Laurent Jalabert sur le Tour de France 2020 : "Il faut avoir de l'appétit pour s'y attaquer"

Laurent Jalabert sur le Tour de France 2020 : "Il faut avoir de l'appétit pour s'y attaquer"
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COMBATIVITÉ - Ambassadeur du Prix de la combativité Antargaz, Laurent Jalabert suivra avec un œil attentif ce Tour pas comme les autres, qui commence ce samedi à Nice. "Pour gagner, il faut sortir du lot", nous confie-t-il.

Il a été l'un des coureurs emblématiques du Tour de France. Il en est désormais l'une des voix. Laurent Jalabert, "Jaja" pour les intimes, entretient une histoire particulière avec la Grande Boucle qu'il commente désormais pour France Télévisions et RTL. Le Montalbanais, champion du monde contre-la-montre en 1997 et triple lauréat de Paris-Nice (1995, 1996 et 1997), a marqué toute une génération. Vainqueur de quatre étapes sur le Tour, il a remporté le Prix du super-combatif au début des années 2000, à deux reprises (2001 et 2002). C'est donc tout naturellement qu'il a accepté d'en être le parrain.  

À la veille du départ de la 107e édition ce samedi 29 août depuis Nice, un cru 2020 qui avance masqué en raison de la pandémie de Covid-19, le quatrième du Tour de France 1995 affirme à LCI qu'il s'attend à une course "mouvementée et disputée", qui fera la part belle à ceux qui ne lâcheront rien. "Un coureur ne pourra pas gagner sans sortir du rang", prévient-il.

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Tous les deux jours, il y a une étape ou une arrivée difficile- Laurent Jalabert, ambassadeur du prix de la combativité Antargaz

LCI : Le Tour de France s'élance ce samedi depuis Nice avec un parcours très montagneux. C'est d'ailleurs le plus montagneux depuis 40 ans avec, dès ce week-end, deux arrivées à plus de 1500 mètres... 

Laurent Jalabert : Le Tour est compliqué cette année. Tous les deux jours, il y a une étape ou une arrivée difficile. C'est toujours en montagne où le spectacle est le plus engagé. C'est là que les écarts se font, qu'il faut faire preuve de combativité. C'est fait sciemment de la part de l'organisation pour rendre la course dynamique. Elle sera mouvementée, disputée et propice à ce qu'il y ait des combatifs tous les jours. Il faut voir le Tour de France comme un menu que l'on propose aux coureurs. Il faut avoir de l'appétit pour s'y attaquer. Si tu n'es pas combatif, tu quittes la table parce sinon tu t'étouffes. Dès les premiers coups de pédale, il va falloir faire preuve de combativité et d'engagement. Un coureur ne pourra pas gagner sans sortir du rang.

LCI : Vous mettez en avant la notion de combativité. Vous avez remporté deux fois ce prix du coureur le plus combatif en 2001 et 2002. C'est une valeur qui vous est chère. Mais ça veut dire quoi être combatif ?

Laurent Jalabert : C'est quelqu'un qui met tout en oeuvre pour obtenir la victoire. Pour gagner, il faut sortir du lot. Tu ne gagnes jamais par hasard, tu ne gagnes pas parce que ça te tombe dessus. C'est encore plus vrai sur le Tour, où chaque victoire est convoitée. Cette valeur est récompensée par un prix un peu subjectif. Dans la vélo, on a l'habitude faire jouer le chronomètre ou une ligne tracée pour déterminer qui sera le vainqueur. Là, on fait appel au ressenti d'un jury pour savoir quel coureur sur chaque étape a fait le plus preuve de détermination pour gagner. Malgré les apparences, ce prix est convoité. Il n'y a pas un maillot jaune, vert ou à pois, c'est un dossard rouge qui donne la possibilité d'être sur le podium à Paris. 

Alaphilippe va attaquer, ça va être un gros client- Laurent Jalabert, ambassadeur du prix de la combativité Antargaz

LCI : Selon vous, quel coureur du Tour incarne le mieux cette combativité ?

Laurent Jalabert : L'exemple type, c'est Julian Alaphilippe, qui a d'ailleurs été désigné super-combatif l'an dernier. Il a tout à fait le profil de l'attaquant infatigable qui part au combat tous les jours, qui dynamite la course. Il se crée des occasions d'être meilleur grimpeur, de gagner des étapes, de porter le maillot jaune. Et pourquoi pas de remporter le Tour aussi. D'autres coureurs ont moins d'aptitude que lui, comme Thibaut Pinot qui est avant tout un grimpeur. Mais s'il veut être sur le podium à Paris, il devra montrer cette combativité. Un jour ou l'autre, sur une étape, il se verra très certainement décerner ce prix. 

LCI : Peut-on s'attendre à ce que Julian Alaphilippe nous refasse un grand Tour ? 

Laurent Jalabert : Il arrive un peu court sur le Tour (aucune victoire en 2020, ndlr) mais il était en progression sur les championnats de France (terminés à la 3e place) et sur le Dauphiné (troisième de la 4e étape). Il a pris goût aux podiums, au Tour de France comme il l'a vécu l'an passé. Cette attitude combative est très appréciée du public. C'est dans sa nature. Il ne va pas aller contre sa nature pour faire un classement général. Il va attaquer, ça va être un gros client pour la combativité. 

C'est possible qu'un super-combatif soit un coureur qui joue le général- Laurent Jalabert, ambassadeur du prix de la combativité Antargaz

LCI : Compte tenu du tracé, voyez-vous des combatifs faire des coups sur ce Tour ?

Laurent Jalabert : Les échappées, en quête du Prix de la combativité, auront plus de chances d'aller au bout. Sur les premières étapes, il va falloir s'attendre à des écarts. Quand il n'y a pas d'écart, c'est compliqué. Elles sont souvent vouées à l'échec parce qu'il y a le maillot jaune en jeu. Mais là, sur des terrains difficiles, ce sera le cas tous les deux jours. Du coup, l'échappée aura toutes ses chances. On aura des combatifs qui vont tenir la roue. Ils ne vont pas faire de la combativité juste pour crever l'écran, l'espace de quelques heures. Ce sera pour aller chercher la victoire. Il y aura la possibilité de doubler le prix de la combativité avec un maillot ou une victoire d'étape. Souvent, le super-combatif du Tour a gagné le Grand Prix de la montagne. L'an dernier, s'il avait gagné le Tour, Julian Alaphilippe aurait été maillot jaune et super-combatif. Cette année, compte tenu du parcours, il est tout à fait possible qu'un super-combatif soit un coureur qui joue le général.

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LCI : Comment expliquez-vous que cette combativité est souvent française ?

Laurent Jalabert : Sur le Tour, les Français sont très motivés, quelque soit le terrain et l'enjeu. Ce Prix de la combativité les intéresse particulièrement. Un étranger, sur une étape de plat avec la possibilité d'un sprint massif à l'arrivée, ne va pas s'embêter à monter dans une échappée. Le Français, lui, il s'en fiche, il va laisser les cartouches et beaucoup d'énergie. C'est son Tour national et c'est maintenant qu'il faut se faire violence. Il y a une motivation supplémentaire qu'ils n'ont pas forcément sur un Tour d'Espagne et d'Italie. Et puis, un podium sur le Tour, il n'y en a pas pour tout le monde. 

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