Covid : des rugbymen contraints de se déshabiller sur la pelouse faute de vestiaire ?

Match de rugby, illustration.

SPORT - Avec la fermeture des vestiaires dans les établissements sportifs en raison de l'épidémie de coronavirus, les joueurs de rugby sont bel et bien obligés de trouver un autre système pour se changer et se doucher. Quitte à finir nus sur la pelouse.

L'histoire peut sembler amusante. Mais elle en exaspère plus d'un. Sur Twitter, le député Herve Saulignac a partagé ce lundi 19 octobre la photo de joueurs contraints de se déshabiller au bord d'une pelouse. En commentaire, l'élu socialiste d'Ardèche critique cet "arrêté préfectoral" pris dans son département qui "interdit l'accès aux vestiaires des clubs de sport". Et de conclure, fataliste : "Alors, on respecte. Pas de vestiaire. Hygiène avant tout." S'il ne s'agit en fait pas d'un cliché pris dans le département de cet élu, l'image est véridique. Et emblématique des restrictions sanitaires qui inquiètent les clubs.

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Une vraie photo prise en Haute-Garonne

C'est le compte de RugbyAmateur.fr qui l'a diffusée en premier. Sur Facebook, le site consacré au rugby amateur s'étonne qu'on "autorise les joueurs à faire des mêlées et se plaquer pendant 80 minutes", mais qu'il leur soit ensuite interdit "l'accès aux douches pendant 3 minutes, 5 par 5". Comme le raconte La Dépêche du midi , la photo a été prise par la compagne d'un joueur lors d'une rencontre entre Saint-Jory et le Toulouse Electrogaz Club (TEC). Pendant que l'équipe une du club toulousain démarrait son match, les réservistes qui venaient d'achever le leur ont décidé de passer à la douche. De quoi éviter d'attendre 90 minutes dans la sueur et la boue. Sauf qu'ils n'ont pas pu compter sur les vestiaires. En cause, les mesures sanitaires pour lutter contre le Covid-19. Depuis le 17 octobre, date à laquelle plusieurs départements d'Occitanie sont passé en "zone d'alerte maximale", un  arrêté de la préfecture de la Haute-Garonne interdit en effet "l'ouverture et l'utilisation des vestiaires dans les établissements sportifs de l'ensemble du département".

En commentaires, certains s'amusent de cette image, ironisant sur le "bonheur des dames"  venues assister à la rencontre. D'autres ont eux aussi un ton léger. C'est le cas du community manager du Ministère des Sports qui a commenté la publication rappelant simplement qu'il ne fallait "pas non plus être accusés d'exhibitionnisme" et surtout qu'il fallait faire attention à la météo. "Le temps fraîchit" .

Une intonation qui n'a pas plu au principal intéressé. Sur Twitter, le président du TEC s'est insurgé contre ce ministère qui "lâche et moque" les sportifs. Interrogé par la presse locale, il confesse en effet qu'alors que le cliché l'avait, dans un premier temps "beaucoup fait rire", il l'a surtout exaspéré. "On a 44 mecs qui peuvent se sauter dessus pendant 80 minutes, faire des mauls, des plaquages, des touches, mais ils n'ont pas le droit, à cause du protocole, de se doucher. C'est complètement débile."

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Vers une fin de saison?

Un "oxymore sportif", pour reprendre les termes de Philippe Bapt, qui n'est pas prêt de s'arrêter. Ce samedi, c'était au tour des Cadettes du Football Club Villefranchois (FCV) d'employer ce système D. Après un match amical qui a eu lieu à Carbonne, elles se sont lavées dehors, en maillot de bain avec un tuyau d'arrosage. Une situation qui inquiète. Car derrière ces images, beaucoup y voient une fin de saison. C'est le cas du président du FCV qui a expliqué auprès de LCI "subir" ces mesures sanitaires. Si la météo est encore clémente dans cette région du sud de la France, "quand on va s'avancer dans l'hiver, ce sera quasiment impossible". Situation d'autant plus compliquée avec le couvre-feu et les matchs annulés. "Hier, il n'y a eu que deux matchs alors que nous avons des poules de douze", a ainsi regretté Nicolas Fauré. 

De quoi inquiéter même jusqu'aux plus hautes sphères. Et notamment le président de la Ligue Occitanie de rugby, la plus importante de France. Dans une lettre ouverte adressée aux préfets de la région, Alain Doucet dresse un triste constat. Et pose une question simple : "Serons -nous obligés d’arrêter les compétitions?".

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