KO mortels en boxe : un passeport interfédéral pour éviter de nouveaux drames ?

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SOLUTIONS - Deux jours après le décès de Patrick Day, boxeur américain de 27 ans, dès suites d'un violent KO, des questions émergent quant au suivi médical des boxeurs professionnels. En France, un passeport interfédéral empêchant les combattants d'exercer d'autres disciplines durant le temps de repos est à l'étude.

Le boxeur américain Patrick Day est mort à seulement 27 ans le 16 octobre des suites d'un violent K.O survenu 4 jours plus tôt lors de son combat face à Charles Conwell. Il est le troisième boxeur professionnel à mourir des suites de blessures sur le ring en 2019, après l'Argentin Hugo Santillan, décédé le 25 juillet dernier, et Maxim Dadashev, mort le 23 juillet.

Lors de l'annonce du décès de Patrick Day, le promoteur du combat, Lou DiBella, a appelé les autorités à prendre leurs responsabilités, adopter des normes de sécurité plus strictes, pour rendre la boxe "plus sûre". Interrogée par LCI, Maryannick Machard-Lepennetier, médecin fédéral national et présidente de la commission médicale de la Fédération française de boxe, indique que, dans les faits, "il n’y a pas une augmentation à proprement parler des morts liés aux KO en boxe anglaise, encore moins en France."

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Eviter le syndrome du "second impact"

"Néanmoins, nous sommes en train de mettre en place, avec le ministère des Sports, un protocole très stricte à ce sujet. Nous travaillons sur la mise en place d’un passeport interfédéral, obligeant les boxeurs à observer un temps de repos stricte après un KO. Ainsi, grâce à ce passeport, les boxeurs ne pourront effectuer de combats dans d’autres sports de combat pendant la période d’indisponibilité" explique la médecin.

"Avant chaque combat, la fiche du boxeur sera consultée sur le site par les autorités compétentes et le médecin, afin de savoir si le boxeur est en capacité de combattre" précise Maryannick Machard-Lepennetier, faisant notamment écho au phénomène appelé le "second impact". Le "second impact" est un syndrome pouvant être mortel dans un cas sur deux et provoqué par un nouveau choc à la tête, qui survient peu de temps après un KO.

Les boxeurs veulent constamment boxer, quitte à exercer une autre discipline.- Maryannick Machard-Lepennetier, présidente de la commission médicale de la FFB.

"Il faut plus les cerner, les protéger. Il  faut savoir une chose concernant les boxeurs, ils veulent constamment boxer, quitte à exercer une autre discipline pour s’entraîner et progresser" développe-t-elle. En règle générale, comme l'indique la Fédération française de boxe, un combattant doit observer une période de repos "au minimum de 30 jours pleins". "Nous nous sommes mis d'accord avec les autres fédérations de sports de combat en France pour avoir le même protocole après le KO d'un combattant."

"Dans les clubs de boxe sous notre égide, des consignes sont données aux élèves pour frapper aux bons endroits, c'est ce que l'on appelle la boxe éducative assaut (BEA), qui consiste à savoir 'toucher', qui est la consigne principale pour la boxe amateur. C'est davantage dans la boxe professionnelle que la quête du KO est présente" précise-t-elle avant d'aborder le volet international, plus complexe : "Nous fonctionnons avec l'association internationale de boxe amateur (AIBA). Néanmoins, l'AIBA est confrontée à un problème de direction ces derniers temps, et nos liens avec elle sont pour le moment flous. C'est difficile de se concerter pour adopter les mêmes règles concernant les KO."

Reste à savoir si ce passeport interfédéral pourra éviter ce genre de drames, malheureusement beaucoup trop fréquents. Depuis le début des années 2000, dans le monde, le nombre de boxeurs ayant succombé à des blessures subies sur un ring lors d'un combat officiel s'élève à 21.

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