Mondial de handball : comment les Bleus vont (tenter de) compenser l’absence de Nikola Karabatic

Mondial de handball : comment les Bleus vont (tenter de) compenser l’absence de Nikola Karabatic
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HANDBALL - Privés Nikola Karabatic, qui se remet d'une opération au pied, les handballeurs français sont persuadés de pouvoir exister au plus haut niveau sans leur star, lors des Championnats du monde qui débutent vendredi.

L’homme providentiel est un marqueur important de la culture française, incarné dans l’histoire par Napoléon ou le général de Gaulle, qui a trouvé son prolongement dans le sport, à travers les épopées des Bleus en Coupe du monde de foot, avec Raymond Kopa en 1958, Michel Platini en 1982 et 1986, ou Zinedine Zidane en 1998 et 2006... 


C’est aussi le cas dans le handball, discipline archi-dominée par la France depuis plus d’une décennie, où cette dépendance à un seul individu a été incarnée, lors de chaque compétition, par une superstar absolue : Nikola Karabatic. Le Mondial qui débute vendredi figure donc une exception, puisque le leader technique et charismatique sera absent pour la première fois en quinze ans.

Alors, avec cet être qui manque, tout sera-t-il dépeuplé ? Les Bleus, qui tiennent malgré ce coup dur à conserver leur rang de champion du monde, jurent que non. Que les ressorts de ce sport, de toute façon, demeurent fondamentalement collectifs. Ce qui conduit à se poser une question consécutive : comment compenser l’absence d’un joueur aussi important ?

Il ne faut pas croire que Niko était un gourou de vestiaire. Même sans lui, on fonctionne à merveille.Didier Dinart, sélectionneur de l'équipe de France

"Il ne faut pas croire que Niko était un gourou de vestiaire. Même sans lui, on fonctionne à merveille", a tenté d’évacuer le sélectionneur, Didier Dinart. Avant que son adjoint, Guillaume Gille, ne se fasse un peu plus prolixe : "On adapte notre jeu aux caractéristiques des joueurs qui sont là et qui vont porter le jeu de l’équipe de France sans lui. En tout cas, ça va demander des efforts supplémentaires, à certains de s’ouvrir davantage, d’aller prendre plus de responsabilités, dans des rôles parfois différents de ce qu’ils font d’habitude."

Kentin Mahé, l’un des trois joueurs susceptibles de suppléer Niko Karabatic au poste stratégique de demi-centre, a lui aussi son idée sur la question : "En fait, il faut que tout le monde reste fidèle à soi-même. Parce que personne ne va être capable de faire comme Niko, c’est impossible. Donc ça va être nouveau, il n’y aura plus un leader qui va distribuer le jeu pendant 60 minutes, il va falloir qu’on arrive à répartir les temps de jeu et tirer l’équipe le plus haut possible. Je le sens bien, on a réussi à avoir une rotation cohérente en préparation."

"Pied d’égalité"

L'ailier Valentin Porte, selon lequel les Bleus n'ont "pas à réinventer leur jeu" car "les enclenchements sont restés fondamentalement les mêmes", confirme le plan décrit par Mahé, en donnant quelques détails de plus : "Tu commences avec un Nicolas Claire qui met les arrières sur orbite, tu continues avec un Dika Mem qui va abraser l'adversaire parce qu'il est gaucher, puis tu mets un Kentin Mahé qui va percuter tout ça. Ces joueurs ont des qualités différentes, ça va être un poison pour toutes les équipes de nous jouer avec autant de possibilités techniques et tactiques."

Et à l’extérieur du terrain, durant les entraînements, dans les vestiaires, ou lors des temps morts à la fin de matchs haletants, où les mots du leader pèsent tant, habituellement ? "C’est toujours ce qui m’a séduit dans ce groupe. Il y a d’énormes stars mais, dans la vie au quotidien, chacun s’exprime, on est sur un pied d’égalité, réplique le gardien Cyril Dumoulin. Donc là-dessus, personne n’a besoin de prendre la place de Niko." Cela vaut mieux, sachant que l’icône aura 35 ans en avril et approche à grands pas de la fin de carrière : les Bleus ont tout à gagner à apprendre, dès ce Mondial, à jouer sans lui.

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