Les anciennes skieuses Catherine Gonseth et Claudine Emonet accusent leur ex-entraîneur d’agressions sexuelles

Les anciennes skieuses Catherine Gonseth et Claudine Emonet accusent leur ex-entraîneur d’agressions sexuelles
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FIN D'OMERTA - Les anciennes skieuses de haut niveau, Catherine Gonseth et Claudine Emonet, ont brisé le silence en dévoilant avoir été victimes d'agressions sexuelles de la part de leur entraîneur dans les années 70 et 80. La fédération française de ski (FFS) a apporté son soutien.

La Fédération française de ski (FFS) fait usage de sa voix pour dénoncer les agressions sexuelles dans le milieu professionnel. La FFS a apporté ce lundi son soutien à deux anciennes skieuses de l'équipe de France qui ont brisé l'omerta plus de quarante ans plus tard, affirmant avoir été victimes d'agressions sexuelles de la part d'un entraîneur dans les années 1970 et 1980.

Catherine Gonseth et Claudine Emonet, deux podiums en Coupe du monde, ont dénoncé sur leurs réseaux sociaux des agressions sexuelles de la part d'un entraîneur de l'équipe de France lorsqu'elles étaient jeunes skieuses. "On s'est dit qu'on devait faire quelque chose, même si les faits étaient prescrits", a expliqué Claudine Ermonet auprès du magazine Ski Chrono. "On voudrait que cela serve aux autres, à libérer la parole de celles et ceux, car il n'y a pas que des filles, qui sont victimes et qui n'ont pas encore parlé. On veut les aider à porter ce fardeau."

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"J'étais tout juste majeure au moment de ces agressions, mais certaines les ont subies alors qu'elles étaient encore mineures. Cet individu qui se targuait 'en plaisantant', d'avoir 'un droit de cuissage' s'est comporté comme un gourou manipulateur, abusant de son pouvoir, de son emprise, agressant, harcelant,  menaçant, et enfin, brimant et maltraitant psychologiquement lorsque ses  assauts étaient repoussés", décrit Claudine Ermonet sans nommer son agresseur. "Avec préméditation et toujours le même mode opératoire, il se débrouillait  pour organiser les déplacements, et emmener sa victime seule dans son véhicule. C'est ainsi que les agressions commençaient..."    

La FFS appelle à la "libération de la parole"

"La Fédération Française de Ski (FFS) tient à saluer le courage dont elles ont fait preuve pour mettre en lumière ces comportements abjects, et à les assurer de tout son soutien ainsi que de la mobilisation de ses dirigeants", a écrit l'instance lundi dans un communiqué, en rappelant l'existence d'un numéro d'aide aux victimes sur son site internet. "La FFS ne peut qu’encourager la libération de la parole d’éventuelles autres victimes en ayant recours au numéro d’appel aux victimes disponible depuis 2006 sur le site internet de la Fédération." La fédération conclut avec les mots suivants : "La Fédération Française de Ski est attentive à tous signalements et traitera sans complaisance tous les cas déclarés que ce soit par la voie de ses organes disciplinaires ou en se constituant partie civile dès lors que ces possibilités lui seront offertes."

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"Le ski n'est pas épargné et pourquoi le serait-il ?", a déclaré lundi Michel Vion, le président de la FFS, à Ski Chrono. "C'est rassurant de voir que des femmes comme Claudine Emonet ou Cathy Gonseth ont osé parler de faits remontant à près de 40 ans, à une époque où on se taisait. Je salue leur courage. Il faut que la parole se libère."    

Depuis près de trois semaines le sport français est plongé dans une crise sans précédent avec la multiplication des révélations de scandales d'agressions sexuelles, notamment en patinage artistique, qui a conduit à la démission du président de la fédération Didier Gailhaguet, accusé d'avoir fermé les yeux.

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