Formule 1 : 3 choses à savoir sur Charles Leclerc, qui a signé le premier podium de sa carrière au GP de Bahreïn

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PODIUM - Au lendemain de sa première pole, Charles Leclerc a terminé troisième du Grand Prix de Bahreïn, ce dimanche à Sakhir, au volant de sa Ferrari. C'est le premier podium du pilote monégasque, étoile montante de la Formule 1 qui disputait sa deuxième course avec l'écurie au cheval cabré.

Charles Leclerc a déjà tout d'un grand. Deux semaines après avoir impressionné son monde en Australie, où il avait terminé cinquième sous le drapeau à damiers, le Monégasque a encore fait des étincelles pour le deuxième Grand Prix de Formule 1 de sa carrière avec Ferrari. Après être devenu samedi à Sakhir le deuxième plus jeune pilote de l'histoire (à 21 ans et 166 jours) à apparaître à la première place du départ d'une course, il a longtemps lutté pour la victoire avant de terminer, la faute à une défaillance de sa monoplace, à la troisième place du GP de Bahreïn dimanche 31 mars. Le premier podium de sa carrière.


Cette position vient couronner un pilote promis de longue date à un brillant avenir. Premier Monégasque à rejoindre les rangs de l'écurie au cheval cabré dans l'histoire de la F1, il a connu une ascension fulgurante.

Une passion de père en fils

Chez les Leclerc, le sport automobile est une affaire de famille. Pour Charles, tout s'est décidé lorsqu'il avait 4 ans. Un jour où il ne voulait pas aller à l'école, son père Hervé, ancien pilote de Formule 3 décédé en juin dernier, devait rendre visite à un vieil ami d'enfance, Philippe Bianchi, le père de Jules, décédé en 2015 des suites d'un accident survenu sur le circuit du Grand Prix au Japon en 2014. 


C'est ce jour-là sur le circuit de karting de Brignoles, appartenant à la famille Bianchi, que le Monégasque a fait ses premiers tours de roue. "J'ai fait mes premiers tours derrière le père de Jules avec une corde attachée à mon kart pour savoir si j'étais capable de tourner et de freiner (...) Après le premier tour, nous avons enlevé la corde et j'ai continué tout seul", racontait le jeune Charles il y a encore peu de temps. "En revenant, j'ai dit à mon père que mon futur était tout tracé : je serai pilote de F1". 

Jules Bianchi, l'ami et le mentor

Sur la piste, le natif de Monte-Carlo en arrive très vite à se mesurer au fils Bianchi. Même s'ils ne sont pas du même âge, Jules est de huit ans son aîné, ils nouent une relation profonde qui va bien au-delà des circuits. Le Niçois prend sous son aile Charles et devient son "mentor". "Jules est souvent venu à des courses. Il m'a aussi appris à ne pas laisser les choses me déranger, parce qu'il avait remarqué que c'était le cas", rappelait-il récemment. "Il y a sept ou huit ans, ma plus grande faiblesse était mon attitude. J'étais très émotif, mais j'ai travaillé très dur là-dessus et maintenant c'est l'un de mes points forts." 

Sous l'œil attentif de son "idole", qui passe entre-temps du kart à la Formule 1, Charles poursuit sa progression. En 2009, il s'adjuge le titre de champion de France cadet. L'année suivante, il brille à nouveau en devenant le plus jeune vainqueur de la Monaco Kart Cup. En 2011, Leclerc est proche d'interrompre sa carrière, faute de budget. Jules Bianchi, son parrain sportif, intervient en son nom et l'oriente vers son manager, Nicolas Todt, le fils de Jean Todt, président de la Fédération internationale de l'automobile. Sans ce soutien inconditionnel de son "mentor", Charles Leclerc aurait raccroché son casque.

Des pistes de kart aux paddocks de F1

Même s'il est encore très jeune, l'adolescent de 13 ans ne tarde pas à convaincre par ses performances. "Au début, j'ai décidé de l'aider plus par amitié, pour "faire plaisir" à Jules, en me disant également "Charles m'a fait bonne impression, c'est un chic gamin, donc autant lui donner sa chance en karting, et ensuite on verra", expliquait Nicolas Todt dans le documentaire Rookies diffusé sur Canal+. "Depuis ce jour là, il ne m'a jamais déçu, bien au contraire." Après deux titres de vice-champion du monde en karting, le jeune prodige débute en monoplace en 2014. Champion du monde en GP3 en 2016, il intègre la Ferrari Driver Academy - comme Jules Bianchi, décédé quelques mois auparavant - avant d'être sacré la saison suivante en F2.


Pilote de développement, il se glisse au volant d'une monoplace au sein de l'écurie Haas F1 avant de découvrir Sauber. Début décembre 2017, Frédéric Vasseur, le directeur de l'équipe suisse, le juge enfin mûr pour la Formule 1 et le titularise pour la saison 2018. Lors de sa première saison, il termine à quatre reprises dans les dix premiers et se hisse trois fois en Q3, la dernière phase des qualifications. Il devient le premier Monégasque à marquer des points en F1 depuis Louis Chiron en 1950.

Après des débuts particulièrement remarqués avec Sauber, Ferrari officialise en septembre dernier la titularisation du jeune poulain pour la saison 2019 au côté de Sebastian Vettel, quadruple champion du monde. Une opportunité rare tant l'écurie au cheval cabré n'a pas pour habitude de promouvoir des pilotes qui n'ont passé qu'une seule saison sur le baquet d'une monoplace. Rejoindre Ferrari, c'était la carrière qu'espérait Jules Bianchi. En décrochant sa première pole position et son premier podium ce week-end à Bahreïn, Charles Leclerc a réalisé en quelque sorte le rêve inabouti de son ami.

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