Les athlètes olympiques ont-ils accès à un McDonald's gratuit et à volonté durant les JO ?

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À LA LOUPE – Médaillé d'or aux JO de Londres, le nageur français Yannick Agnel a livré quelques anecdotes sur la vie des athlètes aux Jeux. Il évoque notamment un McDonald's gratuit et à volonté dans l'enceinte du village olympique. LCI a vérifié : ce n'est pas un mythe.

Auteur, youtubeur, à la recherche de "sources d'étonnement" comme il se décrit lui-même en ligne, Patrick Baud a récemment sollicité les internautes qui le suivent. Il leur a ainsi demandé de partager des choses intéressantes apprises dans le cadre de leur travail, et "que le grand public ne sait généralement pas". En réponse, il a reçu des dizaines d'anecdotes et de faits surprenants, partagés par des anonymes aux métiers très variés. 

Sa publication Twitter a également attiré l'attention de l'ancien nageur Yannick Agnel, double champion olympique à Londres en 2012 et qui a concouru à Rio en 2016. Il a lui aussi partagé une info étonnante : "Le village olympique comporte une cafétéria immense où l’on sert des spécialités du monde entier et pour tous pendant la durée des épreuves". Rien de très surprenant jusque-là, mais l'athlète a souligné que les sportifs, à qui l'on ne cesse de rappeler les bienfaits d'une nutrition irréprochable, avaient aussi accès à "un McDo, gratuit et à volonté".

Ouvert 24 heures sur 24

Pour en savoir plus, LCI a contacté Yannick Agnel. Retraité des bassins, le grand gaillard de 2,02m s'est reconverti dans l'écriture et dans l'e-sport. Désormais directeur sportif de l'équipe MCES, il se souvient parfaitement des deux éditions des JO auxquelles il a eu la chance de participer. Et explique qu'en 2012, à Londres, "le McDonald's était situé à l'intérieur du grand self des Jeux". Petit changement en 2016, à Rio : "il était un peu à l'extérieur, mais restait accessible depuis le village olympique".

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Entièrement gratuit, ce fast-food n'est qu'une toute petite partie de l'imposant complexe dédié à la restauration. "Le self est immense", assure Yannick Agnel, "il est ouvert 24 heures sur 24 et propose tous les types de cuisine. Tout le monde va se servir durant les Jeux." Tout le monde ? "Oui, les membres du staff aussi", précise le nageur. Si l'on dénombrait 11 402 athlètes lors des compétions de Rio 2016, le champion tricolore estime qu'au total, "il fallait multiplier le nombre de personnes au moins par 4". Soit un bon paquet de bouches à nourrir. 

McDo' contraint de fixer des limites

Lors des JO de Rio, le Washington Post avait consacré un reportage savoureux au McDonald's du village olympique. Avec son lot d'anecdotes plus croustillantes encore que des frites. L'auteur de l'article décrit une file d'attente "longue comme un terrain de football" aux heures de pointe, mais aussi l'effarement des serveurs, qui voyaient tous les jours défiler les joueurs de l'équipe chinoise de basket. "Ils mangent des Big Mac à 9 heures du matin, c'est fou", confiait-il. 

Face au succès de la formule à volonté, et aux commandes à rallonge qui s'accumulaient, McDonald's a finalement décidé au milieu de la compétition de fixer une limite de 20 produits par commande… Yannick Agnel estime qu'en tant que nageur, il a été chanceux : les épreuves de natation se déroulaient assez tôt dans la compétition, et il avoue qu'après avoir disputé ses dernières courses, il en a "allègrement profité".

Un partenariat désormais terminé

La présence d'un "McDo" dans l'enceinte du village olympique à Rio n'était pas le fruit du hasard, d'autant plus qu'aucun autre fast-food n'y était installé. Pour l'expliquer, il faut souligner que la marque américaine s'est associée au Comité international olympique (CIO) en 1976, un partenariat privilégié qui s'est conclu en 2017 "d'un commun accord", si l'on en croit les mots du CIO

Officiellement, McDonald's souhaite se "concentrer sur différentes priorités", mais l'on peut aussi supposer qu'une telle alliance devenait difficile à assumer pour les instances olympiques. Devenue malgré elle un symbole de la malbouffe, la chaîne de restauration rapide n'endosse pas au premier abord le costume de partenaire idéal pour mettre en avant les performances sportives. 

Sur son site, le CIO présente aujourd'hui des sponsors plus consensuels : Toyota, Panasonic, Visa ou encore Samsung sont présents. Reste tout de même Coca-Cola dans cette liste, marque historique avec laquelle le comité a reconduit pour 12 ans son partenariat. Un contrat qui arrivera à son terme en 2020, après les Jeux de Tokyo.

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