Elle remporte un ultra-marathon en battant de 12 heures le record d’un homme... et en s’arrêtant plusieurs fois pour tirer son lait !

Elle remporte un ultra-marathon en battant de 12 heures le record d’un homme... et en s’arrêtant plusieurs fois pour tirer son lait !

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EXPLOIT – Jasmin Paris est entrée dans l’histoire en devenant la première femme à s’imposer sur la Montane Spine Race, une course de plus de 400 km dans des conditions particulièrement éprouvantes.

Pour représenter l’audace, le courage, la détermination et la ténacité, l’usage renvoie à une partie de l’anatomie exclusivement masculine, les testicules (pour rester poli). Concernant Jasmin Paris, il faudra trouver autre chose. Car si, comme son nom l’indique, Jasmin Paris est une femme, et n’est donc pas pourvue desdits attributs masculins, elle ne manque d’aucune des quatre qualités susmentionnées. En témoigne sa performance tout à fait hors norme sur la Montane Spine Race, un ultra-marathon de 430 km traversant montagnes et forêts le long de la frontière anglo-écossaise. 

Sur la fin, je voyais des animaux apparaître sur chaque rocher et j’en oubliais ce que j’étais en train de faire.Jasmin Paris

Il lui a fallu quelque 83 heures, 12 minutes et 23 secondes pour venir à bout de ce parcours dantesque, en plein hiver, et remporter ce trail opposant hommes et femmes sans distinction. Une durée qui, pour le profane, peut paraître longue, mais qui pulvérise en fait de douze heures le précédent record sur ce tracé, détenu par un homme, Eoin Keith, à qui il avait fallu 95 heures et 17 minutes en 2016. La meilleure performance féminine s’élevait, elle, à 109 heures et 54 minutes.

"C’était très dur, a-t-elle commenté après coup. Les deux tiers du temps, tu cours dans l'obscurité, ça pompe vraiment ton énergie mentale. C’est différent de toutes les autres courses que j'ai faites parce que c'est du non-stop et c'est tactique : plus tu dors, plus tu as de l'énergie, mais plus tu dors, plus tu perds du temps. Il faut donc prendre tout ça en compte. Une grande partie de la course se déroule dans des zones isolées, il faut se débrouiller seul pour se diriger. C'est donc épuisant de tous les côtés, un défi énorme. Mais j'avais la motivation parfaite pour rejoindre l'arrivée : ma petite fille qui m'attendait là-bas."

Car oui, Jasmin Paris, 35 ans, qui étudie la leucémie lymphoblastique aiguë à l’université d’Édimbourg, est une jeune maman. Et ce qui rend son exploit encore plus notable est qu’elle a dû, à plusieurs reprises, interrompre sa course pour tirer son lait. De quoi accentuer un peu plus encore la fatigue... "Sur la fin, je voyais des animaux apparaître sur chaque rocher et j’en oubliais ce que j’étais en train de faire. Je devais me réveiller à chaque fois. C’était des hallucinations. En plus de ça, il faisait très froid et je portais sur moi tous les vêtements que j’avais pris pour la course." Des vêtements qu’elle a donc dû enlever puis remettre à chaque arrêt. Du moins sur la partie haute de son corps.

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