Boghossian et Pinna, ces sportifs addicts au golf : "C'est prenant, ça vous envoûte"

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PEOPLE SUR LE GREEN - Ils sont connus, jouent au golf et vont suivre la Ryder Cup. Pour parler de leur intérêt pour ce sport, LCI a retrouvé le champion du monde 98 Alain Boghossian et le karatéka Christophe Pinna, golfeurs éméritest, croisés en marge du Master des champions, organisé à Saint-Tropez mi-septembre.

Dany Boon, Samuel L. Jackson, Yannick Noah... Entre le golf et les célébrités, on le sait, l'amour est réciproque. Le Master des champions, créé en 1996 par Bernard Béguin, ancien pilote automobile quadruple champion de France et vice-champion d'Europe des Rallyes, réunit depuis 22 ans une pléiade d'anciens champions du sport français, venues d'horizons différents et adeptes du golf. Pendant trois jours (du 21 au 23 septembre), dans le prestigieux cadre du golf de Saint-Tropez, face à la Méditerranée, une quarantaine de sportifs d'exception se sont affrontés en toute convivialité, sous les yeux des spectateurs.


À l'occasion de cet événement à la résonance particulière en cette année de Ryder Cup, LCI a pu s'entretenir avec l'ancien footballeur Alain Boghossian, champion du monde avec les Bleus, et le karatéka Christophe Pinna, multiple champion de France, d'Europe et du monde. Tous les deux partagent avec nous leur amour et leur vision différente du golf. 



LCI : Vous êtes tous les deux des golfeurs. Comment vous êtes-vous pris d'affection pour ce sport ? 


Christophe Pinna : Ça fait un peu plus de 20 ans que j'ai commencé. Pendant ma carrière, j'ai eu un grave problème à un genou. À l'époque, mon docteur m'a conseillé deux sports, le tir à plomb et le golf, pour garder mon attention. Au bout de trois-quatre séances de tir, j'ai trouvé ça assez ennuyeux donc je me suis dit que j'allais essayé le golf. Quand vous commencez, vous ratez tellement de balles que vous revenez plus par envie de réussir à taper dedans que par plaisir de jouer. Quand j'ai arrêté le karaté en 2000, je m'y suis mis de manière plus assidue. Après, je suis comme les escargots. On me voit sur les greens de septembre à fin novembre et je ne réapparais qu'au mois de mars-avril jusqu'à la mi-juillet. Quand il fait trop froid, on ne me voit pas non plus. Pareil quand il fait trop chaud. Pour moi, le golf ce n'est que du plaisir, du bien-être et de la convivialité. 


Alain Boghossian : C'était en 2003 lors ma dernière année à l'Espanyol de Barcelone. Ça ne se passait pas trop bien pour moi. J'ai un ami qui jouait dans mon équipe qui m'a dit : "Viens te changer les idées et taper des balles de golf". Je suis parti avec lui et j'ai été mordu tout de suite. J'ai eu très vite de bonnes sensations. On m'a donné quelques conseils et ça a vite fonctionné. Il y a eu un coup de foudre entre le golf et moi. C'est aussi simple que ça. Je me suis pris au jeu parce que j'ai les mêmes exigences que j'avais en tant que footballeur. Je n'aime pas faire un sport juste pour dire que je le fais. J'aime pour la performance et le dépassement de soi. Il faut savoir ce qu'on veut. D'ailleurs, on a l'habitude de dire que le footballeur vit une petite mort au moment de sa retraite. Moi, je me suis accroché à ce sport et ça m'a permis de me retourner.

Un moment magique où on se force à faire le videChristophe Pinna, golfeur assidu depuis 2002

LCI : Retrouvez-vous des sensations que vous avez connues dans vos sports respectifs ?


Alain Boghossian : Beaucoup de choses se ressemblent avec le foot. Il y a cette histoire de la pelouse, on joue avec une balle même si elle est plus petite qu'un ballon et qu'on parle d'un sport arrêté et non pas en mouvement. On retrouve aussi des valeurs de partage, de don de soi et d'humilité. Il faut à tout prix être dedans, respecter l'adversaire et le terrain. C'est aussi une discipline qui demande beaucoup d'adresse et de concentration. C'est pour ça que c'est prenant, ça vous envoûte. Mais contrairement au football où une de vos erreurs peut être rattrapée par un coéquipier, là c'est vous face à la petite balle et au parcours. Si vous vous plantez, vous le payez cash. Vous ne pouvez pas vous cacher derrière quelqu'un d'autre. 

Christophe Pinna : Je viens d'un sport individuel où je n'avais qu'une idée en tête : gagner et gagner tout le temps. Toutefois, il y des similitudes entre le golf et le karaté. Au karaté, on fait des kihons. On répète très très souvent le même mouvement à la recherche du geste parfait. Ces notions de recherche de perfection, de timing et de réflexion, je les retrouve lorsque je joue golf. Pour performer, il n'y a pas de secret : on doit s'entraîner régulièrement. On est obligé d'analyser le terrain, la distance et les conditions météorologiques avant un coup. Une fois que vous avez tout analysé, vous êtes seul face à la balle. De ce côté-là aussi, il y a un lien très fort avec le karaté. C'est un moment magique où on se force à faire le vide. On ne pense à rien.

LCI : On s'inspire tous de quelqu'un dans la vie. Avez-vous un modèle au golf ? 


Christophe Pinna : Clairement, c'est Tiger Woods. C'est facile à dire parce qu'il réalise quelque chose d'exceptionnel en ce moment (l'Américain a remporté le Tour Championship le week-end dernier, ndlr). C'est un athlète à part et atypique. Après, je ne vous cache pas que j'aime jouer au golf mais je ne suis pas un passionné des sportifs, contrairement à Alain (Boghossian). Lui, il connaît tout. Moi, tous les golfeurs que j'ai rencontrés, quand je préparais physiquement Victor Dubuisson, je ne les connaissais pas. C'étaient des inconnus ou presque pour moi (rires). Je ne pourrais pas vous dire les cinq premiers mondiaux. 


Alain Boghossian : Il n'y en a pas un en particulier. Bien sûr, on essaie tous de chercher celui qui peut nous ressembler le plus physiquement pour voir comment il se positionne et tape la balle. Ça fait rêver mais ça s'arrête là. On ne peut pas se comparer à des joueurs d'un tel niveau. On ne peut que les aduler et les admirer. Croire que l'on est en mesure de copier le swing d'un Tiger Woods ou d'un autre joueur, ce n'est pas possible. C'est pareil au football. Vous pouvez regarder un Mbappé pendant des milliers d'heures, ce n'est pas pour ça pour allez réussir à vous déplacer et à jouer comme lui. Ce sont des dons. 



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