouverte met en avant "l’incompréhension" des signataires, face à "une stigmatisation aussi violente qu'infondée, car non étayée par des éléments objectifs"

Comment comprendre et expliquer pourquoi d'autres activités demeurent permises, y compris dans les zones les plus touchées par l'épidémie, mais pas la pratique du sport dans des zones pourtant plus préservées ?- Les signataires de la lettre ouverte

"Nous déplorons déjà plus d'un quart d'adhésions en moins, au point que de nombreux clubs se demandent aujourd'hui s'ils pourront passer l'année car plus de 80% d'entre eux, seulement animés par des bénévoles, piliers du sport amateur, restent encore aujourd'hui exclus des dispositifs d'aides prévus au plan de soutien piloté par le Ministère de l'Économie", poursuivent les signataires.

   

Plus de 80% des clubs exclus des dispositifs d'aides

Le CNOSF et les fédérations dénoncent "l'absence de prise en compte des spécificités de [leur] secteur par un dispositif d'accompagnement approprié". "Budgétairement, nous déplorons que les quelques euros promis par-ci nous soient repris par-là, dans des tours de passe-passe indignes et humiliants".

"Nous devons donc vivre avec (le virus) tant qu'il n'aura pas été vaincu mais nous ne voulons pas disparaître avant lui", concluent les signataires, rappelant l'accueil par la France des Jeux olympiques et paralympiques en 2024.

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